Le "Uber de l'épicerie" capitalise sur le buzz de la livraison

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Le "pitch" d’Instacart : une épicerie en ligne qui propose une plateforme web permettant aux clients d’être mis en relation avec d’autres particuliers prêts à se charger de la livraison des produits le jour même. Témoin du nouvel engouement pour les services de livraison express aux États-Unis, la start-up rappelle, de loin, les mauvais souvenirs de la bulle internet.

L’un des nouveaux champions américains de l’économie partagée, Instacart, vient de lever 200 millions de dollars, valorisant la start-up à plus de 2 milliards de dollars. Le "pitch" d’Instacart : une épicerie en ligne qui propose une plateforme web permettant aux clients d’être mis en relation avec d’autres particuliers prêts à se charger de la livraison des produits le jour même. De quoi pousser certains à déjà appeler la pépite le "Uber de l’épicerie".

Fondée en 2012, la start-up propose déjà ses services dans une douzaine de villes majeures des États-Unis et a bouclé des partenariats avec quelques grands distributeurs tels que Wholefoods Market, Safeway et Costco. D’après le "New York Times", Instacart devrait boucler l’année 2014 sur un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars, contre 10 millions en 2013. Ce nouveau tour de financement multiplie par cinq la valorisation de la start-up californienne, jusque maintenant estimée à 400 millions de dollars après une levée de 44 millions en juin auprès, notamment, des célèbres fonds d’investissement Andreessen Horowitz et Sequoia Capital.

Ruée sur la livraison

Surtout, il témoigne d’un nouvel engouement pour les services de livraison aux États-Unis, alors qu’Amazon teste des services de livraison dans la journée dans plusieurs villes des États-Unis et que Google semble investir le secteur lui aussi. Avec cet avantage, pour Instacard, qu’en choisissant de s’appuyer sur des enseignes existantes, le groupe ne doit pas investir dans le stockage et la réfrigération des produits, comme Amazon.

Un choix stratégique également opéré par le géant du web Google, dont le service Express Delivery fonctionne de façon à peu près similaire (à cette différence que la livraison n’est pas réalisée par des particuliers). Plus encore, Uber investit lui aussi dans le secteur avec son offre Uber Cornerstore , qui propose la livraison en quelques dizaines de minutes de produits courants à Washington.

De mauvais souvenirs

Reste que cet engouement généralisé effraie quelque peu quiconque se souvient des prémices de l’explosion de la bulle internet au début des années 2000. Webvan, une start-up justement active dans le secteur et qui avait connu une ascension vertigineuse avant de totalement s’écrouler, symbolisait à elle seule le début de l’éclatement de la bulle. Entre 1996 et 2001, la pépite avait levé plus 800 millions de dollars, dont près de la moitié lors de son entrée en Bourse. Valorisée 5 milliards de dollars, Webvan ne générait pourtant que 400.000 dollars de revenus face à une perte cumulée de 50 millions de dollars.

Inévitablement, l’entreprise pourtant soutenue par des géants comme Yahoo! et Goldman Sachs, a fait faillite en 2001. À noter que ses actifs ont été repris par... Amazon, qui a su capitaliser sur les prémices d’infrastructures créés par la start-up. Notons toutefois que dans le cas qui nous occupe, les fondamentaux d’entreprises comme Amazon, Google et même Instacart semblent plus solides. Reste à chacun des acteurs à trouver sa place sur un marché qui risque d’être rapidement engorgé.

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