Les ennuis continuent pour Huawei

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Plusieurs opérateurs et groupes technologiques internationaux ont décidé ce mercredi d'annuler ou de reporter des commandes avec Huawei, à la suite de la décision de Washington de placer le géant chinois sur une liste noire.

Les tensions autour du dossier Huawei sont toujours d'actualité. La guerre commerciale entre les deux premières puissances mondiales se double désormais d'un affrontement technologique centré sur Huawei, le géant chinois des smartphones, menacé dans son existence même par un embargo sur les puces électroniques américaines. Pour rappel, Google a fait savoir dimanche qu'il allait devoir couper les ponts avec Huawei, alors que le groupe chinois dépend du géant américain de l'internet pour le système Android, qui équipe l'immense majorité des smartphones dans le monde. Les Etats-Unis ont finalement accordé un sursis de trois mois à Huawei, avant la mise en oeuvre effective des sanctions.

Depuis, de nombreux opérateurs et groupes technologiques ont suivi Google. Ce mercredi, deux grands opérateurs de télécommunications japonais ont décidé de reporter le lancement de nouveaux smartphones de marque Huawei. KDDI et SoftBank Corp, respectivement deuxième et troisième opérateurs au Japon, ont expliqué avoir fait le choix d'un report pour évaluer l'impact des sanctions américaines. Le pionnier du secteur, NTT Docomo, a annoncé de son côté "stopper les commandes" d'un modèle qu'il prévoyait de lancer cet été sans pour autant déclarer qu'il reportait le lancement.

Plus près de chez nous, au Royaume-Uni, l'opérateur EE, qui lance très bientôt son réseau 5G pour la fin du mois, a fait une croix sur Huawei pour ses précommandes de smartphones compatibles. Le patron d'EE estime ne pas avoir la garantie de la part des Chinois de pouvoir fournir leurs services. 

Peu de temps après l'annonce d'EE, c'était au tour de Vodaphone de suspendre ses achats de téléphones 5G Huawei.  

Au Royaume-Uni toujours, ARM, entreprise clé dans l'industrie électronique qui conçoit des semi-conducteurs utilisés par l'ensemble du secteur des télécoms, pourrait cesser à son tour de travailler avec le groupe chinois. Selon la BBC, qui se base sur des documents internes à l'entreprise, les technologies de l'entreprise contiendraient des éléments "d'origine américaine", et ARM pense donc être concernée par l'interdiction de fournir de la technologie américaine à Huawei.

Si ARM ne produit pas de processeurs en tant que tel, la totalité des grands groupes, parmi lesquels l'américain Qualcomm, le sud-Coréen Samsung ou encore Huawei, utilisent ses licences. Ne plus en disposer poserait de graves difficultés au groupe chinois. 

Huawei aura son propre système d'exploitation 

Huawei déploiera d'ici le printemps 2020 au plus tard son propre système d'exploitation, selon Yu Chengdong, le patron de la division consommateurs de l'entreprise chinoise. Ce système d'exploitation propre àservirait non seulement pour les smartphones mais aussi pour les ordinateurs, les tablettes, les télévisions, les voitures et les 'smartwear' comme les montres connectées, promet Yu Chengdong.

Le logiciel sera en outre compatible avec des applications Android, assure-t-il. Il sera déployé au plus tôt cet automne et au plus tard d'ici au printemps prochain.  

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