Easyvest lève 3 millions pour (s')assurer de vieux jours

La levée de fonds permettra notamment de faire passer l'équipe d'Easyvest de 5 à 20 travailleurs en 2021.

La start-up spécialisée dans l'investissement en ligne vient de boucler une levée de fonds de 3 millions d'euros. La société cible spécifiquement l'investissement destiné à la pension des Belges.

"Il est quasi certain que d'ici 20 à 40 ans, la pension légale aura diminué de 30%. Elle passera en moyenne de 1.500 à 1.000 euros par mois". Lorsqu'il s'agit de dresser un bilan, Matthieu Remy, le CEO d'Easyvest est du genre à aller droit au but. Même s'il ne doute pas que le gouvernement trouvera des idées pour limiter la casse, mieux vaut anticiper.

Sa solution à lui et à Easyvest consiste à inciter les citoyens à investir dès aujourd'hui pour leurs vieux jours. Lancée en 2016, l'entreprise s'est spécialisée dans le placement, uniquement destiné à la retraite. "On a une vision à long terme, aussi bien pour les jeunes travailleurs que les nouveaux pensionnés qui veulent tirer une rente de leur capital durant les 20 ans de leur retraite", détaille le patron. Afin de s'assurer la meilleure rentabilité, il a pris l'habitude de suivre une grande règle. "À long terme, personne ne bat le marché, on investit donc en fonction de son évolution", assure-t-il.

"L'idée était de trouver des fonds pour accélérer la croissance, mais aussi s'entourer de spécialistes qui pourraient nous aider via leur expertise."
Matthieu Remy
CEO et Cofondateur d'Easyvest

En quatre ans, l'entreprise a déjà convaincu 750 clients et gère pour eux 50 millions d'euros d'épargne. Bien que déjà bénéficiaire, l'entreprise souhaite désormais accélérer le mouvement. Elle vient de boucler une première levée de fonds de 3 millions d'euros. "L'idée était de trouver des fonds pour accélérer la croissance, mais aussi s'entourer de spécialistes qui pourraient nous aider via leur expertise", assure Matthieu Remy.  Les fonds sont ainsi amenés par quelques personnalités, dont Alfred Bouckaert, l'ancien président du CA de Belfius et Jean-Louis Van Houwe, le CEO et fondateur de Monizze.

Rendre la pension ludique

Sur le fond de l'activité, rien de très révolutionnaire. Mais ce qui intéresse particulièrement l'entreprise, c'est plutôt la forme. "On travaille à rendre le sujet le plus accessible possible. Il s'agit d'une thématique complexe et pas la plus agréable". Depuis son lancement, Easyvest travaille de façon la plus ludique et claire possible via son site et son app. À l'aide de son algorithme, la société a développé un outil permettant en quelques clics d'obtenir une prévision claire de ce que peut espérer obtenir l'investisseur suivant son capital initial, son apport mensuel et son aversion au risque.

"Les grands acteurs de la fintech comme Revolut, Alan ou Klarna se sont attaqués à tous les problèmes sauf celui des pensions."
Matthieu Remy
CEO et cofondateur d'Easyvest

Dans un premier temps, l'entreprise vise avant tout le marché belge, mais n'exclut pas de s'exporter un jour. "La complexité supplémentaire n'est pas un frein. Le système belge  de retraite est déjà fort complexe avec beaucoup de variantes. En ajouter à notre modèle ne serait donc pas un souci". En se lançant hors de Belgique, Easyvest aurait l'avantage de s'aventurer sur un marché encore très peu exploité. "Au final, les nouveaux grands acteurs de la fintech comme Revolut, Alan ou Klarna se sont attaqués à tous les problèmes sauf celui des pensions". De quoi attiser l'ambition du CEO.

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