Facebook se met en ordre sur le respect de la vie privée

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Des messages protégés, des modérateurs volontaires et des histoires qui disparaissent après 24 heures. Facebook veut trouver comment améliorer son travail "de policier".

"Le futur, c'est la vie privée." C'est le slide qu'on retiendra du premier jour du F8, cette grand-messe annuelle de Facebook qui se tient à San José en Californie. Sur le grand podium du McEnergy Convention Center, Mark Zuckerberg, dos à ces quatre mots écris en blanc sur l'écran, le reconnaît: "Notre réputation en matière de vie privée est loin d'être bonne."

Le ton est donné. Le F8 ne sera pas le lieu des grandes annonces commerciales. L'angle de cette année, c'est l'avenir de Facebook et de ses filiales Instagram, WhatsApp et Messenger, appelées à devenir davantage "un salon" intimiste, confortable, qu'une "place publique" bruyante que tout le monde écoute.

Les groupes Facebook centraux

Au cours de la demi-heure qui suit, Zuckerberg ébauche comment il voit cette évolution. Il y a d'abord l'app Facebook qui, avec ses 2,38 milliards d'utilisateurs, reste le réseau internet le plus influant au monde. Cette app va être complètement redessinée. Le nouveau Facebook - le F5 dans le jargon- mettra les groupes Facebook au coeur de sa stratégie. "Faire partie d'un groupe sera au centre de l'expérience Facebook, à côté du simple fait de se faire des amis."

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Environ 1,4 milliard d'utilisateurs sont actuellement membres d'un groupe, indiquait-on en février dernier au sein de la société. Pour quelque 400 millions d'entre eux, cette appartenance au groupe est significative et implique des prises de contact offline. Facebook entend désormais davantage s'intéresser aux rencontres hors ligne des membres de ces groupes. Chaque groupe Facebook disposera d'un administrateur qui veillera à la bonne tenue du groupe. Mais qui dit plus de trafic dans ces groupes, dit aussi plus de communications à surveiller.

Ces administrateurs soulagent donc la tâche des "policiers de Facebook". C'est que ces dernières années, le flux d'informations sur le réseau social a regorgé de discours haineux, de fausses informations, de harcèlement... de quoi forcer Facebook à accroître ses investissements dans des algorithmes et d'engager des modérateurs "humains" pour plus rapidement identifier les messages qui n'ont pas leur place sur le réseau social.

Des "stories" cryptées

500 millions
utilisateurs
Cinq cents millions d'utilisateurs Facebook, Instagram et WhatsApp ont recours chaque jour aux "stories".

Autre sujet: le succès des "stories", ces photos et vidéos qui disparaissent des écrans après 24 heures, comme les a imaginées Snapchat. Facebook a déjà copié le processus avec succès. Cinq cents millions d'utilisateurs Facebook, Instagram et WhatsApp ont recours chaque jour aux "stories". Avantage: leur disparition rapide immunise davantage de toute diffusion virale de "fake news".

Mais la surveillance des messageries Messenger et WhatsApp n'est pas encore optimale. Les messages y sont cryptés, ce qui implique que Facebook ne peut lire pas leur contenu. Il dispose tout au plus des metadata. C'est-à-dire qu'il sait qui envoie le message, quand et où.

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Certes, cela lui permet d'obtenir certaines informations commercialisables, mais pas vraiment d'effectuer un réel travail d'"enquête policière".

Néanmoins, un Facebook où la vie privée est totalement respectée et protégée comporte aussi des dérives. Nous avons déjà été confrontés dans le passé à la diffusion rapide de fausses informations sur WhatsApp. Il devrait donc être possible de réduire le transfert des messages. Le Wall Street Journal expliquait que si un groupe Facebook fait la promotion de traitements homéopathiques contre le cancer, ses propos ont des fortes chances de se retrouver dans des moteurs de recherche et de rencontrer d'autres personnes qui partagent ces fausses idées.

Pour l'heure, le réseau social a encore du travail à faire. A l'agenda des prochains jours de la conférence: comment Facebook peut protéger ses plateformes avec l'aide de modérateurs humains et de l'intelligence artificielle.

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