Elon Musk en dit plus sur son rêve d'un cerveau connecté

Elon Musk ©AFP

Depuis 2017, sa start-up Neuralink travaille sur un moyen de connecter le cerveau. Pour la première fois, l’entrepreneur en a dit plus sur ses ambitions. Il espère notamment pouvoir débuter les tests sur des humains l’année prochaine.

C’est le genre d’information à classer quelque part entre l’enthousiasme et l’inquiétude. Dans un long speech vidéo, Elon Musk en a dévoilé plus ce mardi à San Francisco sur l’ambition de Neuralink, une start-up qu’il a fondée en 2017 et qui compte une centaine de travailleurs. Neuralink veut tout simplement créer une symbiose entre l’intelligence artificielle et le cerveau. Pour cela, l’entrepreneur se verrait bien connecter le cerveau humain à de minuscules capteurs. Des électrodes qui, une fois reliées au cerveau, permettraient "la création d’une interface cerveau-machine complète", a notamment expliqué Elon Musk lors de sa présentation.

Selon Elon Musk, de premiers tests pourraient avoir lieu dès l’année prochaine.

Bien que l’idée semble sortir tout droit de la science-fiction, pour le fantasque entrepreneur, la mise en place concrète d’une telle innovation n’a rien d’un rêve impossible. Selon lui, de premiers tests pourraient d’ailleurs avoir lieu dès l’année prochaine. Le début d’une longue aventure. À terme pour l’entrepreneur, de telles opérations pourraient devenir aussi banales que d’autres interventions chirurgicales comme les opérations réalisées au laser sur les yeux. Outre les puces en question, l’entreprise se chargerait également du développement de la technologie nécessaire pour l’implantation des capteurs dans le cerveau. L’opération pourrait se faire simplement avec une toute petite incision.

La fin des barrières

Mais quel serait l’intérêt d’une telle fusion entre la robotique et le cerveau humain? À court terme, il serait avant tout médical. Connecter des électrodes dans le cerveau devrait permettre, selon des spécialistes de la start-up, de s’attaquer à des maladies comme l’épilepsie ou Parkinson. Mais l’objectif du patron est d’aller beaucoup plus loin. Cette connexion permettrait d’interagir directement avec un smartphone ou un ordinateur par exemple. L’entrepreneur veut en réalité mettre fin aux barrières qui réduisent l’efficacité de nos interactions avec les machines.

"Nos yeux peuvent traiter rapidement une grande quantité d’information, mais notre système de saisie en utilisant nos doigts pour taper des messages est incroyablement lent".

En 2017, lors d’une première présentation du projet Neuralink, il expliquait que "nos yeux peuvent traiter rapidement une grande quantité d’information, mais notre système de saisie en utilisant nos doigts pour taper des messages est incroyablement lent". Selon Musk, les ambitions derrières ce projet un peu fou ne sont toutefois pas de faire des hommes robots mais plutôt de garder un contrôle sur le développement de l’intelligence artificielle, qui pourrait faire des humains des "chats domestiques".

Déjà des tests sur des rats

Concrètement, Elon Musk espère pouvoir débuter les premiers tests sur des humains dès le deuxième quadrimestre de 2020. Mais avant cela, l’entreprise doit encore obtenir l’accord de l’administration américaine pour réaliser de tels essais cliniques. Actuellement, selon le document officiel publié par la start-up, des premiers tests ont déjà été faits sur des rats. Ces derniers seraient visiblement assez concluants. Sur les 19 opérations réalisées, 87% ont été un succès. Ces premières expériences auraient ainsi permis notamment d’enregistrer à chaque fois les activités de milliers de neurones.

150
millions
Depuis sa création, Neuralink a déjà levé 150 millions de dollars, dont les deux tiers en provenance directe de la poche d’Elon Musk, qui semble croire dur comme fer à son idée.

Lors de son speech, Elon Musk a également expliqué que des tests avaient aussi été réalisés sur un singe et que ce dernier avait été capable de "contrôler un ordinateur avec son cerveau". Cette information ne se retrouve toutefois pas dans le document publié par la start-up. Depuis sa création, Neuralink a déjà levé 150 millions de dollars, dont les deux tiers en provenance directe de la poche d’Elon Musk, qui semble croire dur comme fer à son idée.

Si Musk a pris l’habitude de prendre la lumière partout où il décide de s’immiscer, d’autres start-ups se sont déjà lancées dans l’aventure. L’un des projets les plus ambitieux se nommait Kernel. Mais cette start-up créée en 2016 a dû revoir ses ambitions à la baisse. Dans un premier temps, l’entreprise souhaitait mettre en place une technologie capable d’augmenter les capacités cognitives de l’homme. À peine un an après ses débuts, la start-up a changé ses objectifs pour se focaliser plus simplement sur une solution de stimulation du cerveau pour lutter contre des maladies comme la dépression.

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