Mouvement de grève chez IBM à la suite de l'échec des négociations

Protestations des syndicats IBM à l'occasion de la réunion de conciliation sur la restructuration, le 6 mai 2021. ©Photo News

Un mouvement de grève a débuté ce mercredi matin au sein de l'entreprise informatique IBM. Près de 200 emplois sont menacés en Belgique.

C’est un plan de restructuration mondial qui menace près d’un emploi sur cinq chez IBM Belgique. Pas étonnant donc que la grogne monte au sein des travailleurs belges de l'entreprise informatique. Un mouvement de grève a, en effet, débuté ce mercredi à 9h au sein de l'entreprise, suite à l'échec des négociations entre les syndicats et la direction dans le cadre d'un plan de restructuration annoncé, l'année dernière, par le groupe américain.

Les syndicats avaient déposé un préavis de grève et d'actions lundi en front commun. "Nous n'avons eu aucune nouvelle de la direction entretemps. Aucune rencontre n'est donc prévue à ce stade", a notamment indiqué le secrétaire permanent CGSLB, Alexandre Liefooghe, mercredi matin.

Point mort

Début novembre, IBM a annoncé un vaste plan de restructuration, menaçant 196 emplois en Belgique. À l’époque, les syndicats n’avaient d’ailleurs pas hésité à manifester leur mauvaise surprise, alors que la direction soulignait, en même temps, que les activités belges du groupe avaient enregistré trois trimestres consécutifs de croissance et des commandes record.

"La direction refuse toujours de fixer des critères objectifs, transparents et mesurables pour les départs volontaires et pour les licenciements forcés."
Syndicats

Les discussions dans le cadre de la procédure Renault sur les licenciements collectifs sont toutefois au point mort et la tentative de conciliation s'est soldée par un échec.

"La direction refuse toujours de fixer des critères objectifs, transparents et mesurables pour les départs volontaires et pour les licenciements forcés, ainsi que d'aligner la procédure de départs volontaires sur celle des licenciements forcés afin que les travailleurs concernés aient vraiment le choix", avancent les syndicats.

L'entreprise informatique ne prétend pas non plus "dresser un inventaire des avantages et conditions de travail du personnel transféré vers Kindryl (la structure créée afin de délocaliser les postes qui ne sont pas supprimés, NDLR), ni élaborer un plan de formation du personnel", ajoutent-ils.

10.000
Suppressions d'emplois
IBM prévoit de supprimer 10.000 postes en Europe dans le cadre d'un vaste plan de restructuration.

Le mouvement de grogne est prévu jusqu'à 17h ce mercredi. Dans le cadre des mesures sanitaires actuelles, 50 personnes maximum peuvent à présent se réunir physiquement ensemble. Mais les syndicats ont également prévu des mobilisations "en distanciel".

Plan mondial

Ce plan de restructuration s'inscrit dans un cadre plus global. IBM prévoit, en effet, de supprimer 10.000 postes en Europe, soit près de 20 % de ses effectifs dans la région. Rien qu’en France, l’entreprise compte supprimer le quart de ses effectifs.

Des réductions d’effectifs sont également prévues au Royaume-Uni et en Allemagne, ainsi qu'en Pologne, en Slovaquie, ou en Italie. Plusieurs milliers de suppressions de postes sont également attendues aux États-Unis.

IBM s’apprête à scinder l'entreprise séculaire de l'informatique en deux sociétés cotées. Afin de se concentrer encore davantage sur ses lucratives activités "cloud", les activités d'hébergement, de gestion de services et d'infrastructures seront transférées vers une nouvelle société cotée en bourse, avait annoncé le géant informatique américain. Ce spin-off devrait être effectif à compter de la fin de l'année 2021.

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