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Frank Slootman, ou le "maestro" des IPO

Frank Slootman est à la barre de Snowflake, cette entreprise américaine en passe de réaliser ce mercredi la plus grosse introduction en bourse de l'année sur Wall Street.

Interrogez les Néerlandais dans la rue pour leur demander qui est Frank Slootman et peu d'entre eux vous répondront. Et pourtant. Ce Néerlandais de naissance s'apprête à réaliser la plus grosse introduction en bourse de l'année aux États-Unis.

CV Express

  • 1958: Naissance
  • Diplômé de l'Université de Rotterdam en économie
  • 2003-2009: Directeur de Data Domain.
  • 2011-2017: Président et CEO de ServiceNow.
  • Avril 2019: Président et CEO de Snowflake

Snowflake, une entreprise américaine spécialisée dans le stockage à distance de données informatiques ("cloud"), a annoncé lundi son intention de lever plus de 3 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros) par le biais de son IPO. De quoi la propulser dès mercredi au titre des licornes de la Silicon Valley cotées.

Cette introduction en bourse était la mission que le Conseil d'administration avait confiée à Frank Slootman en venant le chercher en avril 2019. Son prédécesseur avait certes déjà bien préparé le terrain. Bog Muglia avait ouvert les portes de l'international à Snowflake. Il avait réussi à lever plus de 900 millions permettant à l'entreprise d'atteindre une valorisation de 4 milliards de dollars. Commercialement, il avait tissé un réseau de partenariats. Mais le CA voulait passer à l'étape supérieure.

Frank Slootman explique son ambition d'IPO pour Snowflake sur CNBC

Feuille de route

Et pour effectuer cette feuille de route, qui de mieux que Slootman qui avec deux IPO à son actif avait un pédigrée plutôt intéressant. C'est en effet lui qui a mené sur les marchés ServiceNow, spécialisé dans le logiciel à la demande, ou encore Data Domain, spécialisée dans des solutions de stockage de données.

"La première fois, c'était plutôt excitant", explique Frank Slootman. "Maintenant, je vois une introduction en bourse comme une étape importante. Mais ce n'est pas un objectif final. Le lendemain, vous retournez simplement au travail, vous jouez aux mêmes jeux, c'est juste le niveau qui est différent et plus professionnel."

Il a séduit Warren Buffett

La semaine dernière, on apprenait que le holding du milliardaire américain Warren Buffett avait jeté son dévolu sur Snowflake. Un document Securities and Exchange Commission indique que les sociétés de Warren Buffett et de Marc Benioff (Salesforce) se sont engagées chacune à acquérir juste après la cotation 250 millions de dollars d'actions dans le cadre d'un placement privé.

"Respect, Monsieur le CEO"

Néerlandais de naissance, il avouait lors d'une interview au site web néerlandais Computable: "Pourquoi suis-je resté si longtemps aux États-Unis? Parce que je me sens vraiment chez moi là-bas."

Il y a plus de 25 ans, il a acquis la nationalité américaine. Et les États-Unis le lui rendent bien. Un investisseur disait de lui sur les ondes de CNBC, qu'il était l'un des CEO de la planète Tech les plus respectés.

Étudiant ambitieux

Étudiant, il était membre de la plus grande association estudiantine de Rotterdam. S'il n'était pas contre un verre de bière, il s'est surtout montré très ambitieux avec une année passée à la tête de la branche néerlandaise de l'AIESEC, l'organisation étudiante internationale où des personnalités comme Bill Clinton, Kofi Annan et John Kerry ont fait leurs premiers pas sur la scène internationale.

L'homme qui ne sait pas s'arrêter

Son parcours commence dans les auditoires de l'Université de Rotterdam, où il décroche un diplôme en économie.

Son CV est par la suite rempli de fonctions dans des groupes technologiques américains jusqu'à son arrivée en juin 2003 à la tête de Data Domain. Fondée en 2001, Slootman mènera la société sur les tableaux de cotations du Nasdaq en 2007. Deux ans plus tard, il quitte la société.

En 2011, il devient CEO et président de ServiceNow qui un an plus tard fait ses débuts sur les marchés, levant 550 millions de dollars. Après 6 ans à la barre de ServiceNow, il a alors 59 ans et songe à la retraite.

Mais vite l'adrénaline et sa dose quotidienne de stress lui manquent. Un petit coup de fouet qu'il ressentira sans nul doute avec l'IPO Snowflake, même si pour lui c'est devenu "business as usual".

Américain plus que tout

Chaque fois qu'il se trouve aux Pays-Bas, Frank Slootman n'a qu'une envie: retourner au plus vite de l'autre côté de l'Atlantique. "Là-bas, tout le monde pense pouvoir faire mieux et ça motive. Ce tempérament convient bien à ma personnalité. Mieux que la culture néerlandaise", avoue-t-il.

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