Les Hollandais de Buckaroo débarquent pour séduire les webshops belges

Buckaroo a déjà ses premiers clients en Belgique, dont le webshop des Diables Rouges (sur la photo, Romelu Lukaku). ©BELGA

Le fournisseur de services de paiement hollandais Buckaroo ouvre un bureau à Bruxelles. Très connue aux Pays-Bas, l'entreprise espère se faire une belle place sur un marché belge en pleine croissance.

Si les derniers réfractaires ont découvert le concept lors des confinements successifs de 2020, cela fait déjà quinze ans que l’e-commerce a pris son envol. Au départ, les premiers webshops ressemblaient plus à des sapins de Noël où l’on ne savait pas où cliquer, mais tout s’est rapidement mis en place, de la livraison au paiement. Pour le paiement, il y a très rapidement eu beaucoup de moyens de paiement disponibles et les enseignes en ligne ont eu besoin d’un intermédiaire pour faire le lien avec ses moyens de paiement, pour récolter l’argent ou envoyer un message au vendeur pour lui signaler que les fonds avaient bien étés versés. Sont alors nés ce qu’on a appelé par la suite les PSP, pour Payment Service Provider, ou Prestataire de service de paiement. En bref, des fournisseurs de moyens de paiement en ligne. C’est à la même époque qu'a débuté l’aventure de Buckaroo aux Pays-Bas et elle se poursuit aujourd’hui avec l’ouverture d’un premier bureau à l’étranger, chez nous, à Bruxelles.

"Le marché belge représente pour nous un grand potentiel. Il restera toujours plus petit que les Pays-Bas, mais sa marge de progression sera plus importante dans les années à venir."
Paul Scholten
CEO de Buckaroo

En 15 ans, l’entreprise hollandaise a bien grandi. Elle réalise aujourd’hui plus de 100 millions de transactions par an pour un équivalent de 4,5 milliards d’euros. Elle compte 3.000 clients de l'autre côté de la frontière et vient de s’offrir l’un de ses concurrents, Sisow, avec à la clé 14.000 PME qui intègrent son portefeuille de clients. Son succès, elle l’a bâti avec des produits "adaptés en fonction du secteur d'activité", selon son patron Paul Scholten. Elle s'est notamment fait connaître avec un service dédié au business des abonnements. Une formule qui se développe de plus en plus pour les achats en ligne et qui concerne des grands acteurs comme Netflix ou Spotify mais aussi de plus en plus de joueurs locaux comme Swapfiets, l'un de leurs clients, qui propose des leasing de vélos avec un abonnement mensuel aux Pays-Bas et depuis l’année dernière en Belgique. "On a réussi à se distinguer avec un conseil personnalisé et pas automatisé. Il faut adapter le moyen de paiement en fonction du secteur et pas l’inverse. Notre produit qui concerne les abonnements par exemple va de la gestion du paiement au rappel, ce qui facilite la vie des webshops", explique Paul Scholten, CEO de Buckaroo.

Le marché belge et son beau potentiel

Buckaroo avait décidé de venir s’installer sur le marché belge avant le boom de l’e-commerce suite à la pandémie de Covid-19. L’année 2020 a été meilleure que prévu pour ce type d’acteurs et n’a rien changé à ses plans. "Nous avons eu une croissance du chiffre d’affaires de 45% par rapport à 2019 alors qu’on tablait plutôt sur 30%." Si ce n’est pas une année exceptionnelle, qu’est-ce qui a attiré cet acteur hollandais chez son voisin belge? Le potentiel. "Le marché belge représente pour nous un grand potentiel. Il restera toujours plus petit que les Pays-Bas, mais sa marge de progression sera plus importante dans les années à venir", selon Paul Scholten. " L’e-commerce a un taux de pénétration en Belgique équivalent à celui des Pays-Bas, mais le nombre d’achats par consommateur, qui est de 3,6 par an en moyenne ici, va encore fortement progresser pour rattraper son retard." Une perspective alléchante car le nombre de transactions devrait suivre cette courbe.

700
clients
Buckaroo compte déjà 700 clients en Belgique.

Le marché belge, Buckaroo n’y arrive pas en touriste. Le nouveau bureau de Bruxelles, qui s'ouvre aujourd'hui, sera dirigé par Brecht Kaes, qui sera chargé de son expansion pour les prochaines années. Les premiers pas de l’arrivée sur le sol belge ont déjà été accomplis: Buckaroo a conclu un partenariat avec Bancontact Payconiq Company et l’entreprise est également devenue ce qu’on appelle "un acquéreur" de Bancontact. Cela lui permet d'établir des liens directs et à un tarif préférentiel avec la solution de paiement préférée des Belges sur internet. Après les moyens de paiement, le marché lui-même a aussi déjà été exploré et Buckaroo compte dejà 700 clients chez nous. Pas mal de petits acteurs et quelques noms ronflants, dont la fédération belge de football et son best-seller: le merchandising des Diables Rouges via son e-shop.

Dans son aventure Buckaroo va devoir se frotter à Worldline et Ingenico, deux institutions du secteur sur le marché belge

Le fournisseur de paiements en ligne espère ajouter rapidement d’autres acteurs locaux d’importance à son portefeuille de clients. "Parmi le Top 25 des webshops en Belgique, il y a beaucoup d’acteurs étrangers. Nous pensons qu’il y a de la place pour plus d’acteurs nationaux et c’est à eux que nous pouvons amener notre expertise."

Dans son aventure Buckaroo va devoir se frotter à Worldline et Ingenico, deux institutions du secteur sur le marché belge, mais cela ne semble pour l'instant pas faire peur aux Hollandais.

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