Les défis d'EVS pour stopper son hémorragie en Bourse

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Depuis le début de l'année, l'action EVS a perdu plus d'un tiers de sa valeur. Les résultats publiés ce matin n'ont rien arrangé. Les analystes financiers pointent quelques défis à relever par le groupe liégeois.

"L’industrie de la télévision continue à être compliquée, avec des cycles d’investissements plus longs, et notre performance au premier semestre 2018 reflète ces conditions."

Les explications de Pierre De Muelenaere, le président du conseil d’administration et CEO ad interim d’EVS , et son optimisme affiché pour la seconde partie de l’année pour laquelle il prévoit une accélération des activités n’ont pas empêché le titre de chuter de près de 8% ce matin. Depuis le début de l’année, l’action du spécialiste des technologies de production vidéo en direct a perdu près de 35% de sa valeur.

Il faut dire que les chiffres du deuxième trimestre dévoilés avant Bourse affichaient non seulement des reculs notables (-25% pour le chiffre d’affaires et -94% pour le résultat d’exploitation) mais surtout, ils se sont révélés inférieurs aux estimations des analystes financiers. Ce que le marché déteste par-dessus tout.

Certes, le bénéfice a bondi de 52% mais c’est sous l’effet d’un gain exceptionnel d’impôts suite à la mise en place du régime de déductions pour revenus d’innovation en Belgique.

Carnet de commandes

"Les meilleures nouvelles sont venues du carnet de commandes" relève Guy Sips de KBC Securities. A 44,3 millions d’euros comptabilisables en 2018, il présente une progression de 18,4% par rapport à l’an dernier et apparaît supérieur aux estimations. "Malgré de pauvres chiffres trimestriels, le carnet de commandes permet à EVS de maintenir sa prévision antérieure de ventes comprises entre 115 millions et 130 millions d’euros" souligne l’analyste qui maintient sa recommandation à "conserver" et son objectif de cours à 21 euros.

Pas le haut de la fourchette?

David Vagman d’ING juge, pour sa part, qu’il est très peu probable que la société parvienne à atteindre le haut de cette fourchette. Les estimations annuelles ont déjà été revues à la baisse au niveau du consensus à 119 millions d’euros, pointe-t-il, alors que la sienne se situe à 122,5 millions d’euros.

"De notre point de vue la clé de l’histoire est à trouver dans les nouveaux produits, en ce compris leur impact dilutif sur la marge, et au niveau de la gouvernance et du management suite au départ surprise de la CEO Muriel De Lathouwer". Il ne touche pas à sa recommandation ("conserver") ni à sa valorisation (26 euros le titre).

Target réduite

La marge d’EVS inquiète également Stefaan Genoe de Degroof Petercam. "Même si la marge brute tirée des nouveaux produits va croître avec les mises à jour des logiciels et grâce à l’efficience de la production, il apparaît qu’elle sera inférieure à celle du serveur XT qui occupe une position dominante." Pour l’analyste, il s’agit là d’un des défis qu’EVS doit relever pour se développer de façon organique dans sa niche.

Stefaan Genoe maintient sa recommandation à "conserver" mais a décidé de réduire son objectif de cours de 27 euros à 23 euros. "Une valorisation qui ne prend pas en compte un scénario de fusion et acquisition" précise-t-il.

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