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analyse

Pourquoi les acteurs étrangers dominent le commerce électronique

©Bloomberg

Amazon, Bol.com, Coolblue,...Aux yeux du consommateur, l'e-commerce regroupe principalement des géants. Comment expliquer cette domination étrangère du secteur?

Que représente l'e-commerce en Belgique? Rien que cette question est épineuse. "Il n'existe en Belgique aucun chiffre permettant d'avoir un débat serein", explique Pierre-Alexandre Billiet, CEO de Gondola. Il évoque les demandes depuis quelques années de créer un baromètre avec des données, sans la moindre avancée. "Nous n'avons aucune vision sur l'apport économique si ce n'est via les chiffres des grands acteurs. La Belgique est totalement aveugle sur ce domaine."

"Nous avons besoin d'une réglementation justement pour aider les petits acteurs à se développer."
Sofie Geeroms
CEO BeComm

On sait tout au plus que 50.000 petites entités (avec moins de 5 salariés) sont en ligne. Les Belges dépensent annuellement quelque 11 milliards d'euros, dont on estime plus de la moitié auprès d'acteurs étrangers. L'e-commerce représente donc 1% du PIB ou 10 à 15% de la consommation. Mais alors, quels sont les freins belges en matière de développement du commerce en ligne?

Les freins belges

Tout d'abord, il y a notre tissu commercial. La Belgique dispose d'un réseau de magasins physiques très développé. Le besoin de devoir répondre à une demande urgente est donc moindre que dans d'autres pays.

Le tissu économique, constitué majoritairement de PME, est une autre réponse. Sofie Geeroms, CEO BeCommerce, pointe l'absence fréquente de conseil d'administration ou d'une expertise extérieure pouvant conseiller ces PME sur le financement, le marketing... "Elles sont concentrées sur leur profitabilité et non sur la croissance, comme aux États-Unis, où la quête de parts de marchés est prioritaire à la profitabilité. Pour une telle croissance, nous avons besoin de technologie certes, mais également d'un état d'esprit."

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L'e-commerce représenterait 1% du PIB belge, 10 à 15% de la consommation belge.

Le commerce en ligne a aussi pâti des années durant d'une désinformation. La pandémie a largement changé la donne. "Il y a seulement 1 ou 2 ans que Comeos ou Unizo soutiennent l'e-commerce", poursuit Sofie Geeroms pour qui cette attitude conservatrice est l'une des causes du manque de prise en compte de la nécessité d'évoluer. La fermeture forcée des magasins a permis à de nombreux consommateurs de découvrir la convivialité du commerce en ligne, entraînant un changement de mentalité.

"Nous n'avons aucune vision sur l'apport économique si ce n'est via les chiffres des grands acteurs. La Belgique est totalement aveugle sur ce domaine."
Pierre-Alexandre Billiet
CEO de Gondola et chargé de cours à la Solvay Business School

Dernier point, la réglementation; point qui est certainement à l'origine des propos de Magnette. Dans l'ombre de l'e-commerce, plane la question du travail de nuit. Qui dit e-commerce, dit achat 24/24h, et donc livraisons "asap".

Et pourtant, Sofie Geeroms affirme que la sortie de Paul Magnette n'affectera en rien les grands acteurs qui trouveront toujours une solution. "Nous avons besoin d'une réglementation justement pour aider les petits acteurs à se développer."

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