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Les géants du Net poursuivent leur conquête des océans

Un câble à fibre optique financé par Facebook et Microsoft est tiré depuis un navire sur la plage d'Arrietara, près de Bilbao, dans le nord de l'Espagne, en 2017. ©REUTERS

Pour répondre à la demande de connectivité grandissante dans le monde, les géants du Net tissent leur propre toile au fond des océans.

Et si l’espace le plus convoité par les entreprises technologiques n’était pas les écrans de nos smartphones, mais le fond de l’océan ? Les deux sont en tout cas bien plus liés qu’on ne le pense. Au fond des océans, tout autour du globe ou presque, gisent d'énormes câbles de télécommunications tirés entre les continents et les pays. Dernier projet en date, un câble de plus de 12.000 km en Asie avec à la manœuvre deux géants de l’internet : Facebook et Google.

Des câbles de ce type, il en existe déjà plus de 450 sous les eaux du globe. C’est par eux que passe presque l’ensemble de la connectivité – internet et téléphone – entre les pays. Il y a 10 ans, il n'existait pourtant que quelques câbles de ce type. Depuis, les besoins de consommation et les volumes de données ont explosé. Sur les 10 dernières années, les grandes entreprises technologiques ont massivement investi dans ces infrastructures et ont littéralement colonisé les océans. Facebook, Google, Microsoft et Amazon n’ont pas attendu pour se positionner comme des investisseurs de premier plan dans ces câbles qui transportent chaque seconde des millions de données entre les continents. Après avoir connecté l'Europe, ils se tournent logiquement vers l’Asie, qui représente un potentiel important.

Pas de connexion, pas de clients

Dans quel but ? Faciliter l’accès et la consommation de leurs services, tout simplement. Les grandes entreprises technologiques ont tout intérêt à rendre leurs services accessibles au plus grand nombre et donc à investir dans des infrastructures permettant de meilleures connexions internet. Ces "super-câbles" lestés au fond des océans permettent de répondre à la demande croissante.

La cartographie mondiale des câbles de télécommunications sous-marins en 2021. ©TeleGeography

Facebook et Google investissent depuis 10 ans massivement dans les infrastructures des régions qui présentent un fort potentiel de croissance. L’Asie en fait évidemment partie et ce n’est donc pas une surprise d’apprendre que les deux géants du numérique ont un projet de nouveau câble sous-marin pour relier le Japon et l’Asie du Sud-Est.

En 2010, le monde ne comptait qu'une dizaine de câbles sous-marins de ce type. ©TeleGeography

Le nouveau câble qui devrait être lancé en 2024 par Facebook et Google se prénomme Apricot et s’étendra sur 12.000 kilomètres pour relier technologiquement le Japon, Taïwan, les Philippines, l’Indonésie et Singapour. Il viendra compléter deux autres câbles sous-marins annoncés en mars par Facebook, qui auront eux pour mission de relier les États-Unis à l’Indonésie via Singapour.

Une toile sous-marine sous le feu diplomatique

Ces câbles provoquent des tensions diplomatiques, notamment entre les États-Unis et la Chine, les Chinois y voyant un "softpower" américain et les Américains ayant peur que les données transitant par les câbles ne soient interceptées par le gouvernement chinois. La liaison avec Hong-Kong par câble sous-marin reste d’ailleurs pour l’instant en suspens pour ces raisons.

450
Plus de 450 câbles de télécommunications sous-marins sont répertoriés dans les océans (Source: Telegeography).

Les Google, Facebook ou Amazon ne sont jamais seuls à la manœuvre pour l’installation et surtout l’exploitation de ces gigantesques câbles. La plupart du temps, ce sont des opérateurs télécoms locaux qui se joignent aux entreprises technologiques, car c’est évidemment dans leur intérêt de voir la connectivité et les réseaux s’améliorer. 95% des communications intercontinentales (internet et téléphone) passeraient aujourd’hui par ces câbles.

La Belgique compte par exemple 6 câbles de télécommunications sous-marins connectés à son territoire avec la particularité qu’aucun d’entre eux n'est transatlantique puisqu’ils trouvent tous leur source en Grande-Bretagne, à l’exception du "Concerto", qui nous relie aux Pays-Bas.

Le résumé

  • En 10 ans, Facebook, Microsoft, Google et Amazon ont colonisé les océans avec des câbles de télécommunications.
  • La demande croissante en données et les réseaux locaux défaillants accélèrent les investissements des géants du Net qui veulent garantir l'accès à leurs services.
  • Un nouveau projet de câble de 12.000 km en Asie vient d'être dévoilé par Facebook et Google.

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