portrait

Jason Citron, le geek discret que Microsoft rêve de séduire

Le créateur de Discord, l'un des réseaux sociaux les plus en vue, est courtisé par de grandes firmes. Mais Jason Citron cultive une image de geek discret et passionné.

Microsoft a faim de réseaux sociaux. Son appétit devient difficile à cacher avec une troisième tentative en moins de 12 mois pour s’emparer d’un réseau en vogue. Après l’échec des négociations avec TikTok et Pinterest, Microsoft aurait jeté son dévolu sur Discord. Disquoi? Dis-cord. C’est l’un des réseaux en pleine croissance, avec Twitch. Ils ont tous les deux la particularité d’être des réseaux sociaux dédiés initialement aux gamers.

Le profil

2004: Il étudie le développement informatique à l’université de Full Sail.

2008: Il lance son premier réseau, OpenFeit.

2015: Il fonde Discord à San Francisco.

2020: Il réalise une levée de fonds de 100 millions de dollars.

2021: Il est en discussion pour revendre Discord 10 milliards de dollars à Microsoft.

Le jeu vidéo, c'est un domaine que connaît bien Jason Citron. Passionné de jeux vidéo et développeur, il a d’abord lancé OpenFeit, un mini réseau social consacré au gaming pour les utilisateurs d’Apple. Après l’avoir revendu en 2011 pour la modique somme de 104 millions de dollars, il a décidé de créer sa propre entreprise de développement de jeu, baptisée Hammer & Chisel. C’est là qu’il découvre le plus grand problème des joueurs de jeux vidéo: la communication pendant les parties.

À l’époque, le très lent Skype et le très lourd Teamspeak servent de lieux de rencontre et d’échange pour les gamers, faute de mieux. Alors en 2015, quand Jason lance Discord, qui est gratuit, peut s’utiliser en ligne, est super rapide et facile à utiliser, le succès est phénoménal. Au point de faire sauter dès les premiers jours les serveurs de l’application en raison d’une demande exceptionnelle.

Un nom qui sonne bien

"Nous avons choisi ce nom parce qu’en fin de compte, il sonne bien et a un rapport avec la conversation", raconte Jason Citron dans une rare interview. "Nous avions un tas de noms que nous avons fait circuler, mais choisir un nom pour un produit est un processus compliqué. On veut un nom facile à dire, à épeler, à retenir, en rapport avec la fonction du produit, disponible pour un dépôt de marque et doté d’un site web que vous pouvez obtenir. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte et nous avons eu plusieurs candidats différents. Discord répondait à tous les critères que nous avions et nous sommes tombés amoureux du nom." Parfois, c’est finalement très simple de trouver un nom.

Le réseau fonctionne sous forme de canaux et sous-canaux de discussion, à l’image de l’application Slack qui petit à petit remplace les emails en entreprise. On y discute dans un chat et surtout à voix haute, pendant que l’on joue. Très rapidement, des millions de joueurs l’ont adopté comme leur plateforme de communication. Aujourd’hui, Discord annonce avoir plus de 100 millions d’utilisateurs actifs par mois.

L’homme mystère

On en sait beaucoup sur cette plateforme, mais très peu sur son créateur, Jason Citron. Il ne possède même pas de page Wikipédia, un comble pour un entrepreneur tech. Il faut dire que l’homme se fait discret, dans la plus pure tradition du geek terré dans sa chambre. Sauf qu’avec l’intérêt de Microsoft, qui rêve de s’emparer d’un réseau comme Discord pour l’associer à sa Xbox, l’homme va devoir s’exposer.

Ce qui a convaincu Microsoft

Avec plus de 100 millions utilisateurs actifs par mois, 6,7 millions de serveurs actifs et 4 milliards de minutes de conversations hébergées chaque jour sur sa plateforme, Discord connaît un succès phénoménal.

Si l’intérêt pour Discord ne date pas d’hier, l’année 2020 est clairement celle de la révélation pour le réseau social, qui est sorti du giron des amateurs de jeux vidéos. Son audience a explosé pendant la pandémie, grâce aux besoins accrus d'outils de communication, vidéo et audio. Des groupes d'amis s'y connectent désormais pour regarder un film ensemble ou travailler. Les utilisateurs paient désormais un abonnement pour se servir du réseau, qui n'a pas de publicité et comporte un logiciel de transcription automatique.

Pour couronner l’année 2020, la société basée à San Francisco a annoncé avoir levé 100 millions de dollars. Mais sa réputation a été ensuite un peu ternie par l'arrivée de supporters extrémistes de Donald Trump, bannis en masse des plateformes dominantes comme Facebook. Pas de quoi refroidir Microsoft, qui espère bien conclure après ses deux précédents râteaux.

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