EVS dépasse les attentes et "vise une à deux acquisitions par an"

Serge Van Herck, CEO d'EVS, se dit prudemment optimiste pour 2021. ©BELGA

EVS a limité la casse en 2020. Même si ses perspectives restent floues, le CEO Serge Van Herck dit vouloir encore élargir sa palette de services via des acquisitions.

Les résultats 2020 d’EVS dépassent en grande partie les attentes, mais ses perspectives sont floues. La société liégeoise active dans la production vidéo en direct a ainsi vu son chiffre d’affaires chuter de 14,8%, à 88,1 millions d'euros, mais c’est légèrement mieux qu’attendu par le consensus des analystes (87,9 millions).

L’acquisition du néerlandais Axon (spécialisé dans l’infrastructure de réseau de diffusion), comptabilisée depuis le 1er mai, n’y pas étrangère puisqu’elle intervient à hauteur de 7,9 millions d'euros.

"L'accélération de la production à distance a clairement été un thème principal de l'année."
Serge Van Herck
CEO d'EVS

Report des événements sportifs

Le report ou l’annulation de manifestations sportives ont fortement affecté le business d’EVS. En revanche, dans les pays confinés, les chaînes de télévision ont connu des niveaux d'audience exceptionnels, même si elles ont souffert d'une baisse importante de leurs recettes publicitaires, indique EVS en pointant la poursuite des projets de modernisation des diffuseurs.

Le CEO Serge Van Herck, note ainsi que l'accélération de la production à distance a clairement été un thème principal de l'année avec le lancement du LSM-VIA – le nouveau dispositif de contrôle de replay et highlights d'EVS, particulièrement adapté aux besoins de la production à distance.

54,2 millions
d'euros
Le carnet de commandes total (commandes de 2021 et au-delà) dépasse les attentes avec 54,2 millions d'euros.

La chute du résultat net (7,2 millions d'euros, soit -63,4%) est, elle aussi, moins élevée qu’attendu (5,8 millions d'euros). En revanche le résultat opérationnel (EBIT) s’affiche à 5,7 millions d'euros, contre 6,4 millions d'euros prévus par le marché. En cause, notamment, la hausse des  charges d’exploitation, conséquence de l'intégration de l'équipe Axon. La marge s’élève ainsi à 6,4%, contre 22,3% un an plus tôt.

Carnet de commandes solide

Le carnet de commandes total (commandes de 2021 et au-delà) dépasse les attentes avec 54,2 millions d'euros (dont 10 à facturer après 2021), contre 44,9 millions d'euros prévu, et ce, grâce à un solide dernier trimestre. Il comprend l’apport d’Axon et 12,9 millions d'euros pour la location de grands événements liés à des manifestations sportives de 2020 reportées en 2021 (Jeux olympiques, Euro de football).

Mais des incertitudes liées à la tenue ou non, cette année, de ces événements, qui représentent 12,9 millions d'euros de chiffre d’affaires, rendent la société prudente. EVS ne donne aucune indication sur le chiffre d’affaires. "2021 reste une année difficile à prévoir, compte tenu du calendrier de vaccination, de la présence de différentes variantes du virus qui obligent les autorités à organiser de longues périodes de confinement avec des conséquences sur les événements et l'industrie des médias", indique ainsi EVS.

Charges d'exploitation annoncées en hausse

La société ajoute que les charges d’exploitation devraient augmenter légèrement par rapport à l'année précédente suite à l'intégration en année pleine des coûts d'Axon, tout en gardant les dépenses sous contrôle. Bien qu'en recul sensible, la trésorerie nette reste solide à 35,7 millions, contre 46,2 millions en 2019.

Par ailleurs, dans les mois à venir, le board évaluera la question de la distribution ou non d'un dividende et viendra avec une proposition pour l'assemblée générale du 18 mai prochain.

Serge Van Herck, CEO d'EVS : "Nous visons une à deux acquisitions par an"

Au vu de vos résultats, EVS semble avoir limité la casse en 2020…

Vu les circonstances on est assez satisfaits. On a pu rester profitable même en ayant perdu une  partie de nos revenus, beaucoup de nos clients ayant été fortement impactés par la pandémie. Tout ceci sans avoir dû prendre des mesures difficiles, comme des restructurations. On a contrôlé nos coûts et gardé notre personnel pour servir nos clients.

Les demandes des clients ont-elles changé durant cette crise?

Oui, les clients actifs dans les studios, c’est-à-dire les chaînes de télévision, ont investi dans leurs infrastructures car, en raison de la crise, il y avait un fort besoin de news. Et comme leurs collaborateurs étaient confinés chez eux, il y a eu une demande importante pour nos solutions de productions à distance. Cela a eu un impact positif sur notre carnet de commandes, supérieur aux attentes des analystes. Mais ce n’est pas le seul, il y a aussi la transition vers l’environnement IP qui s’accélère. La chute vient plutôt de nos activités dans le sport puisque la plupart des compétitions sont été annulées ou reportées.

Quelles sont les synergies dégagées suite au rachat d’Axon ?

On est satisfaits de cette intégration. Le but était, avant tout, de générer des revenus en travaillant ensemble, pas de tailler dans les coûts. Évidemment, 2020 a été difficile, mais on espère en 2021 générer 20 millions d’euros de chiffre d’affaires additionnels grâce à l’introduction des produits Axon sur le marché américain.

EVS reste-t-il opéable, comme vous le craigniez au printemps lorsque votre cours avait chuté?

Théoriquement oui, vu qu’on est coté. Notre objectif est de retrouver le chemin de la croissance pour redresser le cours de bourse, rendre une OPA plus difficile et garder en mains notre destin. L’acquisition d’Axon s’inscrit dans cette stratégie de croissance.

D’autres acquisitions sont-elles possibles?

Oui, c’est une possibilité, il y toujours des dossiers sur la table. On vise toujours une à deux acquisitions par an pour développer notre palette de services. Notre situation financière est bonne et le Covid ne change pas notre stratégie.

Malgré la vaccination en cours, il y a toujours un risque  que les grands événements sportifs soient annulés. Vous vous y préparez?

Le risque existe effectivement, mais on travaille dans l’optique qu’ils auront bien lieu. Le risque sur notre chiffre d’affaires est connu, ce sont plus de 12 millions d'euros de commandes liées à ces événements.

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