La start-up Shayp lève près de deux millions d'euros après avoir changé de stratégie

Shayp a développé une technologie pour détecter les fuites d'eau et analyser la consommation des bâtiments. ©Shayp

La start-up bruxelloise qui traque les fuites d'eau a fait des choix stratégiques qui lui permettent de conclure une levée de fonds de 1,9 million d'euros.

On avait quitté les fondateurs de la start-up Shayp il y a tout juste un an avec une petite levée de fonds et l’ambition de signer avec un grand assureur du pays. Avec sa technologie qui permet aux propriétaires de repérer les fuites d’eau et de monitorer leur consommation, son destin semblait tout tracé vers le monde de l'assurance. "Nous avons changé d’optique", nous explique Gregoire de Hemptinne, COO de la start-up. Les discussions avec les assureurs se sont éternisées et le temps c’est un luxe que n’a pas une start-up, encore moins en cette année marquée par une pandémie mondiale.

Shayp a donc décidé en mars de se recentrer sur ce qu’elle savait faire au départ, vendre en direct sa solution qui combine un capteur avec un logiciel d’analyse permettant aux propriétaires de réduire leur consommation d’eau. La cible, ce ne sont pas les particuliers, mais bien les grands propriétaires immobiliers qui possèdent «enter 30 et 300 biens». Ce pivot stratégique a permis à Shayp de se remettre sur les rails, d’accumuler les ventes et d’attirer des investisseurs. La start-up bruxelloise boucle aujourd’hui une levée de fonds de 1,9 million d’euros. Elle accueille deux nouveaux investisseurs qui ont mis à eux deux 1,5 million d’euros. Le premier c’est Amavi Capital, très ancré au nord du pays et le second est un fonds allemand, Signa Innovations. D’anciens investisseurs (Be Angels et Imec.istart) et Finance&Invest.brussels ont clôturé la levée de fonds.

La Flandre et l'Allemagne dans le viseur

L’objectif de la start-up est maintenant d’atteindre 1 million de chiffre d’affaires en 2021. Pour ce faire elle va devoir mettre les bouchées doubles. «Nous allons renforcer l’équipe au niveau de vente, mais aussi au niveau du développement du produit», nous confirme Gregoire de Hemptinne.

Les discussions avec les assureurs ne sont pas terminées, mais mises entre parenthèses pour le moment et les ventes directes au consommateur ont été abandonnées. Dans le viseur aujourd'hui, ce sont notamment les collectivités et les gestionnaires immobiliers publics. La Flandre représente un marché prometteur pour la start-up depuis que le gouvernement flamand a rendu obligatoire le «smart monitoring» pour l’eau.

La start-up bruxelloise a déjà convaincu les hôpitaux Iris Sud, plusieurs communes bruxelloises et wallonnes ainsi qu’une compagnie des eaux qui ne veut pas être citée. 1.200 bâtiments (dont 90% en Belgique) sont équipés de la technologie de Shayp. Les Bruxellois espèrent quintupler ce nombre rapidement avec en coin de mire le marché allemand que leur nouvel investisseur connait bien.

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