"La probabilité d'une OPA sur EVS augmente"

Muriel De Lathouwer, la CEO d'EVS, a annoncé son départ mardi soir ©Debby Termonia

Pour de nombreux analystes, le départ de la CEO d'EVS n'augure rien de bon. Ils craignent que les résultats semestriels publiés le 30 août prochain soient moins bons que prévu. Et si cela débouchait au final sur une offre de rachat?

L’annonce du départ de Muriel De Lathouwer, administratrice déléguée et CEO d'EVS, en a surpris plus d’un dans les salles de marché. En témoigne la chute de l’action en Bourse . De nombreux observateurs s’interrogent sur les raisons de cette démission et craignent pour l’avenir de la société.

Pour l'analyste Guy Sips (KBC Securities), "le départ de la CEO pourrait être une indication que le chiffre d'affaires 2018 sera dans le bas de la fourchette attendue de 115 à 130 millions d'euros, annoncée à l'issue des résultats du premier trimestre". À l’époque, le directeur financier d’EVS avait pourtant déclaré anticiper une accélération de l'activité après un début d'année en douceur.

123 millions d'euros
Les attentes pour EVS trop élevées?
Le consensus table pour l'instant sur un chiffre d'affaires de 123 millions d'euros pour EVS en 2018, contre une fourchette de 115 à 130 millions prévue par la société. Mais le départ de sa CEO pourrait faire baisser les anticipations.

Chez Degroof Petercam, on rappelle que la société, spécialisée dans les systèmes de production vidéo en direct, connait des difficultés financières depuis plusieurs années, en termes de croissance du chiffre d’affaires. Les ventes de l’année dernière avaient par exemple reculé de 1,3% par rapport à 2016 (à taux de change constant et hors locations pour les grands événements sportifs). Et le bénéfice avait de son côté chuté de 27%.

"Nous nous attendons également à ce que la première moitié de cette année ait été très difficile."
Stefaan Genoe
Analyste

"Nous nous attendons également à ce que la première moitié de cette année ait été très difficile", estime l’analyste Stefaan Genoe. Il a réduit son objectif de cours à 27 euros contre 29 euros auparavant, tout en maintenant sa recommandation à "conserver".

Une autre explication quant au départ de Muriel De Lathouwer serait, selon Guy Sips, le signe que les ajouts récents à son offre, comme le lancement du serveur de production en direct XT de nouvelle génération ou l'intégration de l'intelligence artificielle (AI) dans son système de vidéo-arbitrage, "ne sont pas aussi prometteurs que prévu".

Problème de gouvernance

"Nous pensons que la chute de l'action et l’affaiblissement du conseil augmentent quelque peu les chances qu'EVS devienne la cible d’une offre de rachat."
ING

Pour mémoire, ce n’est pas la première fois qu’un haut cadre d’EVS quitte le navire ces derniers temps. Quatre ans plus tôt, la société avait déjà mis fin à sa collaboration avec son CEO de l'époque, Joop Janssen. "EVS a fait face à un taux de rotation élevé tant au niveau de la direction qu'au niveau du conseil d’administration, ce qui indique probablement que la coopération entre les deux n'a pas été optimale", souligne Stefaan Genoe. Il pense donc que trouver le bon patron sera "plus crucial que jamais". D’autant qu’il devra remettre l’entreprise sur la voie de la croissance.

Toute cette histoire sera certainement mal perçue par les investisseurs. Mais selon ING, cela pourrait également attire un prédateur. "Nous pensons que la chute de l'action et l’affaiblissement du conseil augmentent quelque peu les chances qu'EVS devienne la cible d’une offre de rachat".

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