L’événementiel s’effondre, Konligo rebondit grâce à la R&D

Les structures développées par Konligo ont déjà été utilisées en festival et encore cette année lors du concept "My garden festival".

Spécialisée dans la production de tentes pour l’événementiel, Konligo subit de plein fouet la crise sanitaire. L’activité passée au ralenti, les mois de confinement ont été consacrés à la R&D. Un choix payant.

L’été musical aura donc été pourri. Décevant pour les festivaliers, inquiétant pour les artistes et catastrophique pour tout un secteur, le constat est désormais bien connu. Du côté des perdants, les sous-traitants font également la grimace. En rencontrant le fondateur de Konligo, une start-up spécialisée dans le développement de tentes pour l’évènementiel, on ne s’attendait donc pas vraiment à la mine des grands jours. Mais malgré la situation, Aushim Koumar, le fondateur de la jeune pousse, reste plutôt optimiste.

"Nous sommes en discussion avec un très gros producteur de tentes. Nous réfléchissons à un partenariat pour exploiter notre système sous forme de licence."
Aushim Koumar
Cofondateur de Konligo

"Financièrement, la période est forcément difficile, mais on a pu avancer sur un tas de projets. À long terme, ce confinement pourrait même être positif", lance-t-il. S’il garde de l’espoir, c’est qu’il n’a pas chômé durant ces derniers mois de pandémie. Konligo n’offre pas vraiment des tentes comme les autres. La start-up de cet ingénieur de formation s’appuie sur une structure en ciseau, une technologie qui fut au centre de ses recherches durant son doctorat à la VUB. Le système a l’avantage de permettre un déploiement ultrarapide avec un style raffiné, assez loin du haut-vent et de la tente pagode bas de gamme de jardinerie. "À l'origine, nous cherchions un système permettant un déploiement rapide tout en étant robuste. Nous avons rapidement constaté que l’aspect esthétique était une vraie plus-value", glisse le patron.

Nouveaux marchés en vue

Officiellement sur les rails depuis deux ans, la société devait encore rectifier quelques erreurs de jeunesse et perfectionner son produit. "Ce que nous avons pu faire durant cette période. Nous avons fait en trois mois ce que nous avions prévu sur toute une année", explique Aushim Koumar qui s’est appuyé sur les commentaires de ses clients pour améliorer son offre. "Nous avons optimisé le processus de production et travaillé sur l’étanchéité, notamment lorsqu’on combinait plusieurs modèles. Le plus gros travail s’est toutefois fait sur le système de déploiement qui sera bientôt automatisé. Il sera alors possible de déployer la tente seule, juste avec un petit moteur." Une évolution qui n’a rien du gadget pour le patron. "Notre système est visuellement très intéressant quand il se déploie. On pourrait donc imaginer une structure qui s’ouvre au milieu d’un spectacle ce qui offre de nouveaux débouchés", assure-t-il.

"Nous avions réalisé une levée de fonds de 400.000 euros en début d’année. Cela nous permet de voir les prochains mois assez sereinement."
Aushim Koumar
Cofondateur de Konligo

Les innovations devraient permettre à Konligo de s’installer encore un peu plus sur le marché. "Nous avons déjà une grosse vingtaine de clients, essentiellement en Belgique mais aussi en France et au Royaumes-Uni." Parmi ses partenaires, l’entreprise compte également quelques pointures dont EasyFairs et BME (Brussels Major Events), les deux plus grosses organisations belges dans l’événementiel. "Nous sommes également en discussion avec un très gros producteur de tentes belges. Nous réfléchissons à un partenariat pour exploiter notre système sous forme de licence", glisse encore Aushim Koumar. "Nous devions normalement aussi être sur sept festivals en France cet été."

Levée de fonds salvatrice

Le Covid-19 en a décidé autrement. Depuis mars, les rentrées financières sont désormais proches de zéro. "Notre chiffre d’affaires a chuté à environ 20.000 euros. Nous étions à 100.000 l’an dernier et visions l’équilibre pour début 2022. La crise a retardé nos plans de neuf à douze mois", explique le fondateur. Problématique, mais pas dramatique, assure-t-on du côté de l’entreprise qui compte désormais sept travailleurs. "Nous avions réalisé une levée de fonds 400.000 euros en début d’année. Malgré la pandémie, tous les investisseurs, à l’exception d’un, nous ont suivis. Cela nous permet de voir les prochains mois assez sereinement."

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