Entre philanthropie et rendement financier, Lita.co propose une troisième voie

©Saskia Vanderstichele

La plateforme de crowdfunding social Lita.co a le vent en poupe. Elle a levé 1,4 million d’euros depuis son lancement en octobre. Son créneau: les projets entrepreneuriaux locaux avec un impact social recherché. Parmi les actionnaires de ce nouvel acteur du crowdfunding agréé par la FSMA, on trouve la coopérative à finalité sociale Crédal et la 4 Wings Foundation.

Officiellement lancée en octobre dernier en Belgique, la plateforme de crowdfunding Lita.co a déjà levé 1,4 million d’euros à travers ses trois premières campagnes. Parmi celles-ci, on retrouve notamment la coopérative d’alimentation Färm ou, plus récemment, le pionnier de la "circular fashion" Tale Me. Leur point commun? "Ce sont des projets entrepreneuriaux avec un vrai modèle économique et qui ont un véritable impact sociétal avec un minimum d’externalités négatives", résumé Eva Sadoun, CEO de Lita.co.

Née en France il y a environ 4 ans, Lita.co a pris son temps (deux années de développement) pour créer un modèle qui réponde au mieux aux besoins de l’entrepreneuriat social. "L’entrepreneuriat social se développe plutôt bien en Belgique, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’insertion et de l’immobilier social. Mais les besoins sont les mêmes qu’en France: il y a un equity gap très important chez les entreprises qui ont entre 0 et 3 ans, une faible présence des fonds d’impact investing et des business angels", explique Eva Sadoun.

Concrètement, sur chaque projet dont la levée est un succès, la plateforme prélève entre 4 et 7% du montant global. Elle offre également un soutien à long terme puisqu’elle accompagne dans son développement tout projet financé pendant 5 ans. "Il ne s’agit pas seulement de collecter l’épargne auprès de particuliers, mais d’amener également des partenaires industriels comme la SRIB ou Be Angels autour de la table", ajoute Eva Sadoun.

Entre la philanthropie pure et dure et le "business as usual", "l’impact investing" propose une troisième voie, celle de l’investissement responsable et solidaire sans pour autant sacrifier totalement son rendement financier. "Le retour sur investissement compte évidemment, mais il est subordonné à l’impact social", insiste Eva Sadoun. Dans ces conditions, le rendement pour l’investisseur reste moins élevé que le celui du "marché". Il oscille globalement entre 4 et 10%, annuellement. Et il n’est pas forcément garanti. "Il s’agit tout de même de capital-risque", rappelle Eva Sadoun.

Globalement, Lita.co propose trois types d’investissement en direct: l’achat d’obligations, de parts de coopérateurs ou d’actions. Sa prochaine campagne de 300.000 euros pour Ethical Property Europe, qui finance, construit et gère des lieux de travail écoresponsables, promet un taux d’intérêt de l’ordre de 3% via l’achat d’obligations. Elle vient compléter une levée de fonds institutionnelle en cours de clôture.

Les investisseurs, pour l’essentiel des millenials, des personnes plus âgées avec des revenus aisés et des militants, n’apportent pas seulement leur argent mais aussi leur expérience. "Ils investissent pour deux raisons: le sens et l’aventure entrepreneuriale", déclare Eva Sadoun.

Potentiel énorme

Pour la CEO de Lita.co, qui prévoit de mener jusqu’à 15 campagnes par an et par pays dans les premières années, et le double par la suite, le potentiel de marché de l’entrepreneuriat social est énorme. "Les entreprises sociales sont plus résilientes aux risques de compétition. Elles sont souvent très intégrées au niveau local et donc généralement bien soutenues par les initiatives publiques. Surtout, l’entrepreneuriat social touche à tous les secteurs: consommation, immobilier, énergie. Ce n’est pas un secteur à part, c’est une économie classique plus soutenable et plus ancrée locale", conclut-elle.

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