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Fin de l'aventure entrepreneuriale pour Barefoot & Co

Aubry De Koster avait repris la direction de Barefoot & Co en janvier 2019, mais n'a pas réussi à boucler son augmentation de capital. ©Emy Elleboog

Le studio à start-ups n'a pas réussi à se redresser malgré le changement de direction et de cap initié en 2019: la saga se termine par une faillite.

Le studio à start-ups bruxellois Barefoot & Co a déposé le bilan. Le tribunal d'entreprise francophone de Bruxelles a ouvert la faillite le 14 juillet dernier. C'est la fin d'une aventure de cinq ans pour cet incubateur d'un genre nouveau, qui créait à la fois ses propres jeunes pousses et qui en aidait d'autres à grandir (à "accélérer", dans le jargon).

Il y a un an et demi, Barefoot & Co avait opté pour une nouvelle direction et modifié sa stratégie, dans l'espoir d'enfin devenir rentable. L'entreprise avait réussi à redresser ses comptes en 2019, avec à la fin de l'année un chiffre d'affaires proche des 700.000 euros et un petit bénéfice net, explique Aubry De Koster qui avait succédé au fondateur Augustin Van Rijckevorsel à sa tête en janvier de cette année-là. "Quand j'ai repris la direction de Barefoot, son endettement atteignait 1,2 million d'euros, précise-t-il. Nous avions réussi à le réduire à 800.000 euros à la fin de l'an dernier."

"On projetait d'augmenter notre capital de 300 à 500.000 euros et on avait commencé à préparer l'opération quand la crise du coronavirus s'est déclenchée."
Aubry De Koster
CEO, Barefoot & Co

En manque de liquidités, le studio avait recentré ses activités sur les levées de fonds pour les jeunes pousses en portefeuille et pour des tiers. Sa direction avait également entamé les démarches pour augmenter son propre capital. "On projetait de l'augmenter de 300 à 500.000 euros et on avait commencé à préparer l'opération quand la crise du coronavirus s'est déclenchée." Difficulté supplémentaire, le pacte d'actionnaires stipulait que toute augmentation de capital devait être validée par au moins deux tiers des actionnaires, ce qui n'était pas gagné. Avec la pandémie, l'espoir de rallier les récalcitrants a été balayé.

Levées de fonds taries

La crise a, par ailleurs, directement affecté l'activité de levée de fonds. "Faute de nouvelle opération à mener sur ce plan, nous n'avons plus engrangé de revenus pendant un, puis, deux, puis quatre mois. Raison pour laquelle nous avons décidé de déposer le bilan", poursuit Aubry De Koster.

Reste à voir ce qu'il adviendra de la douzaine de start-ups que Barefoot & Co avait en portefeuille. "La majorité d'entre elles n'avaient plus d'activité." Mais les autres? "Pour nous, il s'agissait de participations minoritaires, elles pourront continuer à se développer."

Le dossier est dans les mains du curateur, maître Pol Massart. On présume qu'il y aura au moins ces participations à valoriser. La faillite n'aura en revanche pas de lourdes conséquences sur le plan social, puisque l'entreprise n'employait plus que des indépendants et des prestataires extérieurs.

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