portrait

Fabien Pinckaers, l'antithèse de la start-up nation

À l'opposé des clichés véhiculés par l'univers des start-ups, le Bill Gates wallon est en train de conquérir le monde comme il joue aux échecs, avec un coup d'avance.

“Odoo est une licorne, so what?” Du Fabien Pinckaers dans le texte. On ne s’enflamme pas, on garde les pieds sur terre et on continue de bosser. Le Brabançon vient d’entrer dans le cercle très exclusif des entreprises valorisées à plus d’un milliard d’euros. Son entreprise devient une licorne – la première wallonne- mais rien de tout ça ne va enflammer le bonhomme.

Ce qui l’excite, le fait vibrer, c’est la technologie. Fabien Pinckaers est un vrai geek, un amoureux des chiffres et du code. Il nous avouait lors d’un reportage dans son entreprise il y a quelques années, alors qu’il était en discussion avec ses programmeurs : "Ce que ces gars font, c’est ce que je préfère faire. Vous ne vous rendez peut-être pas compte, mais chaque ligne de code, c’est un défi intellectuel." Un amour qui date : à 12 ans il demandait un ordinateur à ses parents et un an plus tard il vendait son premier logiciel 7.000 euros.

Toujours connecté

Avec sa peau de bébé, ses chemises froissées et ses polos colorés, Fabien Pinckaers donne parfois encore l’impression de sortir de son kot louvaniste où il a fait ses études d’ingénieur. Un kot qui a vu naître son entreprise et qui a été le théâtre de soirées mémorables. Car l’homme est un bon vivant, il aime faire la fête et apprécie s'attabler.

Fin stratège en affaires, il a développé une passion pour les jeux de société, dont les échecs. Il y joue régulièrement avec ses deux enfants. Une descendance qui lui fait un peu lever le pied après des années de boulot acharné, des journées interminables et des années sans le moindre congé. S’il essaye désormais de limiter ses journées à un 9-19, il ne déconnecte jamais. Il n’en ressent pas le besoin.

Ambitieux mais pas vénal

Fabien Pinckaers ne rêve pas d’argent la nuit, mais il rêve tout de même de conquérir le monde. Il veut que son logiciel de gestion soit utilisé par le plus grand nombre de personnes sur terre et développer le réseau de partenaires le plus important possible. Pour cela il aime aller vite, très vite. Son entreprise a engagé près de 1.000 personnes en un an et pour arriver à répondre aux besoins de son bébé, il est prêt à tout. Même à offrir des primes à la signature atteignant les 10.000 euros pour s’adjoindre les services des meilleurs développeurs. Le tout sans déroger à la philosophie opensource sur laquelle se base le succès d’Odoo. Le code est public, évolue et appartient à une communauté.

Celui qui avait débuté sa carrière en créant une plateforme de vente aux enchères d’objets d’art pour aider son père s’épanouit aujourd’hui en capitaine d’un voilier, devenu paquebot puis porte-conteneur. Une charge qui ne semble pas trop lourde à porter sur les solides épaules de l'entrepreneur qui persiste à se fixer des objectifs personnels à atteindre pour continuer à justifier sa position de leader dans son entreprise. On pourrait le croire arrivé au sommet, mais il estime en être très loin. Le Bill Gates wallon en a encore sous le clavier.

CV Express

  • 1979: Naissance.
  • 1992: A 13 ans, il vend son premier logiciel à une société de taxis.
  • 2002: Il lance TinyERP qui deviendra OpenERP.
  • 2005: Il est diplômé de l'UC Louvain comme ingénieur.
  • 2012: OpenERP devient Odoo.
  • 2020: Il est élu "Manager de l'année".
  • 2021: Odoo est valorisé à plus de 2,4 milliards d'euros.

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