L'IPO de WeWork retardée

©REUTERS

WeWork devait faire ses premiers pas sur le marché du Nasdaq la semaine prochaine. Face à un problème de valorisation de la société, sa maison-mère The We Company postpose l'opération et évoque une IPO "d'ici la fin de l'année".

Les jours se suivent, mais ne ressemblent pas, dirait-on pour WeWork. Mi-août, le spécialiste américain du coworking, en quête de liquidités, avait publié les documents pour une introduction sur les marchés dès septembre. Objectif: lever entre 3 et 4 milliards de dollars.

20 milliards
dollars
La valeur de WeWork est passée de 47 milliards de dollars lors de la dernière levée de fonds en début d'année à moins de 20 milliards la semaine dernière.

Aujourd'hui, la société fait marche arrière, ou au moins met un frein à l'opération. Selon certaines sources, suite à un problème de valorisation de la société, l'IPO pourrait être retardé au moins jusqu'à octobre. Certains évoquent même un report à 2020. "Ce n'est pas encore 100% certain, mais ça en prend le chemin."

De nombreux investisseurs s'interrogent toujours sur la valeur de l'entreprise, passée de 47 milliards de dollars lors de la dernière levée de fonds, en début d'année, à moins de 20 milliards la semaine dernière. Aujourd'hui, on évoque une valorisation de l'IPO estimée entre 10 et 12 milliards de dollars.

Dans un communiqué publié lundi soir, The We Company, la maison-mère de WeWork, confirme laconiquement. Elle dit attendre avec intérêt sa prochaine IPO, qui devrait être effectuée "d'ici la fin de l'année". La semaine dernière, Softbank son principal actionnaire, avait déjà demandé un report de l'IPO en raison des inquiétudes liées à sa valorisation.

Deux défis

Adam Neumann, CEO et fondateur de WeWork. ©REUTERS

WeWork peine donc à apaiser les craintes des marchés sur son modèle économique et sur sa gouvernance. Pourtant, elle a joué son va-tout vendredi dernier pour sauver son entrée en bourse. Elle a ainsi annoncé une série de mesures pour améliorer sa gouvernance et réduire l'influence de son PDG, Adam Neumann.

> Les droits de vote spéciaux d'Adam Neumann ont été réduits de moitié.
Neumann devra restituer à l'entreprise tout bénéfice obtenu.
> Il a été décidé qu'aucun autre membre de sa famille ne fera partie du conseil d'administration. "Tout PDG qui succédera à Adam sera choisi par les membres de notre conseil d'administration, de façon collégiale. Nous ne nous reposerons pas sur un comité de succession." 

 Cette réforme met donc un terme à la possibilité qu'avait Rebekah Neumann, cofondatrice de WeWork et directrice de marque, de choisir un successeur à son mari.

Mais, outre les questions concernant la gouvernance chez WeWork, les marchés s'interrogent également sur la capacité de la société à gagner de l'argent assez rapidement. Il faut dire qu'elle a essuyé une perte nette de 1,9 milliard de dollars l'an dernier et présentait un déficit de 690 millions au premier semestre de l'année en cours.

Adam Neumann a été capable de lever des milliards de dollars et de les dépenser librement à toute vitesse; et ce tout en conservant le contrôle des opérations grâce à ses actions munies de droits spéciaux.

Touche mitigée 

Cet éventuel retard de l'introduction en bourse ajoute une note pessimiste à un bulletin d'IPO oscillant entre opérations remarquables et opérations décevantes. Cette IPO était censée être la plus importante après les quelque 8 milliards de dollars levés par Uber Technologies et bien devant les 2,34 milliards de Lyft, concurrent d'Uber. Notons que ces deux entreprises ont connu des débuts boursiers calamiteux. 

Quant à WeWork, elle est devenue l'exemple des excès de ces entrepreneurs technologiques à la tête de licorne (ces start-up valorisées à au moins 1 milliard de dollars). Adam Neumann a en effet été capable de lever des milliards de dollars et de les dépenser librement à toute vitesse; et ce tout en conservant le contrôle des opérations grâce à ses actions munies de droits spéciaux.

Roadshow ajourné

Avec ses cafés gratuits, ses canapés et ses cloisons vitrées, WeWork est l'exemple le plus emblématique du "coworking" apparu dans les années 1990 et devenu ces dix dernières années l'une des grandes tendances de l'immobilier de bureaux.

WeWork devait démarrer lundi la tournée de promotion de l'entreprise auprès de potentiels investisseurs pour un baptême du feu prévu la semaine prochaine sur le Nasdaq. Le roadshow est tombé à l'eau.

La société comptait faire échanger ses titres sur le Nasdaq sous le symbole boursier "WE", selon des documents adressés vendredi au gendarme américain des marchés, la SEC. Tout cela est donc remis à plus tard...

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