L'introduction de la 5G est une urgence pour les entreprises

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L’imbroglio politique et communautaire belge empêche le lancement des enchères pour la 5G en Belgique. Le secteur technologique prend du retard dans la phase de test de cette nouvelle génération de l’internet mobile.

Faute d’accord politique et plus encore de gouvernement, le dossier de la mise en place de la 5G dans notre pays est plus qu’au placard, il semble totalement paralysé. Et comme de toute évidence les entités fédérées ne semblent pas totalement sur la même longueur d’onde, il ne semble pas prêt d’en sortir. Certes, lors de leur récente rencontre, Jan Jambon, président flamand et Elio Di Rupo, son homologue wallon ont inscrit la question en haut de leur liste de priorités. Mais encore faudra-t-il accorder les violons avec la Région bruxelloise, où les normes d’émission imposées actuellement rendent de facto l’implantation de la 5G impossible. Dixit l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT).

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Mais l’imbroglio politique n’est pas le seul frein à la mise en place de la 5G. Sur le plan économique, les opérateurs et les entreprises n’avancent encore que timidement dans une technologie dont on perçoit encore mal la réelle rentabilité. Dans l’état actuel des choses, la Belgique ne devrait lancer l’appel d’offres pour octroyer les licences qu’en 2022, ce qui autoriserait un lancement commercial au mieux en 2025-26. À cette date, la Belgique sera l’une des dernières nations à faire le pas.

Sur le plan économique, les opérateurs et les entreprises n’avancent encore que timidement dans une technologie dont on perçoit encore mal la réelle rentabilité.

C’est trop tard et cela risque de se traduire par des retards, des reports, voire à des délocalisations d’investissements avertit la fédération professionnelle des entreprises technologiques Agoria. Celle-ci a mené une étude avec CapGemini sur les attentes des entreprises en matière de 5G. Elles sont élevées, ce qui rend l’urgence d’autant plus prégnante. Elle démontre notamment que les entreprises sont plutôt bien informées sur les enjeux de la 5G mais encore peu engagées, faute de visibilité. Mais pour la plupart, cette technologie doit permettre d’améliorer le processus industriel et ouvrir de nouvelles possibilités.

Mais sans attendre la mise en place commerciale de ce réseau mobile de dernière génération, les entreprises estiment devoir se préparer afin d’estimer au mieux l’impact de cette technologie sur leurs propres activités et le cas échéant, chiffrer et planifier les investissements nécessaires. Et pour cela, Agoria plaide pour la mise en place de zones "modérément réglementées" dans lesquelles les opérateurs télécoms et les entreprises pourront lancer des actions en matière de 5G de manière accélérée. Agoria préconise une telle ouverture dès le 1er janvier 2020 et ce jusqu’aux enchères pour l’attribution des licences.

Fuite des investissements

"Certaines entreprises risquent de reporter des investissements en matière technologique."
Danny Goderis
Agoria

À défaut, Agoria agite le spectre de la fuite des investissements. "Certaines entreprises risquent de reporter des investissements en matière technologique, de les annuler ou de les délocaliser dans des filiales situées dans des pays plus avancés", avertit Danny Goderis, manager digital pour Agoria. À titre d’exemple, Frédéric Vander Sande, head of telecom pour Cap Gemini et auteur de l’enquête, cite EVS qui développe les fonctionnalités 5G de ses installations en vue des JO de 2020. "Mais cette technologie est mise au point et testée en France et non en Belgique."

De même, l’entreprise aéronautique Sabca a besoin d’une transition rapide vers la 5G, notamment pour ses services de drones. "Il y a quelques semaines, nous avons effectué un vol totalement autonome entre des hôpitaux anversois, une première en Europe, situe le CEO de la Sabca, Thibauld Jongen. Un des gros défis pour ce genre d’expérience est la télécommunication. Nous devons pouvoir compter sur un signal fort et la 4G n’est pas assez fiable pour cela. Nos voisins s’apprêtent à passer à la 5G. Nous risquons donc de perdre notre compétitivité."

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