La pépite bruxelloise Riaktr passe aux mains d'un géant suédois

De gauche à droite: Pierre Boel (COO), Loïc Jacobs van Merlen (fondateur), Sébastien Deletaille (fondateur) et Sébastien Leempoel (CEO). ©Antonin Weber / Hans Lucas

Les Suédois de Seamless s'emparent de Riaktr pour près de 20 millions d'euros. Une étape majeure pour la société technologique bruxelloise et son écosystème d'entreprises.

C’est officiel, la société technologique bruxelloise Riaktr passe aux mains des Suédois de Seamless Distribution Systems. Même si Riaktr (ex-Real Impact Analytics) restera active depuis Bruxelles, elle le sera désormais sous pavillon suédois.

Seamless s’empare de l’entreprise fondée en 2008 par Loïc Jacobs van Merlen et Sébastien Deletaille et aujourd’hui dirigée par Sébastien Leempoel. Spécialisée dans l’exploitation de données pour le secteur télécom, Riaktr a créé autour d’elle un véritable écosystème d'entreprises en 10 ans. C’est donc une page entrepreneuriale qui se tourne.  

"Riaktr, c'est notre premier bébé. Aujourd'hui, c’est un peu comme si on amenait notre fille à l’église."
Loïc Jacobs van Merlen
Cofondateur de Riaktr

L’opération conduite en toute discrétion ces dernières semaines a abouti à la signature officielle de la cession de 100% des parts de Riaktr à Seamless Distribution Systems, un éditeur de logiciel suédois coté sur le Nasdaq. Le montant de la transaction n’a pas été divulgué, il devrait approcher les 20 millions d’euros. Une étape majeure pour une entreprise qui est passé par toutes les émotions depuis sa création.

Pivot essentiel

"Riaktr, c'est notre premier bébé. Aujourd'hui, c’est un peu comme si on amenait notre fille à l’église", confie en souriant Loïc Jacobs van Merlen. Avec une croissance très impressionnante dès les premières années, celle qui s’appelait à l’époque Real Impact Analytics pensait avoir un avenir doré tout tracé.

Pourtant, un pivot global et un rebranding se sont imposé en 2015. Ses produits étaient alors développés sur mesure pour chaque client, ce qui l’empêchait de passer à l’étape supérieure et d’industrialiser sa progression. "Il fallait devenir plus stable et avoir des revenus plus récurent via des licences", explique Sébastien Leempoel, actuel CEO de l’entreprise.

Développement lent

Un pivot qui permet à l’entreprise de proposer aujourd’hui une technologie qui offre la possibilité a ses clients, comme Orange Group ou Proximus, de savoir où implanter des antennes au mètre près en fonction des besoins et où envoyer ses commerciaux. Des clients qui ont un processus de décision internet très long pour ce genre de produit.

"On pouvait s’adosser à l’un des géants mondiaux de notre industrie, comme un Huawei (...). On a opté pour une option plus européenne."
Sébastien Leempoel
CEO de Riaktr

"Il nous faut en moyenne deux ans pour signer un nouveau client", confie Sébastien Leempoel. Un tel timing n’aide pas à grandir vite. Se marier avec un plus gros acteur et son portefeuille de clients devenait inévitable.

Arrivée à un tournant de son histoire en 2020, Riaktr a dû faire un choix. "On pouvait s’adosser à l’un des géants mondiaux de notre industrie, comme un Huawei, au risque de ne pas se reconnaître dans les valeurs de ce type d’entreprise. On a opté pour une option plus européenne", nous explique Sébatien Leempoel. Une option qui va permettre à Riaktr d’élargir sa gamme de produits assez restreinte pour le moment et surtout de s’ouvrir à de nouveau marchés comme le Moyen-Orient et de nouveaux clients.

Technologies complémentaires

Le mariage entre les deux entreprises semble assez logique selon les dirigeants de l’entreprise bruxelloise, notamment au vu des combinaisons possibles entre les deux technologies. Les Bruxellois analysent déjà, par exemple, les données récoltées par l’outil d’analyse de transactions développé par Seamless pour certains de ses clients télécoms.

13
entreprises
Au total, on comptabilise 13 entreprises lancées par des ex-Riaktr.

Mais Riaktr tient à conserver son indépendance et son ancrage Bruxellois. Un soulagement pour les fondateurs et toute la "Riaktr Mafia", une brochette d’entrepreneurs et un écosystème d’entreprise qui sont nées au sein de l'entreprise bruxelloise. Rosa, Accountable, Javry et Jetpack sont, par exemple, tous des projets bruxellois portés par des anciens de la maison Riaktr.

Au total, on comptabilise 13 entreprises lancées par des ex-Riaktr. De pépinière d'entrepreneurs, l'entreprise se mue aujourd'hui en vivier de talents tech, des experts de la data venus de toute l'Europe. C'est aussi un argument qui a amené le groupe suédois à s'emparer de Riaktr.

Soulagement

La conclusion de ce deal est un soulagement émotionnel pour les deux fondateurs Loïc Jacobs van Merlen et Sébastien Deletaille. "Tous ces sacrifices qui ont été faits, ils auront servi à quelque chose. On oublie à quel point il faut être fou pour être entrepreneur. 90% des boîtes font faillite. On a fait ça avec beaucoup d’entrain, mais aux dépens de nos vies respectives."

Car dans l’histoire de Riaktr, il y a aussi deux restructurations et plusieurs changements à la tête de l’entreprise avant de connaître la stabilité et, enfin, la rentabilité depuis 2019. Aujourd’hui l’entreprise affiche un chiffre d’affaires de 4,9 millions d’euros et entame un nouveau chapitre de son histoire avec un accent suédois.

Le résumé

  • Le groupe suédois Seamless Distribution System s'empare officiellement de Riaktr.
  • La pépite technologique bruxelloise qui emploie 40 personnes à Bruxelles va poursuivre son développement dans le secteur de la donnée télécom en devenant une entité du groupe suédois.
  • Le montant de la transaction devrait approcher les 20 millions d'euros.

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