La filiale innovante de l'IRE efface 22 millions de pertes

©IRE

L’Institut national des Radioéléments (IRE) et la Société fédérale de Participations et d’Investissement (SFPI) ont consenti un effort financier au début de l’été pour renforcer le bilan d’IRE-ELiT, la filiale innovante lancée par l’IRE en 2010. Ils ont augmenté son capital de 6,48 millions d’euros par conversion de créances en actions. L’IRE et la SFPI ont agi sur une base paritaire, chacun apportant 3,24 millions.

L’opération a porté le capital social d’IRE-ELiT de 21,5 à 27,9 millions d’euros. Suite à quoi son assemblée générale a décidé de le réduire de 22 millions, à 5,9 millions, ce qui a permis d’apurer l’entièreté des pertes reportées à fin 2018. Car la filiale avait brûlé pas mal de cash au fil des ans, ce qui l’avait amenée à enregistrer, fin de l’an dernier, des capitaux propres négatifs à concurrence d’un demi-million.

Rien d’anormal à cela, nous explique-t-on au siège de la société à Fleurus. Cela tient à la nature même de ses activités. "Alors que l’IRE vend industriellement des radioéléments aux laboratoires pharmaceutiques, IRE-ELiT a pour but de développer elle-même de nouveaux médicaments, souligne la porte-parole Bérénice Pignol. Elle prend tout le parcours en charge, depuis la recherche et développement jusqu’à la mise sur le marché. C’est un processus long et coûteux, qui explique les pertes accumulées."

On retrouve le même schéma dans le secteur des sociétés biotechnologiques. IRE-ELiT a été mise sur pied au début de la décennie pour mettre au point et commercialiser des médicaments radiopharmaceutiques, à utiliser en imagerie moléculaire et en thérapie.

La nouveauté, c’est que l’an dernier la filiale a décroché des autorisations de mise sur le marché aux Etats-Unis (Food and Drug Administration) et en Europe (Agence européenne des Médicaments) pour une première famille de produits, un générateur de gallium-68, présenté comme un développement phare pour l’imagerie diagnostique de nombreux cancers. Elle a dès lors pu entamer la phase de commercialisation du produit.

Break-even l’an prochain

"Nous sommes en train d’ouvrir les marchés, poursuit Bérénice Pignol. Cela prend du temps, mais cela a rassuré les investisseurs sur notre capacité à développer de nouveaux produits. Nous sommes d’ores et déjà le deuxième fournisseur mondial de gallium."

Sur ces bases, la direction d’IRE-ELiT prévoit désormais d’atteindre le break-even dans le courant de l’année 2020. Quant à la confiance des investisseurs, on peut la mesurer au fait que le holding public fédéral ait participé à la nouvelle augmentation de capital.

"Un autre élément est intervenu en juin dernier, ajoute la porte-parole. IRE-ELiT a vendu son activité de services à l’IRE. Cette activité qui consiste à monitorer et analyser la radioactivité dans l’environnement avait peu à voir avec la radiopharma, raison pour laquelle on l’a cédée à l’Institut. Cela nous a permis de recentrer les activités d’ELiT, tout en générant aussi des rentrées supplémentaires pour elle."

La filiale emploie une quarantaine de personnes. L’an dernier, son chiffre d’affaires a crû de 24% pour atteindre 7 millions d’euros. Une belle accélération par rapport à 2017, où il n’avait grimpé que de 9%. Mais le résultat s’était encore soldé par une perte nette de 4,5 millions en 2018. Ce mouvement devrait donc progressivement s’inverser.

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