Mirmex, le concepteur de moteurs version horlogerie

Cédric Van Rossum, CEO de Mirmex Motor. Les micromoteurs développés par l'entreprise intéressent particulièrement le secteur médical et aérospatial. ©Tim Dirven

Après sept ans de recherche et quatre millions d’euros levés, la spin-off de l’UCLouvain se lance sur le marché. Ses micromoteurs suscitent déjà l'intérêt de plusieurs géants.

Installé dans les anciens bâtiments d'un certain IBA, la spin-off Mirmex Motor semble suivre les (premiers) pas des précédents locataires. Le descriptif des débuts de la jeune entreprise est d'ailleurs relativement comparable à la référence brabançonne du cyclotron. Spin-off de l'UCLouvain, spécialiste dans le développement d'éléments de pointe pour le médical et qui suscite l'intérêt des géants du secteur, le tableau dressé est prometteur. Mais alors qu'il faut une bonne pièce pour accueillir les produits d'IBA, ceux développés par Mirmex tiennent dans le creux de la main.

"On retrouve des micromoteurs dans une série d'outils chirurgicaux et de prothèses. Mais ils ont énormément d'autres débouchés."
Cédric Van Rossum
CEO de Mirmex Motor

Fondée officiellement en 2017, suite à quatre années de recherche au sein de l'université, Mirmex est spécialisée dans la conception de micromoteurs. Ces derniers s'intègrent aujourd'hui dans un paquet d'objets, mais trouvent principalement leur intérêt dans le secteur médical. "C'est pour le moment notre première cible. On retrouve notamment des micromoteurs dans une série d'outils chirurgicaux et de prothèses. Mais ils ont énormément d'autres débouchés", explique Cédric Van Rossum, le CEO de la spin-off qui emploie dix travailleurs. "On en retrouve aussi dans l'aérospatiale, les drones, l'automatisation de chaînes de production..."

Bandes cuivrées

Afin de se distinguer des micromoteurs actuels, la société a complètement revu le processus de création. Elle a particulièrement planché sur le cœur du moteur. À l'heure actuelle, ces derniers fonctionnent grâce à des aimants mis en mouvement par un champ magnétique tournant, créé au sein de bobinages. Ce bobinage est pour le moment formé d'un fil de cuivre enroulé. Afin d'améliorer le couplage magnétique avec les aimants, la spin-off a, elle, choisi de développer son propre bobinage à base de bandes de cuivre. Une évolution technique aux conséquences peu lisibles pour le grand public, mais qui change tout. "Cela nous permet d'augmenter la puissance du moteur par rapport à son volume, réduire sa taille et faciliter son processus de production", assure François Baudart, cofondateur et CTO de Mirmex.

"D'ici un ou deux ans, on pourra déjà atteindre l'équilibre."
Cédric Van Rossum

L'avancée technologique est telle que l'entreprise assure être capable de développer le moteur le plus compact du monde avec une telle puissance. "Cela intéresse donc particulièrement le monde médical, mais aussi l'aérospatial où chaque gain en poids fait économiser des sommes considérables", glisse le patron. Après quelques mois de démarches commerciales, la jeune entreprise suscite déjà l'intérêt d'une vingtaine de très grands, "dont des géants du médical avec des chiffres d'affaires annuels de plusieurs milliards de dollars", assure Cédric Van Rossum. "Pour l'heure, les premiers contrats concernent le développement de prototypes pour préparer des productions à très grandes échelles. L'effet sur les revenus se verra d'ici 18 à 24 mois".

Investisseurs déjà convaincus

En attendant les contrats se chiffrant en millions d'euros, l'entreprise avance sereinement. Avant de convaincre les géants du médical et de l'aérospatiale, elle a déjà acquis la confiance d'investisseurs. "Nous avons levé quatre millions d'euros l'an dernier auprès de quatre familly offices. Nous avons également le soutien de l’UClouvain qui est dans l’actionnariat et qui nous aide notamment pour toutes les questions de brevets. Nous avons aussi bénéficié de subsides européens", détaille le CEO, visiblement confiant sur la suite de l'aventure. "D'ici un ou deux ans, on pourra déjà atteindre l'équilibre. Reste à savoir si on ne souhaite pas aller plus vite et plus fort. Une deuxième levée de fonds sera alors nécessaire", glisse le patron.

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