La Belgique expose ses pépites à la grand-messe des télécoms de Barcelone

©Simon Souris

Internet des objets, analyse de données, en passant par la R&D qui dope vos smartphones: c’est le programme délivré par les meilleurs représentants du pays au Mobile World Congress de Barcelone.

BICS | Hub de la voix, des SMS et de la data entre opérateurs du monde entier

Fort de son propre stand et d’une délégation de 30 personnes à Barcelone, il s’agit-là sans aucun doute du plus gros acteur belge présent au Mobile World Congress. Et pour cause, Bics est un géant, bien que souvent méconnu du grand public. Filiale internationale de Proximus, l’entreprise permet l’interconnexion entre quelque 700 opérateurs fixes et mobiles de par le monde. En clair, si vous pouvez utiliser votre GSM à l’étranger sur le réseau d’un opérateur hôte, que ce soit pour la voix, les SMS ou la data, c’est grâce à Bics. Une activité qui générait 1,32 milliard d’euros de revenus en 2017 et emploie 550 personnes environ. Afin de surfer sur la prochaine vague, l’entreprise a racheté un fournisseur digital des Gafa, TeleSign, en 2017 pour 230 millions de dollars.

Imec | Des innovations qui équipent les smartphones des plus grands fabricants

Autre poids lourd: Imec, aux 4.000 collaborateurs. En 34 ans d’histoire (et 112 spin-offs), le centre de recherche louvaniste s’est hissé au rang de leader européen de la micro-électronique. Sa mission? Rendre toujours plus performants les semi-conducteurs, ces cœurs de technologie à la base des appareils que nous utilisons tous les jours. Résultat, il est devenu le partenaire de référence des géants comme Samsung, Intel, Panasonic, Huawei… En 2017, il réalisait un chiffre d’affaires de 546 millions d’euros pour 605 millions d’euros de contribution à l’économie belge. "Nous sommes en quelque sorte un fournisseur de R&D pour l’industrie. De nombreux acteurs de la Silicon Valley viennent frapper à notre porte", résumait récemment Luc Van den Hove, CEO.

Chez Imec à Heverlee ©Kristof Vadino

Sentiance | Un cerveau technologique pour comprendre ce que disent les capteurs

"Meten is weten" ("mesurer, c’est savoir"), dit-on au nord. Avec l’émergence d’une kyrielle de capteurs – notamment grâce aux avancées des transmissions de données à faible consommation électrique –, les possibles deviennent énormes. Depuis son siège anversois, Sentiance est spécialisée dans le traitement de ces signaux (issus aussi bien d’un smartphone que d’un bracelet connecté ou d’un feu de signalisation intelligent) pour le compte de clients comme PSA ou la ville d’Anvers. Exemple: si vous conduisez prudemment, la firme peut, sur demande d’un assureur, valider ce comportement, ce qui vous ouvrira les portes à des produits moins onéreux. Si le chiffre d’affaires de la boîte ne peut être communiqué, elle compte une équipe d’une cinquantaine de personnes, nous dit-on.

©Communithings

Communithings | Des parkings intelligents pour la ville de demain

Si vous vous êtes récemment rendu en voiture à Liège ou à Mons, peut-être avez-vous utilisé les nouveaux parkings intelligents qui commencent à gagner les deux villes. Le principe? Un capteur (par place) est placé au sol pour, en temps réel, permettre de renseigner si des emplacements sont ou non disponibles. À l’image de Be-Mobile pour Proximus, il s’agit d’une solution développée par le Belge CommuniThings, entreprise fondée en 2014 par trois collègues d’une même boîte du monde des télécoms. Ils ont signé un contrat de distribution exclusive avec Orange Belgique, filiale du géant français. L’entreprise équipe à ce jour une dizaine de villes dans le pays, elle qui s’est lancée commercialement à l’été dernier. Elle emploie une douzaine de personnes pour un chiffre d’affaires qui "approche les 7 chiffres", note Etay Oren, CEO.

Tessares | Surfer plus rapidement, même en rase campagne

Vous avez du mal à surfer sur le web parce que vous habitez en pleine campagne? À côté des efforts physiques, lire la pose de câbles, les opérateurs travaillent aussi côté logiciel. C’est là toute la mission de Tessares, spin-off de l’UCL fondée en 2015, En quelques années à peine, elle travaille pour Proximus, KPN et Telia (en Finlande en Lituanie) et équipait, en novembre dernier, "entre 50.000 et 100.000 foyers" avec sa technologie, alors qu’elle n’était présente que chez 15.000 foyers en mars, nous expliquait Denis Périquet, CEO. Soutenue par la SRIW et ses actionnaires historiques (Proximus et le fonds d’investissement Vives II) qui y injectaient 3 millions d’euros en mars, l’entreprise emploie 28 personnes et génère un chiffre d’affaires d’1,3 millions d’euros en 2008. Elle vise les 2 millions en 2019.

Riaktr | Des données pour guider les investissements en infrastructure des opérateurs

Son truc? Le "big data". La scale-up bruxelloise aux 70 employés analyse de vastes quantités de données en vue de guider les opérateurs télécoms. Si elle permet, en Afrique, à Orange Group de déterminer où envoyer ses 2.000 conseillers dans son vaste réseau de distribution local, ailleurs, elle propose tout autre chose: une solution de "smart capex", logiciel permettant de rationaliser les décisions d’investissements à consentir dans le réseau pour un acteur comme Proximus. Et ce, jusque dans une granularité à l’échelle d’une rue. Atout appréciable à la veille du déploiement de la 5G et en période d’investissements massifs autour de la fibre optique. Une percée sur le marché australien pourrait être envisagée prochainement, alors que la solution est plutôt privilégiée en Europe.

De la remise à neuf de smartphone aux lunettes intelligentes

Entre les stands d’acteurs plus traditionnels comme la câblerie d’Eupen ou le liégeois spécialiste des équipements télécoms CE+T, Back2Buzz fait quelque peu figure d’O.V.N.I. Son business? La remise à neuf de smartphones. Depuis son siège de la Hulpe, l’entreprise travaille aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises qui disposent de 300 smartphones pour leurs employés. Alors que les retailers officiels de grandes marques demandent entre 15 jours et 3 semaines pour effectuer des réparations, la jeune pousse, lancée il y a trois ans, se propose de faire la même chose en maximum 4 jours. Résultat, elle enregistre un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros (en consolidé, avec une autre activité, dans la traduction, récemment acquise).

Une performance similaire à celle du flamand Iristick et ses lunettes augmentées. Grâce à deux caméras, elles permettent de montrer devant ses yeux à un technicien comment procéder. Avec 2.000 unités vendues, volume raisonnable dans ce créneau, elle a déjà fourni des acteurs de la pétrochimie ou de l’éolien, mais aussi Médecins Sans Frontière.

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