L'intelligence artificielle a son plan stratégique... à 1 milliard d'euros

L'intelligence artificielle s'organise en Belgique. ©BELGAIMAGE

Une coalition spécialisée dans l’intelligence artificielle a récemment vu le jour en Belgique. Elle vient de formuler une petite cinquantaine de propositions pour développer l’IA dans notre pays. La coalition estime qu’il faudrait investir un milliard d’euros jusqu’en 2030.

L’heure est à la stratégie. À quelques semaines des élections, c’est probablement le moment idéal pour faire entendre ses revendications. Lundi, c’était au tour des spécialistes de l’intelligence artificielle de présenter les éléments qui sont à leurs yeux indispensables pour ne pas se faire larguer dans le développement de l’IA. Il y a quelques mois, ils se sont réunis dans une coalition pour faire le point. Formée sous l’impulsion des ministres de l’Agenda digital Alexander De Croo et Philippe De Backer (tous deux Open VLD), l’"AI 4 Belgium Coalition" rassemble une quarantaine de représentants d’entreprises, d’universités et d’autres acteurs publics. Du beau monde dans lequel on retrouve quelques pointures comme Marc Raisière (Belfius), Thierry Geerts (Google) ou encore Pieter De Leenheer, cofondateur de Collibra, la scale-up belge devenue récemment première licorne tech.

"On peut toujours dire qu’on s’y prend trop tard mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire."
Joseph Fattouch
Membre du cabinet De Croo

La réflexion a mené la coalition à présenter une petite cinquantaine de propositions afin de développer l’intelligence artificielle en Belgique. Celles-ci sont organisées autour de cinq grandes thématiques: redéfinir un pacte pour l’éducation, développer une stratégie de données responsables, soutenir l’adoption dans le secteur privé, améliorer les services publics et innover/diffuser. Si les propositions sont parfois très générales, la coalition lance également quelques idées beaucoup plus précises comme l’intégration du codage en tant que langue obligatoire à l’école ou le développement d’un MOOC (cours en ligne gratuit) afin d’introduire 1% de la population à l’IA. Un focus éducatif visiblement essentiel pour Pieter De Leenheer, le cofondateur de Collibra. "L’éducation et la recherche sont très importantes dans ce domaine. Nous investissons nous-mêmes dans la recherche avec un programme de la VUB", confie-t-il.

Un milliard d’euros

L’intelligence artificielle s’organise donc. Enfin, diront les plus critiques. "Effectivement, d’autres pays sont déjà plus avancés. On peut toujours dire qu’on s’y prend trop tard mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire", explique Joseph Fattouch, membre du cabinet De Croo et coordinateur du mouvement. "Il ne s’agit pas de donner une loi mais plutôt des pistes à explorer. Le soutien des acteurs du secteur était donc indispensable pour former des propositions. C’est certain, l’IA va prendre de l’importance dans l’agenda digital pour la prochaine législature", ajoute De Croo.

Outre les propositions, le groupe s’est également penché sur les moyens nécessaires. Le besoin est estimé à un milliard d’euros jusque 2030. "Nous nous sommes basés sur les investissements par habitant qui se font dans trois autres pays européens. Le chiffre lancé comme ça peut paraître important mais cela correspond à ‘seulement’ 80 millions d’euros par an. En associant les différentes entités, c’est relativement peu. On considère que c’est un minimum nécessaire", précise Joseph Fattouch.

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