Maggy, la start-up belge qui se veut reine de la distance sociale

La technologie développée est ultra-simple. Un positionnement largement réfléchi assure la start-up. ©Maggy

Maggy développe un système assurant que la distance sociale soit respectée. Trois mois après sa création, elle table déjà sur 50.000 produits vendus.

Au premier coup d’œil, avec son style proche du gros porte-clés en plastique, l’innovation de Maggy n’a rien de révolutionnaire. Mais derrière son esthétique simpliste, la technologie de cette start-up devrait charmer un paquet d’entreprises à la recherche d’un moyen pour assurer le bon respect des distances sociales. Comment cela fonctionne? Le petit boitier Bluetooth à donner aux employés sonne et vibre lorsqu’il est à moins de 1,5m d’un autre Maggy. C’est tout. Difficile de faire plus simple. C’est justement ce que revendique fièrement la société fondée en plein confinement. "Nous avons réfléchi comment faire respecter la distance sociale. La première réponse qui vient à l’esprit est évidemment  une app", explique Allan Segebarth, le cofondateur de Maggy (en clin d’œil à notre ministre). "Mais on a vite constaté que ce n’était pas la meilleure solution. Les gens n’ont pas toujours leur GSM, n’activent pas tous le Bluetooth et la question de la vie privée est particulièrement sensible."

Commencer de zéro

Le système parait tellement simple que la concurrence sur le marché s’annonce plutôt coriace. Mais Maggy a d’autres atouts, assure son fondateur. "Il y a effectivement pas mal d’acteurs sur le marché. Ils viennent tous ou presque de l’IoT et tentent d’adapter leur technologie existante. Au final, leur offre est chère. Notre vision est différente. On part de rien avec l’ambition de créer un produit qui ne servira qu’à ça. On peut ensuite progressivement apporter des services supplémentaires", détaille le fondateur.

Outil de tracing

L’entreprise s’y attèle déjà. Il est déjà possible d’associer Maggy à une app permettant notamment un reporting sur l’activité du jour. Un service particulièrement apprécié des patrons. "Par exemple, s’il y a trop de contacts rapprochés le matin, c’est qu’il y a peut-être un souci dans la manière dont les employés se saluent", illustre le patron.  La technologie pourrait également être un outil efficace de tracing. "Les Maggy sont tous anonymisés mais si une personne est infectée, elle peut simplement donner le numéro de son Maggy sur la plateforme, sans plus d’information.  Il est possible alors d’avoir accès à liste des autres Maggy ayant été en contact", avance le patron.

"Les grandes entreprises veulent être prêtes pour le retour généralisé des employés, prévu vers septembre."
Allan Segebarth
Cofondateur de Maggy

La version actuelle de Maggy coûte 40 euros pièce et n’a pas tardé à convaincre. Une semaine après avoir lancé le site, la toute jeune boite enregistrait 26.000 précommandes. À peu près au même moment, la société anversoise Guption suivait également les fondateurs dans l’aventure en injectant 200.000 euros, "alors que nous étions encore en phase de R&D", sourit Allan Segebarth. Quelques semaines après ses débuts, Maggy voit un intérêt se structurer dans les grandes entreprises. "Elles veulent être prêtes pour le retour généralisé des employés, prévu généralement vers septembre." 

Actuellement, 300 Maggy sont en test chez 35 très grandes sociétés.  Bien assez pour la start-up,  persuadée qu’elle trouvera preneur. Un premier badge de 25.000 boitiers est arrivé fin juillet. "Nous sommes déjà presque certains que nous allons l’écouler. Une deuxième production de 25.000 devrait arriver fin août. Actuellement, on produit en Chine, mais on compte rapatrier au moins une partie de la production en Europe."

La seconde vague de l'épidémie qui se dessine devrait assurer encore un intérêt certain à l’entreprise. Il faudra toutefois penser à l’après, une fois que la distance sociale ne sera plus la norme. La start-up étudie déjà la question ."On travaille sur des projets dans la logistique et l’agriculture. En fonction de la demande, nous pouvons peu à peu ajouter des services complémentaires", assure le CEO.

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