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Face aux machines, Elon Musk cherche à augmenter les capacités humaines

©AFP

Avec sa nouvelle société Neuralink, le fondateur de Tesla et de SpaceX veut implanter des électrodes dans le cerveau humain. L’enjeu: éviter que l’intelligence artificielle et les robots ne prennent le pouvoir sur la planète Terre.

Après les voitures électriques, les lanceurs spatiaux, les trains à très grande vitesse et les tunnels sous-terrain, Elon Musk s’est lancé un nouveau défi: connecter le cerveau humain avec les machines. L’an passé, l’entrepreneur d’origine sud-africaine a ainsi créé une nouvelle société, baptisée Neuralink. Celle-ci vient de lever 27 millions de dollars pour financer ses recherches.

Les détails de cette levée de fonds restent encore flous. Dans des documents déposés auprès de la Securities and Exchange Commission, le gendarme boursier américain, l’entreprise indique avoir lancé un tour de table pouvant atteindre jusqu’à 100 millions de dollars, auprès de douze investisseurs différents.

"Notre mission? Développer une interface connectant les hommes et les ordinateurs."
neuralink

Sur Twitter, Elon Musk a cependant assuré qu’aucune levée de fonds n’était en cours et qu’il ne cherchait pas d’investisseurs extérieurs.

Casting de choc

Fondée il y a un an, Neuralink a déjà débauché plusieurs scientifiques de renom. Elle cultive depuis le secret. Son existence n’a été révélée qu’en mars par le Wall Street Journal. Son site internet n’est composé que d’une seule page, expliquant sa mission ("développer une interface connectant les hommes et les ordinateurs") et regroupant une dizaine offres d’emplois. Et le fondateur de Tesla et de SpaceX n’a publiquement évoqué le projet qu’à une seule reprise, sans véritablement entrer dans les détails.

L’idée d’Elon Musk est de développer de minuscules électrodes pouvant être implantées dans le cerveau humain. Dans un premier temps, les applications seront médicales. Exemple: "réparer les lésions cérébrales qui ont fait perdre une capacité cognitive à une personne", explique Elon Musk, dans un entretien accordé en avril au blog scientifique Waitbutwhy. Ou encore: "aider les personnes âgées qui ont des problèmes de mémoire".

Les utilisations grand public sont plus lointaines. "Pas avant huit à dix ans", explique l’entrepreneur. "Et cela dépend fortement de l’accord des autorités et du bon fonctionnement des électrodes sur les personnes avec des déficiences", ajoute-t-il.

L’objectif sera alors d’augmenter les capacités humaines. À terme, cela pourrait permettre de télécharger ses pensées directement sur un ordinateur. Et donc de communiquer avec un autre humain. "Nous n’aurions plus besoin de verbaliser nos pensées", anticipe Elon Musk.

Augmenter les capacités humaines

Le lancement de Neuralink doit être mis en relation avec les craintes exprimées par Elon Musk au sujet de l’intelligence en artificielle, l’un des principaux domaines d’innovations chez les géants des nouvelles technologies. Fin 2015, l’emblématique patron californien a notamment cofondé OpenAI, un groupe visant à s’assurer que les progrès informatiques soient bénéfiques pour l’humanité. "L’intelligence artificielle va supplanter les capacités humaines", prédit-il.

"Nous allons avoir le choix entre devenir inutiles, ou comme un animal domestique, ou alors trouver un moyen d’être symbiotiques et de fusionner avec l’intelligence artificielle", poursuit Elon Musk.

Le patron de Tesla et SpaceX n’est pas le seul à s’intéresser à l’interface homme-machine, lui qui a fait de la lutte contre l’intelligence artificielle (et en filigrane les robots) l’un de ses premiers combats.

La start-up Kernel travaille sur un projet au concept et aux ambitions similaires à celui de Neuralink. Par ailleurs, Facebook a présenté en avril une technologie qui permet de taper sur un clavier avec son cerveau. "Jusqu’à 100 mots par minute", explique Regina Dugan, l’ancienne directrice de la Darpa, le laboratoire de recherche du Pentagone. C’est cinq fois plus que la vitesse de frappe avec un smartphone.

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