reportage

Le mondial des métiers WorldSkills est de plus en plus grand, mais à quoi sert-il?

Malgré sa taille modeste à l’échelle du globe, la Belgique ne fait pas partie des petits Poucet aux WorldSkills. ©BELGAIMAGE

Organisé tous les deux ans, le mondial des métiers est une compétition toujours plus impressionnante. Mais un tel événement a-t-il un impact concret sur les inscriptions dans les formations techniques? Bien que difficile à quantifier, l’impact est réel, selon WorldSkills Belgium.

Selon certaines estimations, le budget du championnat des métiers qui s’est achevé lundi soir à Kazan pourrait dépasser les 70 millions d’euros. La ville de Shanghaï, qui sera en charge de l’édition de 2021, devrait débourser près de 75 millions d’euros pour l’organisation de la prochaine édition.

Du côté des participants, la note est également pour le moins conséquente. Seize compétiteurs, autant d’experts, plusieurs responsables de WorldSkills Belgium, quelques coaches, une dizaine de journalistes…

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Cette année, la délégation belge présente au mondial des métiers WorldSkills à Kazan était composée d’une petite cinquantaine de personnes. Un déplacement qui a forcément un coût pour WorldSkills Belgium, financée en très grande majorité par des fonds publics.

Impensable néanmoins pour l’organisation de ne pas faire le déplacement au rendez-vous mondial. La mission de l’organisme se partage en deux objectifs: la promotion des métiers techniques d’une part, la compétition de l’autre. "Cette seconde partie représente 20% de notre budget", avance Francis Hourant, le directeur de WorldSkills Belgium.

1,5
millions €
Pour assurer sa double mission, WorldSkills Belgium dispose au total d’un budget de fonctionnement tournant autour de 1,5 million d’euros.

Afin d’assurer sa double mission, l’organisme dispose au total, pour son fonctionnement d’environ 1,5 million d’euros.

Douze pour cent de ce montant proviennent de sponsorings ponctuels comme l’intervention de fédérations sectorielles, le reste étant pris en charge par la Région wallonne, Bruxelles, la fédération Wallonie-Bruxelles ou encore le Fonds social européen (FSDE).

15% d’inscriptions en plus dans les filiales techniques

Plusieurs centaines de milliers d’euros sont donc consacrés au déplacement des champions belges à l’événement de Kazan. Pour quels résultats sur l’attrait des formations des métiers techniques en Belgique?

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"Il est difficile de mesurer l’impact concret. Il faudrait faire des études sociologiques sur plusieurs années pour le savoir mais nous ne disposons pas des moyens nécessaires, avoue le directeur. Il y a néanmoins quelques chiffres qui permettent de mesurer l’effet positif. Nous devons par exemple systématiquement organiser les sélections nationales pour former l’équipe qui participera aux compétitions européennes ou mondiales. En France, des études montrent que les inscriptions dans les filières techniques augmentent en moyenne de 15% dans les régions où sont organisées les sélections."

L’organisme constate également chaque année un intérêt grandissant pour ses événements. Le nombre de visiteurs aux épreuves de qualification ne cesse de croître.

"La vraie question serait plutôt de savoir où nous en serions s’il n’y avait pas les WorldSkills."
Francis Hourant
Directeur de WorldSkills Belgium

"Pour les premières qualifications, il devait y avoir une centaine de visiteurs. Lors de celles organisées cette année à Ciney, il y en a eu 7.000. Le nombre de candidats a également été multiplié par trois ou quatre au fil du temps", précise encore Francis Hourant.

"La vraie question serait plutôt de savoir où nous en serions s’il n’y avait pas les WorldSkills, ajoute le responsable. Il y a encore quinze ans, la priorité dans l’esprit collectif était systématiquement les études générales et rien d’autre. Montrer que les filières techniques sont également une véritable possibilité est un discours encore très neuf qui prend du temps à se faire entendre".

Faire aussi bien avec moins

Si les chiffres sont positifs pour WorldSkills Belgium, l’organisme doit toutefois faire avec un budget en baisse, comparé à il y a quelques années.

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"Quand j’ai rejoint l’organisation en 2009, nous avions un budget de 2,2 millions d’euros. Les montants sont désormais stabilisés sans être indexés, ce qui veut dire que chaque année il faut faire avec un peu moins. On a donc rationalisé. Nous faisons par exemple beaucoup moins de publicités sur les médias traditionnels et favorisons plutôt les réseaux sociaux", précise Francis Hourant.

Une gestion rationalisée permet ainsi à l’organisation de ne pas revoir ses ambitions à la baisse en compétition. "Nous continuons avec toujours plus ou moins le même nombre de candidats, entre 20 et 25 pour les championnats européens et une quinzaine pour la compétition mondiale", explique encore le directeur.

WorldSkills s’attend néanmoins à voir les choses bouger favorablement dans les prochaines années.

"Nous venons de signer un contrat-cadre avec la Région wallonne pour les trois prochaines années. La Région poursuit son investissement et reprend également à sa charge les soutiens actuels de l’IFAPME et le Forem. Les deux organismes devraient néanmoins poursuivre à nous soutenir par d’autres moyens", ajoute encore le responsable.

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