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La Belgique toujours plus représentée à la Gamescom

©AFP

Cette année, 24 entreprises belges ont fait le déplacement au plus grand salon européen du jeu vidéo, un record. Trouver des éditeurs, dénicher des investisseurs et signer de nouveaux clients, l’événement est le rendez-vous immanquable pour le secteur belge qui continue sa croissance.

Comme chaque année à cette période, le monde du jeu vidéo se réunit à Cologne durant cinq jours, à l’occasion de la Gamescom, le plus grand salon européen du genre. L’occasion pour les géants de faire saliver les fans de la manette et du clavier, à grands coups d’annonces et de nouveautés en tout genre. Mais à côté du salon grand public, l’évènement est également devenu un rendez-vous crucial pour les professionnels du secteur.

"Chaque année, nous renforçons notre présence. Pour cette édition, 24 entreprises ont fait le déplacement, ce qui est une première", explique Marine Haverland, coordinatrice du cluster screen.brussels chez hub.brussels. Cette large présence s’explique par l’évolution positive du marché. D’année en année, le secteur du jeu vidéo se construit un peu plus.

93
millions
Le chiffre d'affaires du jeu vidéo est en constante augmentation chez nous. En 2018, il était de 93 millions d’euros.

En 2018, la Belgique y comptait 1.100 personnes actives. Un chiffre encore assez marginal mais en très nette hausse par rapport aux 400 travailleurs enregistrés il y a seulement cinq ans. "La croissance se voit aussi sur le chiffre d’affaires en Belgique. En 2018, il était de 93 millions d’euros. Il y a cinq ans, nous étions à 44 millions et on s’attend à ce que la croissance se poursuive dans les années à venir", précise la spécialiste.

Abrakam, un studio indépendant liégeois, fait partie de l’expédition belge. Créé en 2013, il a officiellement lancé son premier jeu en 2017. Un premier travail accompli qui a permis à l’entreprise d’une douzaine de travailleurs de réaliser deux millions d’euros de revenus sur ce projet. Avec cette première étape jugée réussie, la jeune société ne souhaite pas s’arrêter là. "Dès la fin de cette année, ce premier jeu qui n’est pour le moment que sur ordinateur sera aussi disponible sur console" explique Jean-Michel Vilain, le CEO et fondateur d’Abrakam.

Le chef d’entreprise compte aussi continuer la création. "Nous travaillons déjà depuis un moment sur notre deuxième jeu. On souhaiterait le sortir l’année prochaine. Nous avons toutefois encore besoin d’un éditeur pour terminer le travail. Le salon permet de nouer ce genre de contact", explique encore le responsable.

"Sur le salon, nous sommes l’une des seules entreprises à être spécialisées dans l’audio de A à Z."
François Fripiat
Fondateur de Demute

Comme Abrakam, les studios indépendants sont nombreux sur le salon. Mais le secteur ne se limite pas qu’à ces sociétés de pures créations. Avec la progression du secteur, les entreprises spécialisées dans un service unique se multiplient également. C’est le cas de Demute. Cette start-up bruxelloise est devenue experte dans le développement du son pour d’autres jeux. Une activité très spécifique recherchée sur le secteur. "Sur le salon, nous sommes l’une des seules entreprises à être spécialisées dans l’audio de A à Z", explique François Fripiat, le fondateur de Demute.

 

Cette offre assez unique a ainsi permis à l’entreprise de travailler sur le développement de plusieurs jeux indépendants et signer une collaboration pour la bande-son de l’adaptation en jeu vidéo des célèbres jouets Playmobil. Présente pour la première fois avec un stand sur le salon, la jeune entreprise espère bien profiter de l’événement pour signer de nouveaux contrats. "Nous avons des rendez-vous prometteurs prévus", glisse François Fripiat.

Outre de nouveaux clients potentiels, l’entrepreneur cherche également à lever des fonds pour lancer un nouveau produit. "On développe un casque audio de réalité augmentée qui s’active en fonction des déplacements de la personne qui le porte. L’objectif est d’ajouter une couche de virtualité sonore au réel. C’est une technologie qui pourrait typiquement intéresser le monde culturel comme les musées", ajoute le responsable qui espère prochainement lever entre 1 et 1,5 million d’euros.

Le Tax Shelter opérationnel dès l'année prochaine

Afin d’attirer les investisseurs, le jeune entrepreneur disposera également bientôt d’un argument de poids. Le secteur profitera très prochainement du Tax Shelter, le célèbre mécanisme qui a permis le développement du cinéma au sein de nos frontières. "Il reste encore une dernière validation au niveau de l’Europe qui ne devrait normalement pas trop poser de problèmes. Les premières levées de fonds pourront alors débuter. On espère à partir de 2020", explique Marine Haverland.

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