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L’intelligence artificielle, notre espoir face à la pandémie

Pour lutter contre les épidémies qui suivront celle du Covid-19, nos Etats doivent dès à présent orienter leurs stratégies autour du développement de l'intelligence artificielle.

C’est peut-être la dernière fois que l’humanité devra faire face à un risque de pandémie grâce à l’avènement de l’intelligence artificielle.

Badr Boussabat.

En 2019 déjà, le Covid-19 avait été détecté précisément grâce à l’intelligence artificielle (IA) de l’entreprise Bluedot et ce, bien avant les autorités publiques ou l’Organisation mondiale de la santé.

En pratique, Bluedot avait récolté un volume titanesque de données sur les réseaux sociaux et puisé des avis médicaux dans des dizaines de langues. Les données avaient ensuite été analysées en fonction de plusieurs paramètres comme l’authenticité ou encore la région géographique, pour aboutir, in fine, à l’affirmation de l’existence d’un virus virulent. Une information qui n’avait été confirmée qu’en bout de course par des médecins. L’outil prédictif de Bluedot n’en était, du reste, pas à son premier succès. En 2016 déjà, l’entreprise avait prédit la propagation du virus Zika au Brésil et en Floride.

Plusieurs Etats asiatiques, dont la Chine, Taiwan ou encore Singapour, ont d’ores et déjà saisi l’importance de l’IA ; autant de pays qui sont aussi ceux en train de sortir de l’épidémie. Mais ce qui est sans doute le plus extraordinaire, c’est leur capacité à n’avoir exigé aucune mesure de confinement total, contrairement aux Etats européens.

L'exemple de Singapour

Si l’on se tourne vers le passé, en Belgique comme en France, nous avons subi une pénurie de masques et de kits de test. Des pénuries auxquelles l’IA aurait pu répondre avec une efficacité déconcertante comme le montre l’exemple singapourien.

Des IA comme " Beampro » permettent de réduire le risque d’engorgement dans les hôpitaux et augmentent l’efficacité organisationnelle du personnel médical en optimisant le temps disponible.

Dans cette cité-Etat, les autorités publiques ont déployé une intelligence artificielle intitulée « Beampro ». Cette IA est capable d’interagir et de prendre en charge les patients dans plusieurs langues. Ce dispositif robotique permet notamment de nettoyer les chambres ou encore de délivrer le traitement médicamenteux au patient, sans le mettre en contact avec le personnel infirmier.

En période de pénurie de masques, cela aurait permis de réduire drastiquement la contamination interpersonnelle. Rappelons à cet égard qu’en Italie des dizaines de médecins et infirmiers ont succombé parce qu’ils avaient été exposés au virus, faute de masques.

Des IA comme " Beampro » qui aident à réduire le risque d’infection permettent aussi de réduire le risque d’engorgement dans les hôpitaux. Et dans le même temps, elles augmentent l’efficacité organisationnelle du personnel médical en optimisant le temps disponible.

Détecter le virus en 20 secondes

Un autre exemple est venu de Chine. Le géant Alibaba y a développé, dans plus de 100 hôpitaux, une IA capable de détecter le coronavirus en 20 secondes, avec un taux de réussite qui dépasse les 96%. Cet équipement a ainsi permis une détection précoce et un accroissement prodigieux des capacités de test. Ce qui a mené à une meilleure évaluation du risque de propagation du virus et, in fine, une prise en charge optimale des patients. L’impact de cette IA a par ailleurs contribué à accroître le temps disponible des infirmiers de l’ordre de 60%.

Il serait opportun, dès à présent, d’intégrer et généraliser l’intelligence artificielle dans toute la société. Notamment, dans le secteur de la santé.

Au regard de ces réussites, nos Etats doivent orienter leurs stratégies autour de l’intelligence artificielle, ce qui contribuera certainement à sauver des millions de vies. De fait, nos structures n’ont pas significativement évolué avec une stratégie anti-épidémique qui reste très similaire à celle des temps médiévaux. A l’inverse, ni Taïwan ni Singapour, pour ne citer qu’eux, n’ont établi de confinement total. Qui plus est, certains de ces pays comptent à ce jour un nombre limité de décès alors qu’ils furent parmi les premiers pays exposés au coronavirus.

Il y a encore de l'espoir...

Cette approche, conjuguant l’usage de l’intelligence artificielle à une coordination harmonieuse entre les secteurs public et privé, devrait nous inspirer. Il serait opportun, dès à présent, d’intégrer et généraliser l’intelligence artificielle dans toute la société. Notamment, dans le secteur de la santé. C’est l’espoir que nous devons promettre aux générations futures qui doivent disposer de capacités intelligentes pour lutter contre les épidémies à venir. Tant dans la détection que dans la prédiction.

Et il y a encore de l’espoir. En Belgique, par exemple, EisphorIA propose un service qui donne la possibilité de parcourir des milliers d’articles scientifiques liés au nouveau coronavirus pour y détecter les tendances clés. En France, Microsoft tente, de son côté, de créer une IA dont l’objectif est de faciliter la détection des patients infectés par le Covid-19. C’est ce genre d’initiative qui nous permettra un jour nous libérer  complètement des stratégies de confinement.

Badr Boussabat
Economiste, entrepreneur et auteur
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*L'intelligence artificielle - Notre meilleur espoir, Badr Boussabta, Ed. Luc Pire, 18 euros.

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