L'Europe enquête sur l'outil de recherche d'emploi de Google

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La Commission européenne a ouvert une enquête préliminaire afin de vérifier si le géant informatique Google n'abuse pas de sa position dominante afin de favoriser son service de recherche d'emploi "Google for Jobs" au détriment de ses concurrents.

Le 13 août dernier, 23 sites d'emploi appelaient la Commission européenne à stopper l'outil de recherche d'emploi de Google , Google for Jobs, l'accusant de concurrence déloyale et abus de position dominante. Il semblerait que leur appel ait été en partie entendu. 

La Commission européenne a en effet ouvert une enquête préliminaire pour vérifier si Google n'abuse pas de sa position dominante pour favoriser son service de recherche d'emploi au détriment de ses concurrents.

"En ce qui concerne 'Google Jobs', notre enquête préliminaire se poursuit", a déclaré une porte-parole de l'exécutif européen, après des commentaires mardi sur ce service de la commissaire européenne chargée de la concurrence, Margrethe Vestager.

La porte-parole s'est refusée à anticiper le moment où l'enquête pourrait aboutir. Si elle s'avérait concluante, elle pourrait conduire à l'ouverture d'une "enquête approfondie", une procédure formelle à l'issue de laquelle Google peut être condamné à payer une amende.

"Depuis le lancement (de Google for Jobs, NDLR), nous avons fait un certain nombre de changements pour répondre aux réactions en Europe", a réagi un porte-parole de Google. "Trouver un emploi peut être difficile, c'est pourquoi nous avons travaillé avec des fournisseurs d'emplois pour créer une meilleure expérience de recherche d'emploi", a-t-il expliqué.

Trouver un emploi peut être difficile, c'est pourquoi nous avons travaillé avec des fournisseurs d'emplois pour créer une meilleure expérience de recherche d'emploi.
porte-parole de Google

Le géant californien a déjà été épinglé à trois reprises par l'exécutif européen, à chaque fois pour abus de position dominante: en juin 2017 pour son service "Google Shopping" (2,42 milliards d'euros d'amende), en juillet 2018 avec son système gratuit d'exploitation pour smartphone Android (4,34 milliards d'euros) et en mars concernant sa régie publicitaire AdSense (1,49 milliard d'euros).

Conflit d'intérêts

Margrethe Vestager a mis en garde ce mardi lors d'un discours à Berlin contre les plateformes comme Google qui "agissent à la fois en tant que joueur et arbitre". "Il y a là un conflit d'intérêts évident, une tentation évidente d'ajuster le fonctionnement de la plateforme, de favoriser ses propres services avant les autres", avait-elle ajouté, comme Google l'a fait "lorsqu'il a utilisé la puissance de son moteur de recherche pour favoriser son propre service de comparaison" Google Shopping.

"Nous cherchons actuellement à savoir si la même chose s'est produite dans d'autres secteurs d'activité de Google, comme le secteur de la recherche d'emploi connu sous le nom de 'Google for Jobs'", a-t-elle précisé.

La porte-parole de la Commission a précisé que le cas "Google Shopping" offrait à Bruxelles "un cadre pour examiner également d'autres services de recherche spécialisés", comme "Google jobs" et "local search".

"Ce que la Commission a constaté, c'est que ces différents services spécialisés ont des points communs, mais aussi des différences importantes. Nous devons examiner chacun de ces services individuellement", a-t-elle ajouté.

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