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La Nasa lance un essai inédit de défense planétaire

Le vaisseau de la mission DART, plus petit qu'une voiture, frappera à l'automne prochain un astéroïde de la taille d'un terrain de football. ©EPA

La Nasa a lancé mardi sa première mission de défense pour tenter de dévier la trajectoire d'un astéroïde, et ainsi protéger l'humanité d'une potentielle collision future.

Non, il ne s'agit pas du scénario d'un prochain film hollywoodien, mais bien d'un essai inédit de défense planétaire. La Nasa a envoyé mardi, depuis la Californie, un vaisseau percuter un astéroïde pour tenter de dévier sa trajectoire. Une façon de se préparer à une potentielle collision à l'avenir - et de s'en protéger.

24.000
km/h
Projeté à une vitesse de 24.000 km/h, le vaisseau viendra finir sa course dans 10 mois sur la lune Dimorphos.

La mission de l'agence spatiale américaine, baptisée DART (fléchette, en anglais), a décollé depuis la base de Vandenberg à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX, à 6h21 GMT (7h21 heure belge), selon les images diffusées par la Nasa en direct.

Elle doit aboutir dans 10 mois, fin septembre 2022, lorsque le vaisseau frappera sa cible, alors située à onze millions de kilomètres de la Terre.

Lancement de la mission DART de la Nasa

La cible est double: d'abord un gros astéroïde, Didymos, qui mesure 780 mètres de diamètre, et, en orbite autour de lui, une lune, Dimorphos, de 160 mètres de diamètre, soit la taille d'un terrain de football. C'est sur cette lune que le vaisseau, environ cent fois plus petit qu'elle (la taille d'une petite voiture), viendra finir sa course, projeté à une vitesse de 24.000 km/h.

L'astéroïde ne sera pas détruit

L'impact projettera des tonnes et des tonnes de matière. Mais "cela ne va pas détruire l'astéroïde. Cela va juste lui donner un petit coup", a détaillé Nancy Chabot, du laboratoire de physique appliquée de l'université Johns-Hopkins, qui conduit la mission en partenariat avec la Nasa. Ainsi, l'orbite du petit astéroïde autour du gros sera réduite de seulement "environ 1%", a-t-elle expliqué.

"Si un jour un astéroïde est découvert sur une trajectoire de collision avec la Terre (…), nous aurons une idée de la force dont nous aurons besoin pour que cet astéroïde manque la Terre."
Andy Cheng
Chef du département spatial de l'université Johns-Hopkins

De cette façon, "si un jour un astéroïde est découvert sur une trajectoire de collision avec la Terre (…), nous aurons une idée de la force dont nous aurons besoin pour que cet astéroïde manque la Terre", a précisé Andy Cheng, de l'université Johns-Hopkins.

L'orbite autour du Soleil de Didymos, le gros astéroïde, sera légèrement modifiée, du fait de la relation gravitationnelle avec sa lune, a-t-il ajouté.

Des scientifiques belges mobilisés

La Belgique n'est pas étrangère à cette mission, puisque les scientifiques de l'Observatoire royal participeront au traitement des données de DART.

Analyser les données de cette mission leur permettra d'étudier la structure interne des astéroïdes, dans le cadre des projets européens PIONEERS et NEO-MAPP auxquels l'Observatoire contribue.

L'expérience de DART permettra aussi de mieux préparer la mission suivante, Hera, qui embarquera le gravimètre GRASS, développé par l'Observatoire avec son partenaire industriel espagnol EMXYS. Une mission à laquelle contribuera également la société belge Spacebel, chargée du système logiciel du vaisseau spatial.

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