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La trouvaille de VOCSens séduit un joli "club des cinq"

Le dispositif créé par VOCSens prend peu de place; la jeune pousse va collaborer avec des intégrateurs pour insérer ses puces dans des appareils ad hoc. ©doc

Cette spin-off de l'UCLouvain a mis au point un microcapteur de gaz alliant précision, faible coût et faible consommation d'énergie. Plein d'applications en vue.

L'identité des cinq fonds d'investissement qui viennent d'injecter 2,5 millions d'euros dans VOCSens, une spin-off de l'Université de Louvain, en dit long sur le potentiel du projet. Ce "club des cinq" très relevé est formé d'Innovation Fund, le fonds créé par les principaux acteurs de la chimie belge sous l'égide de François Cornelis (Petrofina, TotalFinaElf, Essenscia...), Industrya, qui réunit John Cockerill, la SRIW, Noshaq et LRM pour investir dans des start-ups innovantes, Vives IUF, le fonds d'UCLouvain, Wing, l'instrument public wallon dédié au digital, et Invest BW, qui mise sur les entrepreneurs du Brabant wallon.

2,5 millions
levée de fonds
La jeune pousse VOCSens a levé 2,5 millions auprès de cinq fonds d'investissement.

La jeune pousse, fondée en 2019, a bénéficié de plus de 15 ans de recherche au sein des laboratoires de l'UCLouvain pour développer un nouveau concept de microcapteurs de gaz. Ceux-ci "intègrent des matériaux polymères et nanocomposites qui réagissent différemment selon les gaz", explique la société. "Ils transforment les signaux liés à la présence de gaz en signaux électriques, convertis ensuite en valeurs de concentrations" via l'intelligence artificielle. Ils permettent concrètement de détecter avec une grande précision les différents gaz présents dans l'air. Et ce qui ne gâte rien, le dispositif (breveté) est très petit, consomme très peu d'énergie et coûte nettement moins cher que les produits comparables existants.

Avec les fonds levés, VOCSens va entamer la phase d'industrialisation de son invention, avant de passer à sa commercialisation au deuxième semestre 2022. Elle commencera par prospecter les secteurs de la chimie et pétrochimie ainsi que du recyclage, puis passera aux villes et bâtiments intelligents. À terme, elle vise aussi l'agroalimentaire et la santé.

"On peut par exemple détecter l'ammoniac, le dioxyde d'azote, le CO2, le formaldéhyde ou encore le méthane."
Thomas Walewyns
Cofondateur et CEO, VOCSens

De la prévention à la santé et à l'électroménager

"On peut par exemple détecter l'ammoniac, le dioxyde d'azote, le CO2, le formaldéhyde ou encore le méthane", détaille son cofondateur et CEO, Thomas Walewyns. L'explosion au port de Beyrouth, au Liban, avait été causée par un stock de nitrate d'ammonium: le système aurait pu lancer l'alerte. La détection de concentrations de CO2 dans les bâtiments permet d'identifier des problèmes de ventilation, importants notamment dans la prévention covid. Les formaldéhydes sont des composés organiques volatils potentiellement cancérigènes. Quant au méthane, comme l'ammoniac, il génère un risque d'explosion...

La firme a déjà été contactée par un fabricant de frigidaires. "On pourrait détecter le type de gaz qu'émet un poisson en train de pourrir", explique Thomas Walewyns.

Last but not least, de tels capteurs pourraient aider à diagnostiquer des pathologies. "Certains marqueurs cancérigènes sont présents dans la respiration du patient", cite à titre d'exemple le CEO.

Ces dernières applications sont prévues dans un deuxième temps. VOCSens devra sans doute procéder à une deuxième levée de fonds pour s'y développer aussi. "D'ici 2023, si tout se passe bien", prédit son patron.

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