Les Belges de Birdie au chevet du troisième âge britannique

La maison de repos Saint Cecilias à Scarborough en Angleterre affiche complet. Pourtant, de plus en plus de personnes veulent rester chez elles pour vivre leurs derniers jours. ©Gary Calton / eyevine

Fondé par un Belge à Londres, Birdie vient de lever 11,5 millions de dollars pour poursuivre sa mission d'améliorer les soins de santé pour les personnes âgées.

Le vieillissement de la population est un fait. Nous vivons plus vieux certes, mais nous tombons malades au même âge. Dans le même temps, de plus en plus de personnes âgées désirent rester chez elles pour leurs dernières années, ce qui demande la visite souvent quotidienne d’auxiliaires de vie et d'infirmières à domicile.

"L’idée a été de faire faire aux prestataires de soins à domicile un saut dans le numérique."
Max Parmentier
CEO et fondateur de Birdie

C’est en observant les dernières années de vie de son grand-père que Max Parmentier a eu l’idée de Birdie il y a quatre ans. Avec sa start-up, il est en mission pour transformer, grâce au numérique, la manière dont on prend soin des personnes âgées.

"On a regardé comment améliorer ce qui existe sans vouloir tout réinventer." Son constat est simple: les prestataires de soins à domicile opèrent de façon inefficace, travaillent encore énormément sur papier et perdent beaucoup de temps à remplir des formulaires. "L’idée a été de leur faire faire un saut dans le numérique pour qu’ils gagnent en efficacité et qu’ils passent plus de temps auprès des personnes âgées qu’à remplir des fiches."

Pourquoi Londres?

Ce saut dans le numérique, ce n’est pas aux prestataires belges que Birdie le propose, pas encore en tout cas, mais bien de l’autre côté de la Manche, aux 8.000 agences britanniques de prestataires de services aux personnes âgées.

11,5 millions
de dollars
Birdie vient de lever 11,5 millions de dollars auprès d'Index Ventures et Kamet Ventures.

Birdie s’est installé à Londres pour deux raisons: "la profondeur du marché et une régulation plus simple à appréhender". La start-up aux accents belges a donc développé et commercialisé outre-Manche ce qu’on appelle dans le jargon un "SaaS", c'est-à-dire un logiciel basé dans le cloud.

Prédire les potentiels problèmes

Concrètement, Birdie remplace tous les formulaires papier par une application qui permet un suivi en temps réel des patients et une prédiction de potentielles infections ou maladies. "On peut déceler des infections urinaires avant un prestataire de soin grâce aux données qu’on a. C’est une infection qui, si elle est détectée assez tôt, se traite en 24h. Si elle est détectée trop tard, cela devient une hospitalisation. On observe des choses au travers des données remplies  et on le suggère au prestataire de soins."

La société de Max Parmentier arrive à faire cela grâce à une analyse des données récoltées par l’application et des schémas d’activité précédant tel ou telle infection et qui se reproduisent systématiquement.

20.000 Britanniques dans la boucle

Sa plateforme a déjà convaincu plus de 500 agences de prestataires de soins au Royaume-Uni, qui l’utilisent pour plus de 20.000 personnes âgées sur le territoire. La technologie et la mission de Birdie attirent les investisseurs. En 2018, le groupe a convaincu l'assureur AXA de miser 7 millions d'euros sur son futur. Récemment, un tour de table à 11,5 millions de dollars a été emmené par Index Venture, rejoint pour l'occasion par Kamet Ventures.

"Cela aurait été plus compliqué de commencer en Belgique, car le système des soins de santé est beaucoup plus morcelé."
Max Parmentier

Index Ventures, c’est la société de capital risque incontournable quand on parle d’investissement dans des start-ups à forte croissance. Avec des moyens colossaux, Index a investi dans Facebook, Slack, Dropbox ou encore Robinhood. Ce n’est donc pas une mince affaire de les convaincre. Heureusement, la "Belgian touch" de Birdie a attiré Stéphane Kurgan qui est venture partner au sein du célèbre fonds et lui aussi belge.

"Aujourd’hui, c’est très important pour nous de travailler avec des entrepreneurs qui sont orientés sur un but sociétal et qui ont une vision. Birdie s’attaque à un vrai problème de société et est sur un marché potentiellement énorme." Une combinaison qui a convaincu cet ancien COO chez King, la société éditrice du jeu Candy Crush.

Un avenir fait de prédictions

Ce qu’a aussi compris Index Ventures, c’est que Birdie est au début de sa mission et représente un potentiel important sur un marché qui ne fera que grandir. Les données récoltées aujourd’hui pour l’outil pourront servir demain à réduire le nombre d’hospitalisations, par exemple en soignant très tôt les infections. "Si on peut utiliser les données pour améliorer la vie des personnes âgées, on le fera. Mais toujours en étant très prudent et respectueux."

Une fois le marché anglais conquis, Birdie se verrait bien reprendre la mer pour voguer vers d’autres marchés. Max Parmentier n’oublie pas sa Belgique natale: "Cela aurait été plus compliqué de commencer en Belgique, car le système des soins de santé est beaucoup plus morcelé. Mais il n’est pas impossible que nous proposions nos services un jour ici."

En attendant un retour à la maison, Birdie et sa petite cohorte de Belges expatriés à Londres veut continuer à faire grimper ses chiffres de croissance tout en gardant le cap de sa mission.

Le résumé

  • Max Parmentier a fondé Birdie à Londres en 2017.
  • La start-up qui digitalise les soins à domicile pour les personnes âgées a convaincu plus de 500 agences de prestataires de soins au Royaume-Uni.
  • Birdie vient de lever 11,5 millions de dollars auprès d'Index Ventures et de Kamet Ventures.

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