Faute de financement, Innovatech pourrait devoir cesser ses activités

L'ASBL Innovatech a notamment aidé à la création du robot aspirateur Glutton. ©Anthony Dehez

L'ASBL carolo qui aide les entreprises wallonnes à innover devra cesser ses activités à la fin de l'année si une décision concernant son financement ne tombe pas rapidement. La région wallonne, en charge du dossier, promet des avancées rapides.

Dans les rangs du personnel d'Innovatech, c’est le choc. Les préavis ont été envoyés ce mardi pour signifier la fin des 14 contrats de travail au 31 décembre 2020. "Les administrateurs n’ont pas eu le choix", explique Laurent Letellier, directeur de l’ASBL Innovatech. Un nom peu connu du grand public mais qui depuis son lancement en 2002 s’est fait une solide réputation en Wallonie. Innovatech c’est une ASBL carolo qui accompagne gratuitement les petites et moyennes entreprises wallonnes dans leurs projets d’innovation.

67
millions d'euros
Grâce à l’accompagnement qu'Innovatech a offert aux TPE ou PME wallonnes, elles ont pu générer 67 millions d’euros supplémentaire, selon l'asbl.

"Nous avons calculé que grâce à l’accompagnement que nous avons pu offrir aux TPE ou PME wallonnes, elles ont pu générer 67 millions d’euros supplémentaires", détaille Laurent Letellier. Parmi les innovations wallonnes qui ont bénéficié du soutiens des experts d’Innovatech, on citera l'aspirateur de ville Glutton, le béton lumineux ou encore l'isolant acoustique destinés aux futurs wagons de la SNCB. L’avenir des activités de la structure carolo et de ses 14 employés est aujourd’hui mis en péril dans l’attente d’une décision concernant son financement.

Le Fonds social européen tarde à se décider

Le problème d’Innovatech, c’est qu’elle n’a pas son sort entre ses mains. Son budget est entièrement issu de l’Europe et plus précisement du Fonds social européen. Dans ce cas précis, les fonds sont distribués à 50% par le cabinet du ministre Willy Borsus, notamment en charge de l’économie et de l’innovation, et à 50% par le cabinet du ministre-président Di Rupo. La période de financement de l’ASBL entamée en 2014 prend fin au 31 décembre 2020. Pour cette période, le montant des fonds alloués s’élève à 13,5 millions d’euros.

"Nous allons tout mettre en œuvre pour qu’une décision soit prise le plus rapidement possible afin que ce type de structure puissent avoir plus de certitudes pour leur futur."
Cabinet d'Elio Di Rupo

La prochaine période de financement n’étant pas encore actée, les négociations sont toujours en cours pour obtenir une rallonge pour une ou deux années de transition, avant de trouver une solution plus structurelle et un nouveau financement à long terme. En charge du dossier, le cabinet d’Elio Di Rupo espère une évolution rapide et positive: "Le ministre-président Di Rupo regrette que ce genre de situation puisse impacter les travailleurs. Nous allons tout mettre en œuvre pour qu’une décision soit prise le plus rapidement possible afin que ce type de structure puissent avoir plus de certitudes pour leur futur", commente-t-on du côté du cabinet socialiste.

Située au cœur de l'aéropôle à Gosselies, l’ASBL se retrouve dans une situation très précaire avec une réelle menace de devoir mettre fin à ses activités à la fin de l’année si la décision ne tombe pas rapidement. "Tous les signaux montrent qu’Innovatech a sa place dans le paysage entrepreneurial wallon. Les résultats sont là", selon Laurent Letellier. Mais ce n’est ni la pertinence, ni le bien fondé du projet de l’ASBL qui sont ici remis en cause, mais bien le cadre de financement de ce type de structure. Le nœud du problème se situe au niveau européen, les discussions prennent plus de temps qu’à l’accoutumée avec l’agence du Fonds social européen, chargée de valider les projets qui seront financés.

Une fois l’attribution des fonds actée, ils seront ensuite redistribués aux différents cabinets ministériels suivant leurs attributions respectives avant d’arriver enfin entre les mains des porteurs de projets. "Les différents mouvements, réorganisations et changements au sein du gouvernement wallon n’ont peut-être pas aider à faire avancer les choses plus rapidement", s’interroge le directeur de l’ASBL qui espère pouvoir continuer les projets en cours et rassurer ses employés.

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