Microsoft laissera en Europe les données européennes de ses services de cloud

Les Européens s'inquiètent depuis plusieurs années du statut juridique des données qu'ils confient aux géants américains du cloud. ©Peter Kneffel/dpa

Le géant informatique américain Microsoft laissera sur le continent les données des clients européens sur Azure, Office 365 et Dynamics 365.

Alors que les inquiétudes face à la législation américaine sur les données se font nettement sentir du côté de l'Union européenne, Microsoft tente de rassurer les esprits. Le géant informatique s'est ainsi engagé à maintenir en Europe toutes les données des clients européens de ses services de "cloud", donnant accès à des capacités informatiques en ligne.

"Si vous êtes un client entreprise ou secteur public, nous vous permettrons de traiter et de stocker toutes vos données dans l'Union européenne. Nous n'aurons pas besoin de faire sortir vos données de l'UE", a affirmé dans un billet de blog Brad Smith, responsable des questions juridiques chez Microsoft.

La Cour européenne de justice a estimé l'an dernier que les données des Européens n'étaient pas suffisamment protégées contre les ingérences des services de sécurité américains, qui ne sont soumises à aucun contrôle ni recours.

Cette annonce concerne des services de Microsoft comme Azure (qui permet aux entreprises de se passer de serveurs physiques en utilisant via internet ceux de Microsoft), Office 365 (services en ligne de bureautique, courrier électronique, partage de documents, vidéoconférence, etc.) et Dynamics 365 (applications professionnelles). Elle sera complètement entrée en vigueur "d'ici la fin de l'année prochaine", a ajouté Brad Smith.

Ingérences des services de sécurité américains

Les Européens s'inquiètent depuis plusieurs années du statut juridique des données qu'ils confient aux géants américains du cloud, comme Microsoft, mais aussi Amazon ou Google, redoutant en particulier les intrusions des tentaculaires tribunaux américains.

Point d'orgue de cette inquiétude, la décision à l'été 2020 de la Cour européenne de justice d'invalider l'accord UE/USA dit "Privacy Shield" encadrant le transfert de données de part et d'autre de l'Atlantique. La Cour avait estimé que les données des Européens n'étaient pas suffisamment protégées contre les ingérences des services de sécurité américains, qui ne sont soumises à aucun contrôle ni recours.

Il n'est toutefois pas certain que l'engagement de Microsoft suffise à dissiper totalement les craintes des Européens. "La localisation des données à caractère personnel des Européens dans des centres de données européens de prestataires américains n'en garantit toujours pas la sécurité, puisqu'ils peuvent encore être soumis au droit américain" du fait de l'extra-territorialité de celui-ci, écrivait mardi le cabinet de conseil KPMG, dans un livre blanc sur le marché du cloud européen réalisé avec des acteurs informatiques français, dont le concurrent de Microsoft OVHCloud.

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