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Les entreprises belges de croissance poursuivent leur collecte effrénée de capitaux

L’entreprise fintech IBanFirst du CEO Pierre-Antoine Dusoulier reste en tête du classement des principales levées de fonds de 2021, mais Collibra devrait bientôt la détrôner.

Depuis le début de l'année, les investisseurs ont injecté pour un peu plus de 1 milliard d’euros dans de jeunes entreprises belges dites "de croissance", selon les chiffres compilés par notre rédaction. Ce montant est légèrement supérieur à celui enregistré en 2020, qui était déjà un record.

Les entreprises belges de croissance – c’est-à-dire les sociétés belges non cotées actives dans la haute technologie (tech et biotech) – enfilent les levées de fonds record d’année en année.

Le premier semestre de 2021 n’avait pas échappé à la règle avec un montant de 779 millions d’euros, supérieur de 25% aux capitaux collectés sur la même période de l’an dernier.

À présent, à la mi-octobre, le record de 2020 (983 millions d’euros) est déjà battu: le compteur de l’année n’affiche pas moins de 1,01 milliard. Du jamais vu.

Les collectes de capitaux croissent d'année en année. En 2016, seules trois opérations dépassaient les 20 millions d'euros. Cette année, on en compte déjà treize.

Les dix plus grosses opérations de cette année (jusqu’à présent) représentent à elles seules 550 millions d’euros. Et l’on compte déjà 13 levées de fonds supérieures à 20 millions d’euros. Il y a cinq ans, elles n’étaient encore que trois dans ce cas, la plus grosse revenant à Showpad avec 44 millions, ce qui n'aurait placé l’entreprise gantoise de logiciels qu'à la sixième place en 2021.

En attendant du "lourd": Collibra

Le montant de 1,01 milliard est tout sauf définitif. L’entreprise tech Collibra est sur le point en effet de lever plus de 250 millions de dollars (216 millions d’euros), notamment auprès du holding Sofina (Boël) et d’une entreprise américaine du secteur, Sequoia. Le total des fonds collectés cette année devrait approcher ainsi le cap de 1,3 milliard d’euros, voire le dépasser.

Cette opération propulsera Collibra à la tête du classement 2021, en détrônant ainsi le spécialiste franco-belge des paiements en devises pour PME, IbanFirst, qui a levé en mai 150 millions d’euros notamment pour financer de nouvelles acquisitions. En troisième place, on retrouvera le spécialiste bruxellois des logiciels de gestion de clients (CRM), Efficy, qui a collecté 80 millions d’euros, notamment auprès de Fortino – le fonds animé par Duco Sickinghe (ex-CEO de Telenet) – et du fonds d’investissement Apax, pour lui aussi croître par acquisitions en Europe.

Cette série de records traduit non seulement la maturation de la scène tech belge, mais également l’appétit des investisseurs (étrangers) en quête de rendement.

Cette série de records traduit non seulement la maturation de la scène tech belge, mais également l’appétit des investisseurs (étrangers) en quête de rendement. Pour certaines opérations, ils sont même très, voire trop, nombreux à vouloir y participer, ce qui permet aux start-ups et spin-offs non seulement de collecter plus de capitaux, mais également de booster leur niveau de valorisation.

Poneys

Entre-temps, nombre de ces start-ups sont devenues des entreprises de croissance de taille moyenne.

"Dans notre pays, on compte environ 160 ‘poneys’, c’est-à-dire des entreprises tech valorisées 100 millions d’euros ou plus", précise le spécialiste des start-ups Omar Mohout, Head of Digital auprès du cabinet de consultance en management Nova Reperta. Pas moins de 23 de ces entreprises poneys s’y sont encore ajoutées au cours de cette année.

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poneys
Notre pays compte environ 160 "poneys", c’est-à-dire des entreprises tech valorisées 100 millions d’euros ou plus.

"En réalité, je préfère dix poneys à une licorne (entreprise tech valorisée à un milliard de dollars, NDLR) parce que cela démontre que notre écosystème est devenu beaucoup plus mature ces dernières années", souligne Omar Mohout, qui relève toutefois une fausse note dans cette évolution: "le nombre déclinant de nouvelles start-ups qui peinent de plus en plus à trouver du capital d’amorçage et à organiser des levées de fonds initiales. Les investisseurs sont devenus plus difficiles à convaincre. Aujourd’hui, les fonds peuvent lever plus facilement de gros montants, ce qui les amène à privilégier les financements à un stade ultérieur."

Quant aux grandes entreprises tech, elles sont de plus en plus nombreuses à hésiter sur la voie à suivre: rester aux mains d’investisseurs professionnels, rechercher un partenaire ou un repreneur ou s’introduire en bourse?

Cette dernière option commence à rencontrer un certain succès. "Ces douze derniers mois, la Bourse de Bruxelles a accueilli cinq entreprises tech: UnifiedPost, Nyxoah, Choice, Ekopak et Biotalys, un nombre supérieur au total des trois années précédentes", souligne Benoît van den Hove, responsable des cotations pour la Belgique et le Luxembourg chez Euronext.

Licornes

Une des candidates à une entrée en bourse dans les prochaines années n’est autre que Collibra, la première start-up belge à avoir acquis le statut mythique de licorne. Reste à savoir si elle choisira de se faire coter à Bruxelles ou à New York.

Entre-temps, deux autres entreprises tech ont rejoint ce club select: l’entreprise wallonne de logiciels Odoo et l’entreprise d’hébergement gantoise Team.blue (ex-Combell). Showpad est très bien placée pour s’y hisser également. De même que Deliverect, qui développe des logiciels de gestion des commandes en ligne des établissements horeca.

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