analyse

Google grandit à Saint-Ghislain: des retombées sur l'emploi assez maigres

©REUTERS

Le groupe américain a annoncé ce lundi la construction d’un quatrième data center sur son site belge pour 600 millions d’euros. En dix ans, Google a déjà investi 1,6 milliard d’euros chez nous.

Google va encore sortir le chéquier à Saint-Ghislain. Et une fois encore, le géant américain ne compte pas y aller de main morte. Le plus célèbre moteur de recherche a prévu un investissement de 600 millions d’euros, soit le plus important depuis son arrivée chez nous en 2009. Les millions déployés permettront la construction d’un nouveau data center, le quatrième déjà. Le nouveau projet qui devrait être terminé pour 2021 intervient seulement quelques mois à peine après la finalisation des derniers travaux sur le troisième centre. Le groupe n’arrête pas d’étendre sa présence sur le site wallon. Avec ce nouveau centre, la somme totale investie grimpe à 1,6 milliard d’euros. Ministres, spécialistes, autorités locales, tout le monde applaudit. Mais concrètement qu’est-ce que cela signifie?

1,6
milliard d'euros
C'est le montant investi par Google en dix ans en Belgique.

Quel est l’impact sur l’emploi?

Si Google enchaîne les millions d’euros, le nombre d’emplois sur le site n’est "que" de 350 travailleurs, sous-traitants inclus. Le nouvel investissement devrait permettre la création de quelques dizaines d’emplois supplémentaires. "C’est difficile d’être plus précis pour le moment", précise Frédéric Descamps, Data Center Facilities Manager. Si on y ajoute les emplois indirects, le chiffre actuel monte à 1.500. Google est donc employeur important, aucun doute sur cette question. Mais par rapport à l’investissement, les retombées sur l’emploi semblent assez maigres. Pour IDEA, l’analyse ne doit pas se faire de cette façon. "Nous n’évaluons pas si le retour sur emplois est bon en fonction du capital injecté. De ce côté, c’est la responsabilité de Google d’évaluer combien il faut investir", explique Caroline Decamps, directrice générale d’IDEA, l’intercommunale de développement économique où est situé Google.

"Nous considérons qu'un investissement est efficace s'il génère au moins cinq emplois par hectare"
Caroline Decamps
directrice générale d’IDEA

Un site trop étendu?

Pour évaluer la plus-value sur l’emploi, IDEA préfère se pencher sur le nombre de travailleurs par rapport à l’espace occupé par l’entreprise. A la signature du contrat il y a dix ans, Google a acquis 90 hectares. Aujourd’hui, le groupe utilise plus de la moitié mais a donc encore de l’espace. "Nous considérons qu'un investissement est efficace s'il génère au moins cinq emplois par hectare (construit). Nous sommes avec Google bien au-dessus. Ils sont par exemple au-dessus du secteur de la pétrochimie", ajoute Caroline Decamps. L’évolution est d’ailleurs positive. "Sur la création d’emplois, le premier investissement était le plus 'extensif'. Mais chaque nouveau projet est de plus en plus exemplaire sur la question des emplois créés."

Même si les objectifs sont donc remplis, n’aurait-il pas été plus efficace d’attribuer le terrain de Google à une entreprise encore plus porteuse en termes d'emplois ou de le diviser en le répartissant à plusieurs sociétés? Non, explique-t-on du côté d’IDEA. "Tout simplement parce que nous disposons encore de place. Nous avons encore beaucoup de grands terrains disponibles sur plusieurs sites à Dour, Frameries, Seneffe… Google n’a pris la place de personne."

Quel est l’apport de Google pour la région?

"Nous essayons de rencontrer nos partenaires et développer des initiatives. Nous avons des bourses, des challenges, nous accueillons des stagiaires, avons été impliqués dans l’école des mathématiques…", énumère le responsable du site. "Et même si ce n’est 'que' un data center, nous faisons appel à des emplois très spécialisés dans l’informatique", explique Frédéric Descamps. De manière plus indirecte, la venue du géant américain aurait aussi des conséquences positives sur la formation. "Il y avait notamment des interrogations à leur arrivée sur la possibilité de trouver assez de personnel ayant un certain niveau d’anglais. On constate que beaucoup d’efforts ont été accomplis dans la région", précise-t-on chez IDEA.

Nous avons encore des projets plein les cartons et encore de l’espace disponible. Cela ne veut pas dire qu’ils vont tous aboutir mais l’objectif est de pérenniser le site.
Frédéric Descamp
Data Center Facilities Manager

Quel avenir pour le site?

Avec ce nouvel investissement, le message envoyé par le géant est assez clair. "Nous avons encore des projets plein les cartons et encore de l’espace disponible. Cela ne veut pas dire qu’ils vont tous aboutir mais l’objectif est de pérenniser le site", explique Frédéric Descamps. En février, Google semblait également faire des recherches pour l’implantation d’un nouveau site. Aujourd’hui, l’Américain compte des data centers sur trois autres sites en Europe. Charleroi attirait visiblement une certaine attention. Bonne nouvelle, l’annonce de ce nouvel investissement ne signifie pas la mise à la poubelle du dossier d’une nouvelle implantation. "Mais nous étions simplement au stade de recherche d’un nouveau site, c’est toujours le cas", rappelle le responsable.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n