L'éducation forcée de se réinventer, la tech s'emballe

Avec l'enchaînement des confinements, la manière d'étudier a largement évolué en un an. ©ROBIN UTRECHT

Le Covid a renvoyé étudiants et professeurs à la maison. De quoi chambouler la manière d'enseigner. Une excellente nouvelle pour les start-ups actives dans l'éducation.

Depuis une grosse année, à cause d'un virus, les bancs d'école et auditoires sont des concepts un peu démodés. Du coup désormais, le professeur est en version numérique, les cours en PDF et pour les discussions à l'intercours, merci de passer par WhatsApp. Difficile de chambouler plus le monde de l'éducation qui n'en demandait pas tant. Face à la révolution imposée, il a donc fallu s'adapter. 

Teams, Skype et Zoom sont devenus les meilleurs amis de la plupart des professeurs, tandis qu'une série d'autres outils ont également profité de la situation. Certains sont même devenus des géants. Kahoot ou New Oriental Education sont des noms qui sortent rarement du monde de l'éducation. Le premier vient pourtant de faire son entrée à la Bourse d'Oslo et est valorisé à plus de quatre milliards de dollars. Le second est l'une des entreprises les plus connues du petit monde des Edtech comme on dit dans le jargon. Coté sur le NYSE, sa valorisation dépasse les 25 milliards de dollars.

Offre adaptée à la nouvelle demande

Le potentiel est là. En Belgique aussi. Chez nous, l'acteur le plus célèbre se nomme Wooclap. Focalisée sur le monde académique, la start-up bruxelloise propose une série d'outils pour faciliter le travail des professeurs, notamment via des systèmes d'interaction. "500.000 professeurs à travers le monde utilisent nos solutions et nous avons largement dépassé les 10 millions d'étudiants", explique Sébastien Lebbe, le cofondateur de la start-up.

500.000
Professeurs
Plus de 500.000 professeurs à travers le monde utilisent Wooclap.

Le problème, c'est que la majeure partie de son offre a initialement été pensée pour une utilisation directement au sein de l'auditoire. "On a donc dû rapidement adapter notre offre en la liant notamment aux logiciels de visioconférence", explique le patron. L'entreprise a également revu ses priorités. "On a  accéléré le déploiement de notre plateforme Wooflash, dont le lancement était prévu normalement plus tard. Elle permet aux étudiants de réviser en exploitant les mêmes techniques que celles utilisées pour donner les cours", détaille le responsable. Le jeune patron ne souhaite pas donner de chiffres financiers, mais il assure que l'année Covid a plutôt bien roulé. "Nous sommes passés de 20 à 50 travailleurs et nous serons environ 80 à la fin de l'année. L'usage de nos outils a également été multiplié par cinq en un an", détaille le responsable.

"Nous avons signé en 2020 avec une université dans l'Illinois et deux écoles secondaires aux États-Unis. Ce sont eux qui sont venus spontanément vers nous."
Adrien Fery
Fondateur d'Amanote

Wooclap n'est pas le seul acteur belge à s'être plutôt bien adapté à l'enseignement version Covid. En triplant son chiffre d'affaires sur 2020, Amanote suit la même tendance. La start-up liégeoise s'est notamment fait un nom sur des marchés jusqu'ici inexplorés. "Nous sommes parvenus à toucher les États-Unis. Nous avons signé en 2020 avec une université dans l'Illinois et deux écoles secondaires. Ce sont eux qui sont venus spontanément vers nous", détaille Adrien Fery, le jeune patron. L'entreprise travaille également avec plusieurs universités et hautes écoles belges et quelques noms européens célèbres comme la Sorbonne à Paris ou l'université de Turin. "On envisage désormais de faire une première levée de fonds d'ici quelques mois et lever 500.000 euros pour poursuivre la croissance", explique Adrien Fery.

Lancement en plein Covid

Antoine Cariat a quant à lui profité du moment pour lancer officiellement sa start-up. Son application Easyllabus propose des notes et synthèses de cours en format audio. "L'idée m'est venue quand j'étais étudiant et que je m'enregistrais en récitant mes cours. Je me réécoutais ensuite dès que j'avais du temps", explique-t-il.

D'abord lancée via un simple site, l'entreprise disposait déjà depuis une petite année d'une bonne base d'écoute. "En moyenne, nous tournions à 50.000 écoutes par mois", explique le responsable. Disponible depuis quelques semaines, son application de podcast a rapidement trouvé son premier public. "En deux semaines, on a dépassé les 1.500 téléchargements. L'application fut même dans le top 3 des applications "education" de l'App Store", glisse Antoine Cariat.

"Une fois que vous avez négocié avec l'UCLouvain et l'ULB, vous êtes très vite limités et il est rapidement nécessaire d'aller voir ailleurs."
Sébastien Lebbe
Cofondateur de Wooclap

À la vue de ces trois exemples, le secteur semble porteur. On est pourtant encore loin de l'écosystème rayonnant. Les trois start-ups sont d'ailleurs un peu seules sur le marché belge. Si l'engouement mondial n'est plus à démontrer, les acteurs belges sont encore peu nombreux à tenter leur chance. "Cela peut s'expliquer par la taille et la complexité du marché", explique le patron de Wooclap. "Pour ce qui est du focus sur les universités par exemple, une fois que vous avez négocié avec l'UCLouvain et l'ULB, vous êtes très vite limités et il est rapidement nécessaire d'aller voir ailleurs." Cela tombe plutôt bien. Travailler à distance, ce n'est plus vraiment un problème pour le secteur.

Le résumé

  • Le confinement a été plutôt bénéfique pour les start-ups actives dans l'éducation.
  • À côté des géants internationaux, la Belgique compte quelques jolies initiatives.
  • Wooclap, Amanote , Easyllabus, toutes ont profité de la période pour croître.
  • Le marché belge est toutefois rapidement trop petit.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés