interview

Kevin Kelly: "La réalité virtuelle arrive. À grand échelle"

©Christopher Prentiss Michel

Si avec un "like" sur Facebook nous diffusons déjà une grande partie de nos informations intimes, vous verrez quand la réalité virtuelle apparaîtra. "La quantité de données personnelles qui sera collectée est carrément immense, prédit Kevin Kelly. Mais cela arrivera, parce que c’est inévitable."

Si la Silicon Valley devait avoir un philosophe maison, Kevin Kelly serait en bonne place pour occuper ce poste. Avec son look atypique, on ne penserait peut-être pas immédiatement à lui, mais à 65 ans, cet auteur de nombreux livres est depuis plusieurs décennies l’un des penseurs les plus influents de la technologie et du techno-optimisme. Lorsqu’il était jeune (et hippie!), Kelly a participé à la rédaction du Whole Earth Catalog et de la Whole Earth Review, des magazines cultes qui ont entre autre inspiré Steve Jobs. Au début des années’ 90, il a également participé à la création de Wired, le magazine préféré de tous ceux qui voulaient faire partie du monde technologique, et où il porte encore le titre de "senior Maverick". Tim Ferriss, le gourou de "self-help" préféré des entrepreneurs tech, et qui conseillait à tout le monde de ne travailler que quatre heures par semaine, qualifie Kelly de "probablement la personne la plus intéressante au monde".

Les visionnaires ont-ils toujours raison?

Découvrez leurs prédictions pour les dix années à venir dans notre dossier spécial.

Dans son dernier livre, "The Inevitable", publié il y a deux ans, Kelly énumère 12 tendances technologiques inévitables qui façonnent notre monde. N’ayez crainte, ce n’est pas une collection de vocables à la mode. Kelly aurait pu nommer ses chapitres "Intelligence Artificielle", "Réalité Virtuelle" ou "Blockchain", mais pour décrire ces tendances, il a opté pour des verbes comme "Becoming" (moins de produits et davantage de services), "Cognifying" (plus intelligent grâce à l’intelligence artificielle, omniprésente et bon marché) et "Tracking" (technologies de surveillance à grande échelle, au bénéfice de la société).

Pour Kelly, l’avenir ne serait pas aussi angoissant que certains le laissent supposer. Au téléphone, depuis son bureau à Pacifica, une petite ville balnéaire au sud de San Francisco, Kelly regrette que nous recevions, notamment via Hollywood, une image très négative de la société du futur. Ce n’est pas sa vision. Même si les humains continuent toujours à utiliser la technologie comme une arme, le progrès nous apprend que le résultat est globalement positif.

Vous êtes connu pour être un optimiste "tech" invétéré. Dans le climat actuel, n’est-il pas trop difficile de rester positif au sujet de l’impact des technologies sur notre vie?

Est-ce que vous faites allusion à la débâcle concernant Facebook?

Notamment, ainsi qu’au malaise plus large envers les grands monopoles technologiques.

On peut comparer les récents événements à une correction boursière que l’on attend depuis quelque temps déjà. Et soit dit en passant, c’est parfois nécessaire. Les gens ont compris comment le modèle fonctionnait et agiront désormais sans doute de manière un peu plus réfléchie et consciente. Cela devrait entraîner de nouvelles réglementations, même si nous n’en connaissons pas encore les détails. C’est bénéfique, et cela nous donne l’occasion d’améliorer les choses.

Les plates-formes de la taille de Facebook sont un tout nouveau type d’institution. Elles sont une sorte de structure hybride entre une entreprise et une autorité publique, avec des privilèges et des responsabilités. Et c’est à nous, le grand public, qu’il revient de définir ce que nous voulons en faire. C’est le début d’un très long processus. En tout cas, je ne vois pas les gens décider massivement de renoncer aux réseaux sociaux. Même si des dizaines de millions de personnes le font, elles ne représenteront qu’une infime minorité.

Estimez-vous que les réseaux sociaux sont un atout ou un problème pour la société?

Je n’ai jamais considéré les réseaux sociaux comme les sauveurs de la démocratie, et encore moins comme ses fossoyeurs. Je pense que les réseaux sociaux ont amélioré notre vie de 1%. Ça va donc dans le bon sens, même si l’impact est très limité.

Qu’entendez-vous par 1% d’amélioration? Comment arrivez-vous à ce chiffre?

Chaque technologie crée autant de problèmes que de solutions. Mais si nous faisons en sorte de créer 51% de positif et 49% de négatif, nous pouvons parler de progrès. Même si la différence ne saute pas aux yeux, elle est bien présente. Comment le savons-nous? En nous référant à l’histoire. Nous y trouvons la preuve que ces technologies améliorent légèrement notre vie. Et ce petit plus – ce 1% – année après année, donne la civilisation. Si vous n’écoutez pas les actualités et que vous vous basez uniquement sur les faits, vous constaterez que nous progressons.

CV | Kevin Kelly, 65 ans

Kevin Kelly est l’un des fondateurs du magazine technologique Wired, où il porte encore le titre de "senior maverick". Il a contribué aux magazines culte Whole Earth Catalog et Whole Earth Review dans les années 1980, et a publié une dizaine de livres sur la technologie, la photographie et la cyberculture, notamment "New Rules for the New Economy" (1999) et "The Inevitable" (2016). En 2002, il a conseillé Steven Spielberg pour le film de science-fiction Minority Report.

Kelly est aussi impliqué dans la All Species Foundation, qui veut cataloguer et identifier tous les êtres vivants sur Terre, dans le projet Rosetta, qui construit des archives de toutes les langues humaines, et dans The Long Now, une fondation qui prône une vision à long terme. Ce dernier a développé, entre autres choses, une horloge qui sera encapsulée dans une montagne au Texas et tournera pendant 10.000 ans, et il travaille sur un projet visant à faire revivre des animaux éteints tels que le mammouth.

Prenez simplement le nombre de personnes qui utilisent Facebook tous les jours. Elles le font parce qu’elles en tirent au minimum un petit avantage, non? Je ne pense pas que 2 milliards de personnes l’utiliseraient si cela leur faisait du tort.

Et si elles sont manipulées et en deviennent dépendantes?

Oui, si nous étions frappés par une malédiction et que nous agissions contre notre volonté. C’est comme avec le sucre. Tous ceux qui mangent du sucre deviennent-ils fous? En soi, le sucre est-il dangereux? Non, mais il exige des règles et de la modération. Et c’est ce que nous apprenons aujourd’hui avec les réseaux sociaux. Les deux contribuent à notre bien-être.

Peut-on dire que les réseaux sociaux font leurs maladies de jeunesse?

Tout à fait. En fait, ils n’existent que depuis 3.000 jours. Nous ne savons tout simplement pas encore en quoi ils vont améliorer notre vie. Ils sont comme un enfant de deux ans. Et vous n’évaluez pas les gens sur base de leur comportement quand ils ont deux ans. Ce serait même dangereux. Il y a beaucoup d’hystérie dans les reproches que l’on fait à Facebook, quand on estime qu’ils auraient dû tout prévoir. Nous avons besoin d’une nouvelle forme d’alphabétisation pour les réseaux sociaux, et cela peut encore prendre plusieurs années. Quand nous sommes enfants, nous avons aussi besoin de plusieurs années pour apprendre à lire et à écrire, et cela demande de la pratique et des professeurs.

Est-ce un processus incontournable pour chaque nouvelle technologie?

Ce fut déjà le cas avec la télévision. Les gens ont fini par comprendre que ce n’est pas une bonne idée de laisser un enfant huit heures par jour devant la télévision, car les conséquences à long terme sont négatives. Nous sommes en train de vivre un nouveau cycle d’apprentissage collectif. Ce dernier est important. Je m’attends à ce que nous passions par le même processus lorsque la réalité virtuelle finira par percer. C’est aussi un tout nouveau média. C’est bien plus que regarder tout simplement un écran. Elle sollicite une autre partie de notre cerveau que par exemple la lecture. Nous aurons besoin d’un tout nouveau panel de compétences pour la réalité virtuelle. Nous serons à nouveau confrontés au risque important de surréaction: nous serons absorbés par cette technologie, elle aura une trop grande influence sur les enfants. De plus, la réalité virtuelle collectera nécessairement encore plus de données personnelles. Aujourd’hui, les gens se fâchent déjà parce que leurs "like" sont enregistrés. Attendez la réalité virtuelle. Chaque micro-expression, chaque doute exprimé dans vos muscles, votre regard, le mouvement de vos pupilles: tout votre comportement sera scanné et enregistré. La quantité de data collectées sera tout simplement gigantesque, et les données seront très "personnelles".

Allons-nous accepter ces effets collatéraux et même nous en réjouir? Tout comme nous l’avons fait avec les réseaux sociaux?

En effet. C’est inévitable. Cette technologie arrive. Mais sa portée dépendra de nous. De même, les réseaux sociaux sont inévitables. Mais les règles qui les régissent, notre politique à leur égard, nos attentes au niveau culturel sont des choix que nous devons opérer, et qui feront la différence. Nous n’avons pas le choix de savoir si elle arrivera ou non, mais bien de la forme que nous lui donnerons. Lorsque vous grandissez, vous n’avez pas le choix: vous passez du stade de bébé à enfant, et ensuite vous devenez adolescent. Mais vous pouvez choisir, du moins pour la plupart d’entre nous, quel type d’adolescent vous serez. Ce sera la même chose avec la réalité virtuelle. Elle arrivera, à grande échelle. Je pense que la plupart des gens – employés et ouvriers – commenceront par vivre avec une sorte de réalité virtuelle mixte à leur travail, avant qu’elle ne devienne omniprésente dans les maisons. La technologie n’est qu’à un stade précoce et difficile à gérer, les prix doivent encore baisser. Mais les entreprises du secteur essaient déjà de réduire les prix car il y a beaucoup d’argent à gagner.

Si je comprends bien, l’évolution de la technologie est inéluctable, mais c’est nous qui en définirons les contours. Est-ce la raison pour laquelle vous décrivez les tendances en utilisant des verbes?

Exactement. Pour prendre une métaphore: s’il pleut dans une vallée, il est scientifiquement impossible de prévoir le trajet d’une goutte d’eau. Mais sa direction est claire: elle tombera sur le sol. De la même manière, nous ne pouvons pas prédire quelles sont les entreprises qui créeront les technologies et quels produits elles fabriqueront. Par exemple, la téléphonie était inévitable, mais pas l’iPhone. Internet était inévitable, mais pas Twitter. C’est pourquoi j’ai choisi d’utiliser des verbes. Prenez l’intelligence artificielle. En réalité, elle se résume à rendre les objets plus intelligents à long terme, un peu à la manière de l’évolution. En d’autres termes, la réalité virtuelle, c’est de l’interaction. Nous voulons maximiser nos interactions avec nos appareils, et le sommet consistera à ne faire qu’un avec notre ordinateur.

Si nous nous focalisons sur l’inévitabilité des choses, les progrès technologiques apparaissent comme un train qui fonce et sur lequel nous n’avons aucun contrôle.

Cela peut être angoissant, mais la vraie direction des choses est définie par les lois de la nature, de la physique et de la chimie. Revenons à une expérience de réflexion classique: que se passe-t-il si vous rembobinez le film de l’histoire et que vous recommencez à un moment précis? Aurez-vous dans ce cas un monde complètement différent? Pour moi, la réponse est non. Vous ne verrez pas naître les mêmes produits, mais le monde prendra la même direction. Toutes les civilisations finiront par découvrir l’électricité. Et ensuite les fils, les interrupteurs et la radio. Il y a une séquence naturelle pour les découvertes. Vous ne pouvez pas inventer la radio si vous n’avez pas encore découvert l’électricité.

Revenons à l’intelligence artificielle. Elle crée une espèce de chape d’angoisse. Pourquoi?

Notre culture fait que notre image de l’avenir est grandement façonnée par les meilleurs conteurs de notre époque, en d’autres termes, Hollywood. Les auteurs de science-fiction ont appris que les histoires qui se vendaient le mieux étaient celles qui nous promettaient un avenir dystopique rempli de catastrophes. C’est pourquoi tous les récits futuristes créent de l’angoisse. Je ne connais aucun monde fictif futur où l’avenir est positif, et dont vous pourriez penser: c’est dans ce monde que je veux vivre. À l’exception de Star Trek peut-être, mais l’histoire se passe sur une autre planète. Cette tendance à présenter l’avenir comme truffé de catastrophes complique le développement de l’AI et de la RV, des voitures volantes et des thérapies géniques, car nous n’en avons aucune représentation. C’est pourquoi j’essaie de créer une vision d’un monde où nous aimerions vivre.

Comment, à l’avenir, l’intelligence artificielle influencera-t-elle concrètement notre vie?

Tout d’abord, c’est un projet qui s’étendra sur plusieurs centaines d’années. L’évolution sera constante et toujours différente. Les choses n’iront pas aussi vite que d’aucuns le suggèrent. L’idée qu’une sorte de super-machine prendra le pas sur l’humain est aussi un mythe. Aujourd’hui, quelques objets stupides deviennent un peu intelligents et ils deviendront de plus en plus intelligents. Ce développement de l’IA sera en grande partie invisible, comme l’électricité. Vous n’y pensez pas, jusqu’à ce qu’elle tombe en panne. Elle se développera en coulisses. Une partie de cette intelligence artificielle pensera différemment de nous. Ce sera une forme d’intelligence étrangère aux humains, ce qui est un avantage. C’est précisément ce que nous voulons. Leur créativité sera étrange, et c’est une bonne chose. De nombreuses tâches que nous réalisons aujourd’hui et que nous trouvons ennuyeuses ou que nous n’aimons pas, pourront être réalisées par les bots. Cela nous donnera plus de temps libre pour des domaines qui n’ont rien à voir avec l’efficacité. L’IA nous aidera à trouver de nouvelles choses dont nous avons envie sans le savoir. Tout comme nous ne savions pas que nous avions envie d’un machin magique dans notre poche capable de tout faire: prendre des photos, envoyer des messages, etc. Personne ne savait que le smartphone deviendrait un objet essentiel dans notre vie. Nous avons découvert ce désir, et nous en découvrirons encore bien d’autres.

Malgré votre optimisme indéfectible, existe-t-il une évolution technologique qui vous empêche de dormir la nuit?

En général, peu de choses m’inquiètent, à part les cyberguerres. Jusqu’à présent, il n’existe aucune technologie qui n’ait été transformée en objet de destruction. La perspective que l’IA soit utilisée comme arme, avec des robots soldats, etc. fait peur. Nous devons être très prudents. Même si je dois reconnaître que je préférerais voir s’entre-tuer des robots soldats plutôt que de vrais soldats en chair et en os. Et l’avantage, c’est que nous pourrons les programmer pour éviter les crimes de guerre. Mais tant de choses peuvent mal tourner.

©Christopher Prentiss Michel

Nous n’avons aucun consensus, aucun accord sur ce qui serait permis ou non en cas de cyberguerre. C’est un concept bizarre d’avoir des lois sur la manière dont on mène la guerre, mais c’est mieux que rien, non? Aucune règle n’existe aujourd’hui pour les cyberguerres, même si les grands pays en mènent déjà. Mais vous pouvez à peine vérifier, car il n’y a aucune forme de responsabilisation. Est-il acceptable de désactiver le système financier d’un pays? Ou de couper son approvisionnement en électricité? Je crains qu’une grande catastrophe ne doive d’abord se produire avant que nous arrivions à des accords.

Puis-je choisir de manière aléatoire une année dans le futur?

Bien sûr!

D’ici 25 ans, c’est-à-dire en 2043, qu’est-ce qui aura changé dans nos vies?

Je pense qu’une grande partie de nos journées sera identique. Le schéma global de notre vie, les contours des rues et de nos maisons, la ville: tout cela sera très reconnaissable. La raison, c’est que pratiquement tout le monde physique a été façonné par la révolution industrielle. À ce moment-là, les atomes de notre univers ont été réorganisés. Le plus grand changement se situera au niveau du contenu: ce que nous ferons dans notre vie, à notre travail, la manière dont nous nous verrons.

Quels seront les changements visibles?

Je pense que dans 25 ans, nous aurons déjà certaines formes de voitures autonomes et de voitures volantes, ainsi que des livraisons par drones. Nous aurons davantage d’écrans dans nos vies. De nombreuses personnes porteront des lunettes intelligentes pour leur travail et leurs loisirs. Nous utiliserons plus de services et nous posséderons moins de choses, tout comme nous le voyons déjà avec les millenials.

Ma fille a 20 ans et presque pas de vêtements dans son armoire. Elle commande des vêtements, les porte et les renvoie. Idem avec les voitures et la nourriture. L’environnement vous les fournira à la demande, et uniquement à ce moment-là. Nous aurons une version citadine de la forêt où les chasseurs-cueilleurs allaient chercher ce dont ils avaient besoin. La seule chose, c’est que nous serons "tracés" et qu’il existera un système qui saura ce dont nous avons besoin et par exemple fera venir notre voiture sans que nous devions la commander.

Vous avez des hobbies fascinants, comme l’étude des cultures de l’Asie centrale. Qu’est-ce qui vous attire tellement dans ces cultures?

En fait, je m’intéresse à toute l’Asie. Je ne sais pas précisément où cela a commencé. Tout d’abord, quand j’étais étudiant, je suis tombé amoureux d’une Chinoise et nous nous sommes mariés. La plupart de mes fans sont aussi asiatiques, j’ai des millions de fans en Chine. C’est aussi la source de mon optimisme. J’ai vu de mes propres yeux comment ces gens avaient réussi à sortir d’une terrible pauvreté pour créer des villes futuristes. J’y vais aussi souvent que possible pour voir ce que sera notre futur. Ce que les Américains et les Européens pensent du monde compte de moins en moins. C’est la vision des Asiatiques qui sera déterminante, et c’est eux qui prendront les décisions. Je veux savoir ce que nous voulons.

Malgré tout, ce que nous entendons de la Chine au niveau technologique est souvent plus qu’inquiétant. Les scores sociaux, la surveillance de masse, les scans faciaux par la police: n’est-ce pas plutôt dystopique?

C’est une interprétation occidentale. Actuellement, avec le système du parti unique en Chine, l’avenir est effectivement dystopique, mais les choses pourraient changer. La Chine essaie de trouver comment civiliser une société transparente, que j’appelle la société de l’information totale. Elle y travaille. Et je pense que les Chinois y arriveront plus vite que nous. Le monde entier va dans cette direction. La Chine l’a accepté. Nous, Occidentaux, nous pouvons penser qu’ils le regretteront, mais il est aussi possible qu’ils nous étonnent. Et j’essaie de ne jamais être surpris. C’est pourquoi je m’y rends très souvent. Je veux savoir ce qu’ils nous préparent.

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