iBanFirst continue à charmer les investisseurs et lève 21 millions d'euros

Pierre-Antoine Dusoulier, le CEO d'iBanFirst, en est déjà à sa troisième levée de fonds en sept ans.

La fintech franco-belge vient de boucler sa troisième levée de fonds en sept ans. Les 21 millions récoltés s’ajoutent aux 25 millions déjà injectés depuis la création. Encore loin de la rentabilité, l’entreprise mise pour le moment sur la croissance à tout prix. Objectif:100 millions de revenus d'ici deux ans.

Une de plus. Comme désormais tous les deux ans, la scale-up belgo-française iBanFirst vient une nouvelle fois de réaliser une levée de fonds. Et encore une fois, elle est bien plus conséquente que la précédente. Cette fois-ci, une partie des investisseurs historiques et deux nouveaux partenaires ont mis 21 millions d’euros sur la table. Au total, 46 millions d’euros ont donc déjà été injectés dans la fintech spécialisée dans les transactions en devises étrangères. En 2018, 15 millions avaient été levés. Deux ans plus tôt, c’était un peu moins de 10 millions d’euros pour l’entreprise qui compte aujourd’hui 180 travailleurs et assure annuellement le bon déroulement des transactions de 5.000 clients. Le montant total traité dépasse les 3,5 milliards d’euros.

"Il n’est pas exclu qu’une partie de cette nouvelle levée serve à d’autres rachats."
Pierre-Antoine Dusoulier
CEO d'iBanFirst

Depuis sa création, la stratégie de la fintech a toujours été la même : miser sur la croissance à tout prix. "Notre ambition est de rapidement prendre des parts de marché", confirme Pierre-Antoine Dusoulier, le CEO et fondateur de l’entreprise. Fin 2019, la société a d’ailleurs fait l’acquisition d’un concurrent hollandais et d’un autre, allemand. "L’acquisition fait partie des solutions pour grandir. Ces deux rachats ont été un succès, surtout celui aux Pays-Bas. Il n’est pas exclu qu’une partie de cette nouvelle levée serve à d’autres reprises. Sur cet aspect, on fonctionne pas mal à l’opportunisme. Pour le moment, la Hongrie et l’Italie nous intéressent", glisse le patron. 

Pour se faire un nom hors de ses marchés actuels, iBanFirst peut également compter sur ses clients. "En moyenne, ils ont enregistré une vingtaine de partenaires avec qui ils utilisent nos services. Ces entreprises ont souvent, elles aussi, besoin de réaliser ce type de transactions. Il n’est donc pas rare que des clients de clients finissent chez nous."

Objectif 2022

La priorité mise sur la position de l’entreprise permet à iBanFirst d’afficher des chiffres de croissance impressionnants. Il y a quatre ans, ils n’étaient que 16 à travailler pour la société. Si tout va bien, ils seront 300 d’ici la fin de l’année.  " Nos principaux indicateurs doublent chaque année. L’ambition est d’atteindre pour la fin 2022 les 100 millions d'euros de chiffre d’affaires", explique le CEO. L’entreprise en est encore toutefois bien loin. Sur le bilan de 2018 de la société, on peut lire que le chiffre d’affaires affichait un peu plus de 4 millions d’euros avec une perte à reporter de plus de 10,5 millions d’euros.

"Pour 2019, les revenus sont au-dessus de 10 millions d’euros. On s’attend à une croissance comparable pour 2020."
Pierre-Antoine Dusoulier

"Ce chiffre d’affaires est à comparer à celui de l’année précédente qui était autour de 2 millions. Pour 2019, les revenus étaient au-dessus de 10 millions d’euros. On s’attend à une croissance comparable pour 2020. Au final, nous y serons assez vite. Dans le monde de la tech, le potentiel est l'élément qui compte le plus. Ce n’est pas un hasard si on est parvenu à convaincre les investisseurs de nous suivre malgré la crise actuelle", assure le patron. Pour ce qui est de la rentabilité, ce ne sera visiblement pas pour demain. "La question revient souvent. Nous investissons beaucoup dans notre développement commercial et la R&D. On pourrait viser l’équilibre l’an prochain. Mais alors on n’atteindrait pas notre ambition de largement augmenter l’activité", justifie le patron.

Crise limitée

Même si une crise sanitaire est passée par là, l’objectif d’atteindre des revenus à 9 chiffres reste bien réaliste selon Pierre-Antoine Dusoulier. "Au final, nous nous en sortons assez bien. Nous avons beaucoup de clients dans des secteurs qui ont été en forte croissance durant cette période, comme les biotechs. Certains clients dans le tourisme ou l’Horeca ont forcément souffert, mais ces pertes sont plus que compensées par les gains des clients en croissance", assure le patron.

46
millions d'euros
En sept ans, iBanFirst a levé 46 millions d'euros.

Parmi les investisseurs, les fonds Elaia et Bpifrance sont les nouveaux partenaires d'aventure.  iBanFirst peut également compter sur le célèbre investisseur Xavier Niel (fondateur notamment de Free, NDLR) parmi ses actionnaires. Ce dernier, actif depuis la première levée de fonds, n’a toutefois pas renchéri cette fois. "Mais ce n’est certainement pas par manque de confiance", assure le patron. "Il a déjà injecté plusieurs millions d’euros chez nous, ce qui, comparé à ses investissements habituels, est élevé." Si cela intéresse l'investisseur français, le prochain tour de table pourrait tomber bien plus rapidement que d'habitude. "Il n'est pas impossible qu'on réalise un complément cette année pour nous amener à 50 millions levés en 2020", lance Pierre-Antoine Dusoulier.

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