L'atonie du marché du broadcast affecte les revenus d'EVS en 2019

Le carnet de commandes d'EVS est porté par les grands événements sportifs de 2020 comme les JO de Tokyo.

Malgré un marché peu dynamique, la rentabilité d'EVS est supérieure aux attentes et son carnet de commandes, gonflé par les prochains grands événements sportifs de l'année, est prometteur.

Lors d’un avertissement sur résultats mi-novembre, EVS avait annoncé que son chiffre d’affaires 2019 oscillerait entre 100 et 110 millions d’euros, contre des prévisions allant de 110 à 120 millions fin août. De fait, les revenus de la société liégeoise, spécialisée dans les technologies de production vidéo en direct, ont enregistré un recul sensible de 10,9% à 103,4 millions d’euros. C’est inférieur au consensus des analystes qui tablaient sur 107 millions.

Il faut rappeler que les années impaires, pauvres en grands événements sportifs, influencent toujours négativement les résultats d’EVS. Les cars de régie TV ont ainsi représenté 54,1%, les studios 44,6% et les locations liées aux grands événements sportifs seulement 1,3% des résultats.

Marché "flat"

Pour expliquer ce recul, EVS avance l’atonie du marché principalement dans la zone Asie-Pacifique en raison de la situation politique et commerciales, qui entraîne un retard dans les décisions d’investissement, et une transition vers la 4K (l’ultra haute définition) plus lente que prévu. Les clients d’EVS – les grandes chaînes de télévision – sont en effet sous pression en raison de la baisse de leurs recettes publicitaires et de la concurrence des Gafa.

"Nous nous attendons à ce que notre activité principale reste sous pression car nous ne prévoyons pas d'améliorations majeures dans la dynamique de l'industrie."
Serge Van Herck
CEO d'EVS

En revanche, la rentabilité est meilleure que prévu. Le résultat opérationnel, bien qu’en recul de 17,9% à 23 millions d’euros, soit une marge d’exploitation de 22,3%, est supérieur aux prévisions des analystes qui tablaient sur 21,2 millions d'euros, soit une marge de 19,8%. Les charges d'exploitation ont ainsi diminué de 5,3% grâce à une gestion stricte des dépenses et des frais de personnel, indique EVS.

Et si le résultat net recule de 44,2% à 19,6 millions d'euros, c’est parce qu’il avait été favorablement influencé en 2018 par le régime de déduction pour revenus d’innovation (6,6 millions).

Prudence pour 2020

Pour 2020, le management se veut prudent. "Nous nous attendons à ce que notre activité principale reste sous pression car nous ne prévoyons pas d'améliorations majeures dans la dynamique de l'industrie, indique le nouveau CEO Serge Van Herck. Nous prévoyons également que l’Asie-Pacifique continuera à être touchée par un ralentissement du marché."

33,4 millions
euros
Le carnet de commandes d'EVS s’élève à 33,4 millions d'euros, en hausse de 7,3% par rapport à l’an passé.

Le CFO Yvan Absil ne dit pas autre chose: "Notre solide carnet de commandes ne cache pas la lenteur des affaires, car nos clients restent sous pression en matière de coûts", indique-t-il.

Ce solide carnet de commandes s’élève à 33,4 millions d'euros, en ce compris les locations pour les grands événements sportifs de l'été (Euro de football et Jeux olympiques). C’est une hausse de 7,3% par rapport à l’an passé (+18,3% hors locations pour les grands événements sportifs) et c’est supérieur au consensus qui prévoyait 30,9 millions d’euros, mais inférieur au 37,5 millions de 2018 à la même époque (année de Coupe du monde de football). Si bien que, pour l’année en cours, EVS s’attend à un chiffre d’affaires oscillant entre 100 et 120 millions d’euros et à une stabilisation des charges d’exploitation. Prudent, EVS maintient sa politique de dividende – un euro brut pour 2020 et 2021 – "sous réserve des conditions du marché".

Cherche président de CA

Enfin, suite au départ de Pierre De Muelenaere, EVS est toujours à la recherche d’un président de son conseil d'administration. La recherche se poursuit avec l'aide d'un chasseur de têtes. En attendant, le conseil a décidé de nommer Philippe Mercelis comme président ad interim.

Par ailleurs, suite au départ de deux directeurs annoncé début janvier 2020, le CA a décidé de ne pas les remplacer pour le moment. Une réévaluation de la situation sera faite une fois qu'un nouveau président sera nommé, conclut EVS.

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