La gueule de bois d'après-covid des rois du streaming

Après Netflix, il y a quelques semaines, c'était au tour de Disney+ de décevoir le marché. ©AFP

Après avoir enchaîné les scores affolants durant le confinement, Netflix et Disney+ ont enregistré des résultats en dessous des attentes. Les analystes sont déçus mais la situation s'explique.

Après Netflix, il y a quelques semaines, c'était au tour de Disney+ de décevoir le marché. La raison? La même que pour le leader du marché: le nombre d'abonnés. Bien au-delà des revenus, la donnée chiffrée est la référence largement utilisée par les analystes pour juger de l'état de santé des plateformes de streaming. Et de ce côté, la tendance en ce début d'année n'est plus aussi impressionnante qu'il y a un an. Tout comme son grand rival, Disney+ n'est pas parvenu à atteindre les attentes des analystes. Ces derniers s'attendaient à voir 109 millions abonnés sur la plateforme. Ils ne sont "que" 103 millions. La sanction s'est directement affichée sur le cours, qui a perdu 4% à l'ouverture de la bourse. La nouvelle n'enchante probablement pas Bob Chapek, le patron de Disney. Mais elle n'est certainement pas dramatique pour autant. D'autant plus que la déception s'explique. Les plateformes de streaming ont largement profité du confinement mondial pour booster leurs chiffres. La fin de la pandémie pointant doucement le bout du nez, les chiffres de croissance devraient assez logiquement suivre.

100 millions
d'abonnés
À son lancement, Disney+ misait sur 90 millions d'abonnés… d'ici 2024.

Le sprint de Disney+

Dans son analyse, les responsables de Disney en ont également profité pour relativiser la situation en rappelant les objectifs initiaux. À son lancement, Disney+ misait sur 90 millions d'abonnés… d'ici 2024. Il n'aura d'ailleurs fallu à Disney que 16 mois pour passer le cap symbolique des 100 millions d'abonnés. Ce palier, Netflix aura mis plus de dix ans à le franchir. Pour obtenir de tels résultats, Disney+ partait toutefois avec des millions d'euros, sur un marché déjà en structuration et avec une offre à faire pâlir n'importe quel concurrent. Les fans ont été convaincus sans trop de difficultés. Le challenge sera désormais d'aller chercher un autre public que le familial. Disney s'y attèle déjà en annonçant plusieurs sorties prochaines de contenus Marvel et Star Wars. La société de Mickey compte également s'appuyer sur son offre sport via ESPN, qui a récemment décroché les droits du championnat de football espagnol.

Il y a aujourd'hui aux États-Unis plus d'abonnements à des services de streaming que d'Américains.

De son côté, face à la concurrence de plus en plus vorace, Netflix semble doucement arriver à un rythme de croisière. L'entreprise encore largement leader  a récemment passé le cap des 200 millions d'abonnés. Mais sa croissance habituellement au-dessus des 20% a pris un coup dans l'aile lors du dernier trimestre. La concurrence dispose aujourd'hui de contenus dont la qualité n'a plus rien à envier à la société californienne. Les contenus ont d'ailleurs parfois directement migré de Netflix. À l'heure de justifier les "mauvaises performances", les responsables avaient d'ailleurs évoqué l'importance du contenu et la difficulté qu'a eue le groupe à enrichir son contenu durant la pandémie. Netflix rappelle toutefois qu'il considère avoir bouclé 2020 "avec plus d’abonnés et de revenus que nous n’en aurions eus sans la crise sanitaire".

Ruée vers l'Asie

Si la concurrence augmente, le marché atteint quant à lui doucement la saturation. Comme le rappelait récemment le Financial Times, il y a aujourd'hui aux États-Unis plus d'abonnements à des services de streaming que d'Américains. Un marché où Netflix est particulièrement bien ancré. L'entreprise doit donc viser ailleurs. La prochaine étape pourrait bien se situer en Asie, où Netflix a débuté récemment son opération séduction avec des premiers abonnements disponibles à 2,99 euros afin d'attirer les curieux. En parallèle, Netflix dispose encore d'autres leviers pour continuer à grandir financièrement, notamment en améliorant sa rentabilité par abonné.

Le résumé

  • Netflix et Disney+ ont enregistré des résultats en dessous des attentes.
  • Les entreprises ont largement profité du covid.
  • Disney doit désormais attirer un autre public que celui des fans.
  • Netflix, de son côté, compte s'attaquer à d'autres marchés.

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