Levée de boucliers contre l'OPA sur Global Graphics

Guido Van der Schueren, président de Global Graphics lance une OPA sur la société. ©Emy Elleboog

Des investisseurs estiment que le prix proposé par le président du conseil d’administration ne reflète pas le potentiel de cette société cotée sur Euronext Bruxelles.

C’est une valeur cotée sur Euronext Bruxelles qui n'attire pas beaucoup l'attention. Spécialisée dans les logiciels de graphisme, Global Graphics ne pèse, en effet, qu’une cinquantaine de millions d’euros et son siège est installé au Royaume-Uni. Sur les neuf premiers mois de l’année, elle a dégagé un chiffre d’affaires de 16,8 millions d’euros (+15%) et un Ebitda de 4,2 millions (+77%).

Si on l'en parle aujourd'hui, c'est que ses deux principaux actionnaires sont belges et que l’un d’entre eux, Guido Van Der Schueren, par ailleurs président du conseil d’administration, a décidé de lancer une offre publique d’acquisition (OPA) via le holding Congra Software.

Quitter la Bourse

Le président détient déjà 14,18% des droits de vote et son objectif est de sortir la société de la Bourse. "Comme société cotée, Global Graphics n’a pas d’avenir : nous sommes trop petits et nous ne sommes pas suivis par les analystes" a précisé Guido Van der Schueren dont le nom dit peut-être quelque chose aux vieux habitués de la Bourse. Il a introduit en Bourse sa société Artwork Systems en 1996 avant de la vendre en 2007.

Congra a donc proposé, le 5 octobre dernier,  4,25 euros par action en liquide ce qui représente une prime de 9% par rapport au cours de Bourse de la veille de l’annonce. Les administrateurs indépendants de Global Graphics ont, de leur côté, l’intention ce recommander l’offre à l’unanimité.

Evolution du cours Global Graphics

L’autre actionnaire belge, Johan Volckaerts, un investisseur de la première heure, a décidé, pour sa part, d’apporter ses titres, soit 16,67% du capital, à l’offre. Selon la législation britannique, il suffit de détenir 75% des parts d’une société pour lancer une offre de reprise. En Belgique, ce seuil est de 95%.

Opposition

Mais le prix proposé par Congra ne provoque pas des bonds de joie chez certains investisseurs ou feuille de placement. L’Investisseur, par exemple, estime que l’offre est "chiche" et recommande de ne pas y participer.

Idem pour Bart Goemaere qui est derrière l’hebdomadaire BeursTips/TuyauxBourse. Il assure avoir déjà fédéré 10% de l’actionnariat contre cette offre. Fan de longue date de Global Graphics, il estime que le meilleur est encore à venir pour cette entreprise de technologie qui n’est grevée d’aucune dette. Et que le prix proposé n’est pas à la hauteur de la valorisation actuelle de sociétés comparables. Bart Goemaere qui vise un cours de 8 euros voit beaucoup de potentiel à long terme dans le logiciel PrintFlat que Global Graphics a développé et pense que Van der Schueren veut exploiter ce potentiel lui-même.

Il recommande donc à ses lecteurs de ne pas vendre leurs titres. Entre-temps, le cours de Global Graphics évolue un peu au-dessus du prix de l’offre. Certains attendent sans doute à ce que ce dernier soit revu à la hausse.

"C'est à la Bourse de décider"

De son côté, Guido Van der Schueren rejette les insinuations qu’il juge fausses voire insultantes. "C’est à la Bourse d’accepter, ou pas, le prix de rachat. Toutes les règles en la matière sont respectées aussi bien celles des autorités du Royaume-Unis que celle du gendarme boursier belge."

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