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Mathieu Michel veut miser davantage sur les start-ups belges

Le secrétaire d'État à la Digitalisation compte sur 22 experts pour l'épauler dans son travail. ©jonas lampens

Dès ce mercredi, Mathieu Michel entame son travail avec ses 22 experts pour repenser le numérique. L'un des principaux défis? Aller vite tout en n'oubliant pas les pépites belges.

Le 30 juin ne sonne pas le début des vacances pour tout le monde. Ce dernier jour de l'année scolaire a même presque un petit goût de rentrée des classes pour 22 experts. Les élèves en question n'auront toutefois pas nécessairement le rôle d'apprenti, mais plutôt de conseiller. Ce mercredi, les spécialistes réunis autour de Mathieu Michel, appelés les Digital Minds, se rassemblent pour la première fois.

Le joli panel réunit la crème du petit monde belge de la tech. Laurent Hublet, Karen Boers, Guillaume Boutin et leurs camarades ont été chargés par le secrétaire d'Etat à la Digitalisation de réfléchir au numérique belge de demain. Comment, pourquoi et avec quels objectifs concrets? Pour le moment, la trajectoire reste encore assez nébuleuse. "Il ne serait pas très politiquement correct de dire que le plan est qu'il n'y a pas de plan, mais la volonté est de travailler d'abord en groupe et de voir ce qu'il en ressortira", détaille le secrétaire d'État à la Digitalisation.

"On s'est donné comme première échéance le mois de septembre. On pourra alors sortir de premières recommandations."
Mathieu Michel
Secrétaire d'Etat à la Digitalisation

Les grandes lignes sont néanmoins assez bien tracées. La référence pour le secrétaire d'État se nomme Desi, le classement de référence européen, qui positionne actuellement la Belgique à la 9e place. "Nous sommes même 8e depuis le Brexit, mais ce n'est pas comme ça qu'on souhaite progresser", sourit Mathieu Michel, qui a visiblement revu ses classiques et consulté assez largement le marché.

Pour faire de la Belgique le territoire numérique du continent, il veut plancher avec son panel sur cinq grands axes (l'économie, les compétences, l'administration, la confiance et les infrastructures). Autant de grandes thématiques sur lesquelles les Digital Minds plancheront en petit groupe. "On s'est donné comme première échéance le mois de septembre. On pourra alors sortir de premières recommandations. Il n'y a pas d'agenda strict et certains points demanderont sans doute plus de temps."

Manque de convergence

Le plus complexe? Probablement celui des compétences. Le problème est pourtant connu depuis un bail et les manques du côté de la formation ne datent pas d'hier. "Le problème est bien là justement. Tout le monde sait qu'il faut promouvoir le codage, mais dans les faits, on n'y parvient pas à cause d'embûches techniques. Aujourd'hui par exemple, si on ne peut pas enseigner le codage en Fédération Wallonie-Bruxelles, cela vient du référentiel de l'enseignement qui n'est pas adapté", explique le secrétaire d'État, qui s'appuie sur son expérience locale.

"Être sur le terrain et faire avec ces directives pratiques a été mon quotidien à la province. Mais quand je viens auFédéral en expliquant que le problème est le référentiel, on ne sait même pas de quoi je parle. C'est révélateur d'un autre grand défi: le manque de convergence. Nous travaillons trop en silos."

"Si on me demande aujourd'hui quelle est la première réforme à mettre en place, je réponds sans hésiter les conditions d'attribution des marchés publics."
Mathieu Michel
Secrétaire d'Etat à la Digitalisation

Le secrétaire d'État veut avancer. Rapidement si possible. Mais quitte à aller de l'avant, autant le faire avec les bons acteurs qui, s'ils ne sont pas belges, feraient bien d'afficher au moins le drapeau européen. "Si on me demande aujourd'hui quelle est la première réforme à mettre en place, je réponds sans hésiter les conditions d'attribution des marchés publics. Il y a aujourd'hui un problème à ce niveau qui fait qu'on se retrouve systématiquement avec les mêmes acteurs. Il n'est pas normal aujourd'hui qu'une start-up ne dispose pas des mêmes chances qu'un Deloitte, par exemple."

Les start-ups en avant

Ça tombe bien, les sages qui l'entoureront sont justement issus en bonne partie de l'univers start-up. "Ils restent des conseillers et n'auront pas un pouvoir de décision", évacue directement Mathieu Michel sur la question de possibles conflits d'intérêts. "Et je n'aurais pas de problème à ce qu'on me reproche d'avoir modifié les règles d'appel d'offres pour favoriser des start-ups belges plutôt qu'un Google", explique le secrétaire d'État.

Pour aller vite comme il le souhaite, il faudra toutefois sans doute encore passer par la case Gafam, dont l'efficacité sonne toujours comme une évidence. "Il y aura un équilibre à trouver, c'est certain. Je ne suis pas de ceux qui considèrent que les start-ups sont nécessairement les gentils et qu'il n'y a rien à tirer des grands groupes. Thierry Geerts (le patron de Google Belgique, NDLR) n'est pas là par hasard. Ma volonté était d'ailleurs d'avoir un panel d'experts diversifié et issu de la société."

Le résumé

  • Ce mercredi, Mathieu Michel entame son travail avec les Digital Minds.
  • Le secrétaire d'État à la Digitalisation a réuni autour de lui la crème de la tech belge.
  • L'un de ses principaux défis est celui des compétences numériques.
  • Selon le secrétaire d'État, il est indispensable de revoir l'attribution des marchés publics.

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