Le "deal" d'Agfa-Gevaert dépasse toutes les estimations

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Agfa-Gevaert est entré en négociations exclusives pour la vente d’un large pan de l’une de ses divisions au prix inattendu de 975 millions d’euros. Reste à savoir ce que le groupe anversois compte faire de cet argent.

Agfa-Gevaert est sur le point de franchir une nouvelle étape de son plan de transformation. Après avoir filialisé ses activités soins de santé, le groupe anversois spécialisé dans l’imagerie est entré en négociations exclusives pour la vente d’une large partie de celles-ci. Ce pan représente environ 260 millions d’euros de revenus annuels. A titre de comparaison, Agfa a généré en 2018 un chiffre d’affaires de 2,25 milliards d’euros.

L’heureux élu est le groupe italien Dedalus Holding dont le nom circulait déjà officieusement aux côtés de ceux de Compugroup, KKR, Permira et Advent. Il est prêt à mettre sur la table 975 millions d’euros pour acquérir la grande majorité de cette division. Ce prix fera encore l’objet d’ajustements liés au fonds de roulement et à la dette nette. Si tout se passe comme prévu, le deal devrait être bouclé au 2e trimestre 2020.

Détenu à hauteur de 60% par le fonds de private equity Ardian, Dedalus compte 2.000 collaborateurs, dont 1.200 en Italie et 550 en France. Il affirme couvrir tous les besoins informatiques de n’importe quel système de soins, pas seulement hospitaliers, à la fois public et privé, et génère des revenus annuels de 210 millions d’euros.

Des estimations largement dépassées 

Le prix de cession de 975 millions d’euros se révèle nettement supérieur aux prévisions des analystes. Il a d’ailleurs été salué ce lundi matin par le marché avec un bond de l’action de 5% avant de perdre un peu de sa superbe. En fin de journée, elle n'avançait plus que de 3,78% à 4,83 euros.

Guy Sips de KBC Securities évoque un "très beau prix de cession". Il tablait, pour sa part, sur une valorisation de 690 millions d’euros. Du coup, il a relevé son objectif de cours à 6,5 euros contre 5 euros avant. La recommandation reste à "accumuler".

Décision identique du côté de Degroof PetercamStefaan Genoe a aussi été agréablement surpris, lui qui tablait sur un prix de 805 millions d'euros. Sa recommandation est à l’examen mais le "target" a d’ores et déjà été majoré d’un euro à 4,95 euros.

Enfin, Maxime Stranart, analyste d’ING, visait, lui, un montant de 750 millions d’euros. Pour l’heure sa "reco" et son objectif de cours ne bougent pas à "conserver" et à 4,65 euros.

Du côté d’Agfa, son patron, Christian Reinaudo se tourne déjà vers l’avenir. "J’espère que nous pourrons connaître une forte croissance au cours des trois prochaines années et accroître considérablement notre rentabilité, nous dit-il. Et avec la vente, nous avons maintenant un peu d’argent pour soutenir cette croissance."

Dividende extraordinaire?

Reste à savoir ce que le groupe va faire de ce petit milliard une fois l’affaire définitivement conclue.

Chez Agfa, on signale que toutes les options seront explorées dans les mois à venir y compris celle d’un dividende extraordinaire.

Nul doute que le fonds activiste Active Ownership Capital (AOC), qui est devenu l’actionnaire principal du groupe d’imagerie avec une participation de 13,42% du capital, aura son mot à dire sur le sujet. Klaus Röhrig, son co-fondateur, a accédé à la présidence du conseil d’administration d’Agfa en mai dernier.

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