Klarna, la plus grosse fintech européenne, débarque en Belgique

Sebastian Siemiatkowski (à dr.), le CEO de Klarna, compte parmi ses investisseurs le rappeur Snoop Dogg. ©Klarna

Active dans 17 pays, la fintech suédoise Klarna propose, dès ce jeudi, ses services en Belgique. Une vingtaine d’enseignes ont déjà signé pour travailler avec le concurrent européen de PayPal.

La fintech Klarna débarque officiellement en Belgique ce jeudi. Si son nom ne vous dit rien, c’est que la scale-up d’origine suédoise n’est pas encore vraiment un grand nom du milieu bancaire. À la vue de l’engouement qu’elle génère, les choses pourraient néanmoins rapidement évoluer. En se positionnant entre le consommateur et le commerçant, la fintech développe une série de services facilitant les achats en ligne. Son service le plus connu, celui permettant de réaliser un paiement 21 jours après l’achat, sera le premier disponible pour les Belges. Comparable à PayPal, l’entreprise est aujourd’hui active dans 19 pays.

5,5
milliards $
La capitalisation de Klarna dépasse aujourd'hui les 5,5 milliards de dollars grâce notamment à une levée de fonds de 460 millions de dollars réalisée l'été dernier.

Dans un premier temps, une vingtaine d’enseignes, dont AS Adventure et H&M, ont signé un accord avec le Suédois. L’entreprise espère rapidement en convaincre d’autres. L’objectif ne devrait pas être trop compliqué à atteindre pour la société qui favorise aussi bien les collaborations avec les marques populaires que premiums.

À l’étranger, la scale-up compte ainsi parmi ses partenaires des géants comme Sephora, Abercrombie&Fitch, Bose ou encore sa compatriote IKEA. Afin de faire tourner la version belge de la plateforme, une antenne bruxelloise a récemment ouvert ses portes. "Nous avons déjà cinq personnes qui y travaillent. Nous continuons à recruter. Nous avons pris l’habitude d’ouvrir à chaque fois un bureau local dans nos nouveaux marchés. Je trouve plus bénéfique d’avoir une organisation composée de petits bureaux de quelques personnes plutôt qu’un seul grand quartier général pour plusieurs pays", explique Sebastian Siemiatkowski. Ce nom un poil compliqué à retenir est celui du CEO et fondateur de Klarna.

Lancée en 2005, sa fintech est désormais la plus importante d’Europe et la sixième à l’échelon mondial. Aujourd’hui, sa capitalisation dépasse les 5,5 milliards de dollars, en faisant l’un des plus beaux fleurons suédois derrière le créateur de meuble en kit et la société de musique en streaming de référence.

Snoop Dogg et Sequoia convaincus

Bien que la société soit rentable depuis son premier jour, elle multiplie les levées de fonds pour pousser toujours plus la croissance. La dernière date de l’été dernier. À l’époque, le patron d’origine polonaise avait convaincu les investisseurs d’injecter 460 millions de dollars dans sa société. Son projet est désormais soutenu par des investisseurs renommés, dont Sequoia, Bestseller Group et Visa. L’application suédoise a également convaincu des partenaires plus surprenants comme le rappeur américain Snoop Dogg. La star de la NBA Kobe Bryant, décédée en janvier dernier, faisait également partie des actionnaires.

"Les marchés de petite taille sont intéressants. Il est plus facile de créer de la loyauté à partir d’une plus petite communauté."
Sebastian Siemiatkowski
CEO et fondateur de Klarna

Quatorze ans après son lancement, la société suédoise se penche donc désormais avec intérêt sur le plat pays et ses millions de clients potentiels. Une ouverture qui suit la logique du groupe dont la priorité, depuis ses débuts, reste visiblement le Vieux Continent.

Le marché belge ne devrait toutefois pas peser bien lourd dans l’activité du groupe qui compte déjà 85 millions d’utilisateurs, dont six millions de nouveaux inscrits rien que sur le premier trimestre de cette année. "Nous ne considérons pas que la Belgique soit spécialement un petit marché. Nous sommes partis de Suède dont la population est moins importante", rappelle Sebastian Siemiatkowski. "Les marchés de petite taille sont intéressants. Il est plus facile de créer de la loyauté à partir d’une plus petite communauté. La Belgique reste donc un marché intéressant pour nous", assure le patron.

L’effet positif du confinement

La réputation du Belge peu friand d'achats en ligne (en comparaison avec ses voisins européens) n’inquiète d’ailleurs pas vraiment Sebastian Siemiatkowski. "Le genre de services qu’on propose tend justement à diminuer l’appréhension des acheteurs de se tourner vers l’e-commerce", explique-t-il. Pour ce qui est du changement d’opinion sur le commerce en ligne, il a aussi pu "compter" sur le confinement pour donner un coup de pouce. "Nous avons continué à grandir durant le confinement. La digitalisation a été accélérée et plus de personnes ont découvert l’achat en ligne", se félicite-t-il.

Des changements dans les habitudes des Belges qui devraient donc profiter à l’entreprise considérée comme l’une des plus innovantes dans son secteur. Et pas seulement d’ailleurs. Dans son dernier classement mondial des 50 entreprises les plus disruptives, CNBC classait Klarna à la cinquième position.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés