epinglé

Doper le bioéthanol à la levure. Des chercheurs belges ont la recette

©BELGAIMAGE

Des chercheurs flamands ont réussi à produire des levures souches susceptibles de doper les rendements des producteurs de bioéthanol.

Des chercheurs actifs au département de l’Université de Leuven (KUL) du centre de recherche flamand VIB, spécialisé dans les sciences du vivant, ont mis au point une plateforme générant une nouvelle forme de levure souche génétiquement modifiée aux propriétés très prometteuses. Celle-ci permet en effet d’augmenter le processus de production des biocarburants de type bioéthanol.

"Notre technologie est surtout très avantageuse pour les bioéthanols de deuxième génération, explique Johan Cardoen, directeur général du VIB. Nos levures souches permettent d’utiliser la lignocellulose comme ressource biomasse" (pour convertir le sucre en éthanol par fermentation). On extrait la lignocellulose de déchets à base de végétaux, de bois ou de paille. "Cette technologie permettra d’augmenter le rendement de la fermentation d’au moins 50%." C’est le laboratoire du VIB/KUL spécialisé dans les levures et dirigé par Johan Thevelein, qui a mené à bien cette recherche.

Sur deux pays

On saisit tout l’intérêt de ce développement pour les producteurs de biocarburants de la filière "alcool". Le VIB l’a bien compris lui aussi. Il a réuni quelques fonds d’investissement pour lever 6,25 millions d’euros et créer une société, GlobalYeast, tout entière dédiée au développement industriel de cette découverte. Johan Thevelein en sera le directeur scientifique tandis que le Brésilien Marcelo do Amaral en sera le CEO. Ce dernier provient du groupe Raizen (une joint-venture entre Shell et Cosan), le principal producteur de biocarburant au Brésil.

La nouvelle entreprise sera belgo-brésilienne: la recherche et le développement seront réalisés à Leuven, en Belgique, tandis que le déploiement de l’activité sera effectué au Brésil, pays de production de bioéthanol par excellence.

La SFPI via Performa

Parmi les fondateurs de la nouvelle entreprise figurent Gemma Frisius, le fonds créé par la KUL, KBC et BNP Paribas avec pour mission de financer les spin-off de haute technologie, ainsi que SOFI, le fonds mis en place par le gouvernement flamand en 2011 pour stimuler la création de start-up au départ des centres de recherche flamands. Le VIB a aussi ouvert les cordons de sa bourse.

Ensemble, ces partenaires ont apporté 2,25 millions d’euros. Mais le plus gros montant, 4 millions, a été déposé sur la table par Performa Investimentos, un fonds de venture capital brésilien dont un des actionnaires n’est autre que la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI). L’État fédéral belge est donc indirectement lié au déploiement de Global Yeast. Performa compte aussi le Français Guillaume Sagez parmi ses principaux partenaires.

Actuellement, GlobalYeast procède à des tests en situation auprès de producteurs de bioéthanol. Le groupe Raizen fait partie de ceux-ci. "On espère aboutir à la phase de commercialisation dans les trois ans", note Cardoen en ajoutant qu’en fonction des résultats des projets pilotes, le processus pourrait s’accélérer.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés