Le Liégeois Lasea absorbe son homologue Montois Optec

Spécialisée dans l’usinage laser de haute précision, la pépite liégeoise travaille notamment avec des horlogers, joailliers et lunetiers de renom de par le monde. ©Kristof Vadino

Par cette opération, le leader européen de l'usinage laser haute précision se renforce dans la vague de consolidation en cours sur son marché.

"Nous rechercherons des synergies avec d’autres sociétés dans nos niches de marché", évoquait Lasea en fin d'année dernière.

Alors, l'opération aura pris un peu plus de temps que prévu pour être conclue, Covid oblige, mais voilà, c’est désormais fait. Le Liégeois s’est adjoint courant de semaine les services de son homologue hennuyer Optec dans l’usinage laser haute précision – on parle ici d'un niveau de précision d'un ordre 250 fois plus petit que le diamètre d’un cheveu.

20
millions d'euros
Fort du poids de son homologue Montois Optec, Lasea pèse désormais 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, pour 110 collaborateurs.

Un rêve qui se concrétise – des discussions avaient déjà eu lieu en 2012, sans aboutir –, portant l'entreprise d’Angleur à la manœuvre à une taille désormais de 20 millions de chiffre d’affaires, pour quelque 110 collaborateurs. Tout en renforçant aussi au passage sa présence aux États-Unis (à San Diego) et en Asie, tout en dopant dans la foulée ses activités dans le médical – notamment les biotechs –, l’électronique, où Lasea ne faisait que démarrer, et le monde académique, qui n’avait pour l’heure été que peu investi.

Concurrence croissante

D'autant que le moment était propice à un rapprochement. En effet, "on constatait en ce moment une forte tendance à la consolidation sur notre marché, quand, dans le même temps, notre technologie (le laser femtoseconde, permettant une découpe ultra-précision sans apport de chaleur, NDLR), de rupture il y a dix ans, se voyait désormais concurrencée par des acteurs de plus en plus nombreux, là où on les comptait sur les doigts d’une main à l’époque", évoque Axel Kupisiewicz, fondateur et CEO de Lasea.

"Notre technologie, de rupture il y a dix ans, se voyait désormais concurrencée par des acteurs de plus en plus nombreux."
Axel Kupisiewicz
Fondateur et CEO de Lasea

Alors, la conclusion était simple pour cet ingénieur physicien de l’Université de Liège: c'était manger ou, un jour, être mangé. Il a choisi, boostant encore un peu plus la position de leader européen de Lasea, et ce, en particulier dans le monde du luxe où l'entreprise travaille pour des horlogers, des joailliers et des lunetiers de renom du monde entier, grâce à ses techniques de marquage, perçage, gravure, découpe, texturation ou enlèvement de couches minces par laser.

Première acquisition

Pour autant, l'appétit s'arrêtera là pour l'instant, entend-on. Car il faudra d'abord digérer l'intégration de son homologue, avant d'à nouveau regarder le menu à l'avenir. Après tout, il s'agit-là de la première opération de croissance externe d'ampleur pour l'entreprise liégeoise, qui avait jusqu'ici favorisé l'organique, avec une hausse de son chiffre de plus de 30% par an à la clé.

59%
L'entreprise est détenue à 59% par des actionnaires publics (Epimède, SRIW et Noshaq), quand le reste est aux mains du fondateur et du personnel.

Dans cet effet, elle avait notamment pu compter sur une injection de 16 millions d'euros de capitaux frais de la part de ses actionnaires publics – Epimède, SRIW et Noshaq, à 59%, le restant étant aux mains du fondateur et des employés. Cette injection ayant permis de conserver un ancrage belge, alors qu'un fonds français était un temps monté à bord, avant de sortir il y a quelques années. Elle a également bénéficié d'un soutien européen et régional.

La société en avait alors profité pour entamer la construction d'un nouveau QG dans le parc scientifique du Sart-Tilman, lui permettant de tripler sa capacité de production.

Aujourd'hui, seuls les employés doivent encore rejoindre les 4.000 mètres carrés sortis de terre. Mais uniquement à compter d'octobre, entend-on, pour cause de retard dans l'aménagement des bureaux lié à la pandémie qui frappe actuellement le pays – les ateliers sont, quant à eux, opérationnels.

D'ici là, Axel Kupisiewicz peut en tout cas déjà se féliciter d'avoir aujourd'hui, sous sa direction, l'entreprise qu'il admirait lors de la fondation de Lasea, en 1999. Et réfléchir à l'avenir.

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